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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 16:53

Pour en finir avec l éducation religieuse

 

La croyance religieuse est évidemment un droit légitime, constitutionnel et respectable.

Je précise : a fortiori si elle a été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée, comme suite logique et traditionnelle du baptême …

Mais il y a un problème : des psychologues religieux ont confirmé, sans doute à leur grand dam, que sans une éducation religieuse, forcément affective, basée sur la confiance et l’exemple des parents, la foi n’apparaît pas spontanément … ! C’était prévisible …

 

L’éducation religieuse, sincère et « de bonne foi »,  est, elle aussi, légitime, mais elle est :

-  dogmatique, puisqu’elle impose la soumission à un dieu et  à un texte « sacré », tous

    différents dans chaque religion, ainsi qu’une « vérité » absolue, à l’origine de

    l’intolérance, de guerres, …, alors qu’elle n’est que personnelle, partielle et provisoire,

-  exclusive, puisqu’elle occulte l’alternative de l’humanisme laïque, de la morale laïque,

   de la spiritualité laïque, …, et qu’elle ne favorise donc pas l’autonomie, le libre examen , la

    liberté de pensée, les options laïques, …

 - communautariste, puisqu’elle n’incite pas à s’ouvrir à la différence enrichissante de

    l’autre et à une citoyenneté responsable.

 

De nos jours, l’approche traditionnelle du phénomène religieux (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) doit être complétée par une approche psycho-neuro-physio-génético-éducative. Il apparaît alors que l’éducation religieuse, renforcée par un milieu croyant unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et l’esprit critique dès qu’il est question de religion, et perturbe donc le libre choix ultérieur des convictions philosophiques ou religieuses.

L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Au-delà de l’origine psychologique de la foi (le besoin d’un  « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique), l’IRM fonctionnelle tend à expliquer la persistance neurophysiologique de la sensibilité religieuse, par plasticité neuronale et synaptique et donc la fréquente imperméabilité de tant de croyants, notamment créationnistes, aux arguments rationnels et scientifiques. On comprend que des athées, comme Richard DAWKINS, ou des agnostiques, comme Henri LABORIT, en aient conclu que l’éducation religieuse est une malhonnêteté intellectuelle et morale … L’honnêteté intellectuelle exigerait au contraire que l’influence des parents, légitime mais unilatérale, soit compensée par l’école, au cours d’histoire ou de philosophie, par une information minimale, progressive, objective et non prosélyte, à la fois sur les options religieuses ET sur les options laïques, même si cela doit amener certains  à conclure à l’existence imaginaire et illusoire de toute divinité ...

 

Dans cette optique, l’enseignement confessionnel, survivance du Moyen Âge, apparaît comme  élitiste, inégalitaire et obsolète. Il devrait donc fusionner avec l’enseignement officiel et devenir pluraliste, mais les religions, déjà en perte de vitesse, y perdraient de leur influence.

Au contraire, en réaction à la laïcisation croissante de nos sociétés, elles s’emploient, certains media aidant, à  reconfessionnaliser  les consciences et à recléricaliser l’espace public (cf Jean-Paul II, Benoît XVI, le chanoine-président SARKOZY qui détricote la loi de 1905, … Par électoralisme, les politiciens inféodés aux  religions refusent de modifier la Constitution belge, et de repenser les notions de neutralité, de (pseudo) liberté de conscience et de religion,  et le " pacte scolaire"  de 1958, inadapté à l’actuelle pluralité des cultures et des convictions.

 

Michel THYS à Waterloo         michelthys@base.be         http://michel.thys.over-blog.org

 

 

 

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 19:59
Je cherche à comprendre pourquoi les créationnistes sont imperméables à toute argumentation évolutionniste.
J’émets deux hypothèses :

- à notre échelle moins que centenaire, il est difficile, et même quasi impossible, de se représenter une durée aussi longue que des millions d’années et donc de l’influence qu’elle a eue, par adaptations et mutations successives et aléatoires, sur l’évolution des êtres vivants en général et du cerveau humain en particulier. Le créationnisme, comme réponse immédiate à l’incertitude et aux lacunes actuelles des sciences, est évidemment plus commode.

- seconde hypothèse explicative :
J’observe que statistiquement, la croyance religieuse en général, et dans le créationnisme en particulier, résulte de l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.
L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 %.

N.B. Des Japonais ont reproduit la formation d'acides aminés, qui sont à l'origine de la vie,  lors de la collision d'un astéroïde avec la terre, il y a 3,8 milliards d'années : en projetant par un canon les éléments existants à l'époque dans les océans (du carbone, de l'azote, du fer, et de l'eau) sur un obstacle,  ils ont reproduit les conditions de température et de pression nécessaires à la formation de ces acides aminés.


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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 13:42

Monsieur le Député, Cher Monsieur GERIN,

 

Bien que visant un objectif a priori limité, la tâche de la  Mission que vous présidez est aussi complexe que le fut celle de la Commission STASI. C’est que toutes deux contribuent, nolens volens, à faire progresser la réflexion sur des questions de société importantes, sans pour autant stigmatiser l’islam.

Bien que Belge, puis-je, en un peu plus de deux pages, me permettre d’exprimer, à cet égard, un point de vue inhabituel ?

 

Au-delà de l’approche psychologique et psychanalytique, déjà évoquée, il me semble que la Mission parlementaire devrait, tant qu’à faire, entendre aussi celle d’un  psycho-neuro-physiologiste, évidemment incroyant.

Je pense en effet que son point de vue, du moins s’il ose l’exprimer (parce qu’il s’agit d’un domaine à la limite de l’objectif et du subjectif !), devrait logiquement contribuer à concevoir un projet éducatif susceptible de concilier, à long terme, l’antagonisme plus ou moins exacerbé entre les croyances religieuses, quelles qu’elles soient, et les options laïques.

Projet encore utopique, je vous l’accorde !

 

Quelques constatations et réflexions préliminaires : en réaction à la laïcisation croissante de la société, du moins sous nos latitudes, les religions, toutes prosélytes par destination et fondées sur la soumission, se livrent, avec l’appui des media, à des tentatives de réinvestissement des consciences, de re-confessionnalisation de l’espace public et de néo-cléricalisme politique, surtout depuis Jean-Paul II, Benoît XVI, et autres fondamentalistes, qu’ils soient islamistes, créationnistes évangéliques, ou sectaires de tous acabits.

 

Au-delà de la « laïcité politique », propre à la France, la « laïcité philosophique », comme vous le savez, est  au contraire rétive à tout prosélytisme : elle prône l’autonomie et la responsabilité individuelle. Même si elle refuse toute référence divine, de même que toute croyance imposée, et même si ses partisans considèrent généralement que les religions, et a fortiori leurs dérives (inégalité des femmes, excisions, …) sont plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, elle n’est pas antireligieuse : il va de soi que la foi restera toujours un droit élémentaire et légitime, d’autant plus respectable si elle a été choisie plutôt qu’imposée.

 

Mais cette inégalité de fait, favorisée hypocritement par les Etats plus ou moins « laïques »,  affecte le libre choix effectif des convictions religieuses ou philosophiques. Remédier à cette situation est évidemment encore utopique puisque, outre l’opposition prévisible des religions, cela impliquerait d’adapter à notre époque de pluralité des cultures et des convictions, les notions de tolérance, (dont il faut fixer les limites), de neutralité, de liberté individuelle et même de droits constitutionnels … ! Et donc de les repenser ...

 

A mes yeux, avant d’être politique et sécuritaire, la question du port de la burqa et du niqab concerne la laïcité et la liberté individuelle. Certes, ces prisons portatives ne sont pas une exigence coranique, mais ce sont quand même des musulmans fondamentalistes qui les imposent à leur femme.

Et nous sommes tous conscients qu’en l’absence d’une réaction laïque appropriée, le risque est grand de voir se multiplier ces symboles de soumission, d’inégalité, et même de négation de l’identité et de la dignité humaines. Pire : vu le laxisme et l’opportunisme électoral de certains politiciens, il se pourrait même qu’à terme, si l’on ne réagit pas, les prescrits religieux de la charia ou de la torah se substituent « démocratiquement », à nos usages et à nos lois.

Ne perdons pas de vue non plus que les islamistes, même s'ils sont encore minoritaires, ne cachent  pas leur volonté d’imposer leur « Vérité » exclusive à toute la planète, comme d’ailleurs les chrétiens évangéliques. Notamment via les jeunes en quête d’identité, de repères et de sens à donner à leur existence.

 

La question fondamentale n’est pas, vous l’avez dit, de savoir s’il faut ou non légiférer sur le port de la burqa et du niqab, mais bien la place des femmes et, en l’espèce, celle des musulmanes, dans notre société. Question délicate, parce qu’elle touche à la subjectivité et à l’intimité, et qu’elle peut même être perçue comme dévalorisante lorsqu’on se demande si c’est « en toute liberté » que les musulmanes portent ces symboles de soumission, même  le voile, ou si elles sont contraintes de se soumettre au coran, aux traditions et au pouvoir patriarcal fondamentalistes. A moins qu’elles ne se soient convaincues elles-mêmes, par autoprotection, que c’est volontairement qu’elles s’y soumettent …

Rares sont celles, a contrario, qui ont osé s’en affranchir autant que Chahdortt Djavann (« Le voile doit être considéré comme un acte de maltraitance physique, psychique, social et sexuel »).

 

La question me paraît pourtant fondée : au-delà du port de ces symboles, les musulmanes de chez nous ont-elles pu choisir de croire ou de ne pas croire, en connaissance de cause, c’est-à-dire en étant suffisamment informées aussi bien des alternatives proposées par d’autres religions que par celles de la laïcité  philosophique ? Ont-elles eu réellement la  possibilité de changer de religion, ou de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...)".

Il est évident que non, d’autant moins que l’apostasie est théoriquement punie de mort par le coran et la charia …

Ce « droit » me paraît donc plus symbolique qu’effectif.

 

Comment expliquer la corrélation entre une éducation religieuse, surtout musulmane, et la persistance de la foi, si ce n’est par le conditionnement à la soumission, dès la prime enfance ? Même universitaires, la plupart des musulmanes sont sincèrement convaincues d’avoir librement choisi cette soumission, elles sont imperméables à toute argumentation rationnelle et elles ne changeront jamais d’avis ! Ce qui est certes leur droit ...

 

Les neurosciences tendent de plus en plus à confirmer les traces de cette influence éducative.

Le neurobiologiste Henri LABORIT a écrit : " Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant.

Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais. Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et finalement, c’est une illusion, la liberté !".

 

Et de fait, les observations psycho-neuro-physio-génético-éducatives tendent à relativiser la part de liberté individuelle : elles confirment que la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, puis confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral, puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.

 

Bien qu’occulté, c’est un fait sociologique : en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas, et la religiosité à l’âge adulte en dépend : déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, à l’époque professeur à l’Université catholique de Louvain, écrivait, dans "Psychologie religieuse", sans doute à son grand dam : " La disponibilité religieuse de l’enfant ne prend forme qu’à la condition d’être précocement éduquée" (...) ". "Les gestes et le langage religieux des parents (...), la célébration des fêtes religieuses, marquent de façon INDELEBILE les souvenirs d’enfance de nombreux adultes et déterminent leur sentiment d’appartenance religieuse".

 

Par ailleurs, des neurophysiologistes canadiens ont constaté que chez le petit enfant, les amygdales (centres de la peur, pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles … L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent « anesthésiés » à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion. L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % … (j’aimerais me tromper !) …

 

Quant à la soumission religieuse, Richard DAWKINS l’explique en suggérant que, déjà du temps des premiers hominidés, les enfants n’auraient jamais pu survivre, du fait de leur cerveau encore immature, si l’évolution ne l’avait pas pourvu de gènes les rendant totalement soumis à leurs parents, et donc plus tard à un dieu. L’animal humain est le seul primate dont le néocortex est devenu capable d’imaginer un « père protecteur » (S. FREUD), « substitutif et agrandi, authentique et épuré, Présence Opérante du Tout-Autre … » (A.VERGOTE).

 

Seconde question fondamentale : comment faire coexister un jour les trois religions monothéistes (et leur prétention à imposer leur Vérité exclusive) et la laïcité philosophique (qui n’impose rien) ? Evidemment par l’éducation.

Eric BESSON a raison quand il écrit : "Il faut lutter contre le développement de la burqa

- cela ne fait pas l’ombre d’un doute -, mais il faut le faire par l’éducation, par la pédagogie, par le dialogue". Mais ce n’est pas évident actuellement : à mes yeux, la Constitution, tant française que belge, ne garantit PAS (en tout cas pas à toutes et à tous) la liberté de conscience et de religion : ces textes ne font qu’exprimer symboliquement une louable intention, un idéal humaniste, un voeu pieux ... Si cette liberté était garantie, elle serait concrétisée et il y aurait des incroyants et des athées parmi les musulmans de chez nous !

 

Certes, la « laïcité politique » française, séparant les religions et l’Etat, est le seul système qui permette la coexistence pacifique des cultures et des convictions, mais elle se fonde, à mon sens, sur une conception certes "voltairienne" mais laxiste de la tolérance.

La Belgique, elle, plutôt que d’inscrire le principe de la laïcité politique dans sa Constitution, privilégie la "neutralité", mais elle est passive ; elle subsidie largement l’enseignement confessionnel (choisi même par 60 % de parents belges, même incroyants, pour son meilleur niveau socioculturel) et favorise hypocritement les religions, bien plus que la laïcité philosophique.

Les deux systèmes maintiennent en fait le statu quo, l’indifférence, le communautarisme, le repli sur soi, l’absence d’ouverture à la différence enrichissante de l’autre, et donc  l’intolérance …

 

Dans le but de réduire les inégalités socioculturelles, et aussi pour des raisons économiques, tant en France qu’en Belgique, où les réseaux devraient fusionner, l’école - enfin devenue pluraliste - devrait compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, par une DOUBLE information minimale, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d’histoire, sur le « fait religieux », (certes « l’amour du prochain » mais aussi  l’« historicité » discutable des textes « sacrés », tous manipulés, la soumission inhérente aux trois religions monothéistes, et leur part de responsabilité dans l’origine de l’intolérance, de la violence et des guerres, …), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre-examen, d’esprit critique, d’autonomie, de responsabilité individuelle, ses valeurs, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, la franc-maçonnerie a-dogmatique, etc …, actuellement occultés). Vivement un large débat national à ce sujet !

 

Puisse la question du port de la burqa, du niqab, mieux que celle du voile islamique, devenir, grâce à vous, le catalyseur d’une réflexion approfondie, afin que les différentes communautés recherchent enfin des valeurs communes et universalisables parce que bénéfiques à tous, ce qui aboutirait à un meilleur « vivre ensemble » et à une citoyenneté harmonieuse  ! 

 

Votre commentaire, fût-il bref, m'intéresserait vivement. Je vous en remercie déjà.

Respectueusement, et non moins cordialement,

 

Michel THYS, libre-penseur, à Waterloo.   

http://michel.thys.over-blog.org

 


 

 

 

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 13:35

Publié par  L’Alsace.fr le 21.07.09

 

Imposer le célibat, c’est bafouer la liberté individuelle et la dignité humaine ! par Michel THYS.

 

A mes yeux, les prêtres n’ont pas librement choisi de faire « vœu » de chasteté. Quoi qu’ils en pensent, ils n’ont d'ailleurs pas non plus décidé librement de devenir prêtre, ni même de croire en « Dieu », et bien évidemment, ils  n’ont pas eu la possibilité de changer de religion, et moins encore de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948  :  "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ’(...)".

L'obligation du célibat bafoue donc aussi bien cette Déclaration que la Constitution : les libertés de conscience et de religion, en l'absence d'un système éducatif qui garantisse leur émergence, sont  plus symboliques qu'effectives ...

 

C'est pourtant un fait sociologique : la liberté de croire ou de ne pas croire est compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ainsi que par l'influence d'un milieu culturel excluant toute alternative humaniste non aliénante, et n'est-elle donc pas plus symbolique qu'effective.

 

L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne à 99,99 %, la soumission y étant totale Celle-ci  serait génétique, selon Richard DAWKINS : il estime que, déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme, du fait de son cerveau tout à fait immature, n'aurait jamais pu survivre si l'évolution ne l'avait pas pourvu de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu ).

 

Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a montré qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ( et donc l'aptitude à imaginer un "père" protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il "Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

 

D'autre part, des neurophysiologistes ont établi (je simplifie...) qu'avant les hippocampes (centres de la mémoire explicite), les amygdales (pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel ! ) sont déjà capables, dès l'âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.

 

Ces chercheurs ont constaté, par l'IRM fonctionnelle, que le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion (ce qui expliquerait la difficulté, voire l'impossibilité, pour bien des croyants, de remettre leur foi en question et leur fréquent besoin de prosélytisme).

 

N'est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ? Henri LABORIT a écrit : «  Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !".

 

Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle par une approche neuroscientifique, bien qu' encore très partielle, afin de mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc de permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

 

Les religions sont évidemment opposées à une telle approche. Et pour cause : si les neurosciences ne démontrent pas l’inexistence de Dieu (pas plus que tout autre inexistence), elles tendent à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire …

 

 

Michel THYS à Waterloo       michelthys@base.be              http://michel.thys.over-blog.org

 

 

Re-

 

En effet, mon texte est un peu long et difficile à lire, surtout quand les espaces prévus entre les paragraphes sont supprimés. Mais je peux résumer mon point de vue en une phrase :  les prêtres et les religieuses, quels que soient par ailleurs leur intelligence et leur intellect, sont les victimes bien involontaires d'un système éducatif et dogmatique d'un autre âge, et ils ont donc toute ma sympathie.

Michel THYS       http://michel.thys.over-blog.org

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 12:41

Le cours d’ECR doit rester obligatoire : l’Enseignement ne relève pas des seuls citoyens mais aussi de l’Etat, dans un souci d’émancipation de tous. Il devra pourtant être repensé en profondeur. En effet, excepté au cours d’histoire, la religion n’a rien à faire à l’école, qui n’a pas vocation à évangéliser. Idéalement, elle devrait être confinée au sein de la famille et dans les lieux de culte, mais on en est encore loin !

Ce cours constitue une étape intermédiaire nécessaire.

 

Découvrir d’autres religions, avec autant de détails, jette la confusion dans l’esprit des enfants et, par comparaison, cela ne peut que renforcer la religion traditionnelle et majoritaire.

Les évêques l’ont bien compris ! C’est même, à mes yeux, le but hypocrite de ce cours : tenter de compenser le déclin du catholicisme, la déconfessionnalisation et la laïcisation croissantes de la société … Initialement, en effet, il devait être fait mention de l’existence de conceptions non religieuses. C’était un minimum, par simple honnêteté intellectuelle. Or actuellement, même la mention de l’athéisme est supprimée ! c.q.f.d !

 

Les parents catholiques qui, au nom de leur liberté de conscience et de choix, demandent que ce cours soit optionnel, sont-ils bien conscients de leur responsabilité morale ?

Ils s’arrogent le droit d’imposer leur propre croyance à leurs enfants, comme si toute autre option, agnostique ou athée par exemple, était impensable, voire une abomination !

Comme si, plus tard, le « libre choix » de leur enfants n’allait pas en être influencé !

 

A notre époque de pluralité des cultures et des convictions, la liberté de croire OU de ne pas croire ne peut plus être contestée. Mais elle reste souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.

L’éducation coranique (c’est un fait sociologique) en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Cela s’explique : dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît  PAS spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc aussi, comme mécanisme de défense, la capacité du seul néocortex humain à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique).

 

 Par ailleurs, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (centres de la peur, et donc pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.

 

Ces « traces » neuronales sont indélébiles : l’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

 

Dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école, via le cours d’ECR, devrait donc compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, - ne leur en déplaise ! - par une DOUBLE information minimale, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d'histoire, sur le « fait religieux » (certes « l’amour du prochain », mais aussi la soumission inhérente et commune à toutes les religions, la part de responsabilité des trois religions monothéistes dans l’origine de l’intolérance, de la violence et des guerres, …), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs universalisables - puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité humaine -, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, …, actuellement occultés).

 

Cela permettrait enfin à chacun de choisir ses convictions philosophiques OU religieuses en connaissance de cause, aussi librement que possible, d’accepter la différence enrichissante de l’autre et de tendre ainsi vers une réelle citoyenneté, fondée un meilleur « vivre ensemble ». Quel que soit le jugement de Drummondville, vivement un débat tous azimuts à ce sujet !

 

Michel THYS Waterloo en Belgique. michelthys@base.be
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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 10:22

Ma réaction à un article de Humeur humaniste, du 24.07.09 :

Réformer l’islam, une nécessité pressante.

 

Excellent article : il résume les idées de Mahmoud Mohamed Taha et d’Abdelmajid Charfi, il réalise une critique réaliste et lucide de l’islam et il fait entrevoir une possible évolution  des mentalités musulmanes, via la jeune génération. Mais il faudra sans doute trois ou quatre générations, si l’on y parvient jamais, car le noeud du problème, c’est évidemment que l’islam impose la soumission, bien plus que toute autre religion.

 

L’homme n’est pas seulement « soumis à l’influence de son inconscient (…) », mais aussi et surtout à son environnement religieux et culturel. Outre « la biotechnologie et la génétique », ce sont  toutes les neurosciences qui tendent à faire comprendre les motivations de la foi et sa fréquente persistance.

Une approche holiste (psycho-neuro-physio-génético-éducative) du phénomène religieux, et de l’islam en particulier, pourrait, à mes yeux, contribuer à accélérer la réforme de cette religion.

 

Par exemple en interprétant le fait sociologique selon lequel la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers, d’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, et ensuite par l’influence d'un milieu éducatif croyant, excluant toute autre religion ou toute alternative humaniste non aliénante.

L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale. Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer cette imprégnation :

 

-  Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu).

 

-  Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme)  qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend (et donc l'aptitude à imaginer un "Père" protecteur, substitutif et anthropomorphique (cf Freud !), fût-il "authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

 

Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients. Donc aussi les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L'IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l'impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangéliste Philippe HUBINON, à la RTBF : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! » …

 

N'est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ? Henri LABORIT a écrit : «  Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !".

 

La liberté de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire seraient plus effectives que symboliques si l’on s’orientait enfin vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées. L’école compenserait ainsi l’influence familiale, certes légitime mais unilatérale et donc communautariste.

 

Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) par une approche neuroscientifique ?  Bien qu'encore très partielle, elle vise en effet à mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc à permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

 

Certes les neurosciences ne démontrent pas l’inexistence de "Dieu" (aucune inexistence n’est  démontrable), mais elles tendent à démontrer son existence imaginaire et donc illusoire.

Le droit de croire n’en restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée. Désolé d’avoir été aussi long, mais le sujet est complexe … !

 

Cordialement,

 

Michel THYS à Waterloo     michelthys@base.be     http://michel.thys.over-blog.org

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 10:14

 

> Signes religieux à l’école : les sikhs en appellent à l’ONU

22 juillet 2009, par Michel THYS   [retour au début des forums]
Au-delà de la question du port du turban sikh ...

La question du port du turban sikh soulève un problème fondamental. Réunir les modérés de tous bords autour d’un idéal de destin commun : tel est l’enjeu de ce 21e siècle. Encore faut-il définir cet idéal ... La laïcité, qu’elle soit politique ou philosophique, n’a pas pour but de créer un communautarisme majoritaire, mais au contraire de faire admettre et respecter des valeurs "universalisables", parce que bénéfiques à tous.

Mais comment concilier les croyances religieuses, fondées à des degrés divers sur la soumission, et l’agnosticisme ou l’athéisme, qui, loin d’être antireligieux, n’imposent rien et prônent seulement l’autonomie ? Le "Sacré" religieux, fondé sur la "Révélation", est-il conciliable avec ce qui, pour un laïque, est "sacré", dans le sens d’inviolable, c’est-à-dire d’abord le respect de la dignité de l’homme de la femme et de l’enfant, de leurs droits et de leurs libertés ?

La laïcité n’est pas devenue une croyance en l’absence de croyance, et pour cause : l’athée ne "croit" pas que "Dieu" n’existe pas. Il "pense", il estime, il conclut qu’il n’existe pas, ou qu’il n’existe que dans l’imagination des croyants. Un débat exempt de passions sur cette question, implique à mes yeux un préalable : que chacun ait le droit de choisir, aussi librement que possible, de croire ou de ne pas croire, ce qui remet évidemment en question le droit des parents, certes légitime mais unilatéral, à imposer leur religion à leurs enfants.

Un tel projet éducatif n’est concevable qu’en instaurant un système éducatif pluraliste qui offrirait à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte, à la fois sur les différentes options religieuse ET sur les différentes options laïques.

C’est ma conception d’une saine neutralité : non plus passive, laxiste et hypocrite, mais active, par simple honnêteté intellectuelle. Mais l’opposition des religions est prévisible puisque les options laïques seront probablement privilégiées ...

Venons-en au turban des Sikhs. Le respect de la différentiation, le droit à la différence ont des limites : celles de valeurs inconciliables avec l’humanisme et donc constitutives des "discriminations" et du "choc des civilisations" qu’elles ne peuvent qu’accroître.

Les "traditions spiritualistes" sont certes respectables, dans la mesure où elles respectent les droits humains fondamentaux, mais elles ne peuvent avoir la prétention de s’imposer à la vue de ceux qui ne les partagent pas, en dehors donc de leur vie privée. En effet, les laïques sont en droit de se demander si ceux qui portent le turban, inféodés à des traditions d’un autre temps, sont susceptibles de s’adapter à la modernité et à notre conception de la citoyenneté. Les trois religions monothéistes et les sectes me paraissent bien plus intolérantes et génératrices de violence et de racisme que les rares "bouffeurs de curés" actuels ...

La véritable violation des droits de l’homme, me semble-t-il, c’est que notre Constitution ne garantit PAS la liberté de conscience et de religion, qui est plus symbolique qu’effective, puisqu’elle ne permet pas son émergence. De fait, il y a une corrélation évidente entre l’éducation religieuse, confortée par une milieu croyant excluant toute alternative, et la persistance de la foi : l’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % ...

Les neurosciences l’expliquent par les traces neuronales que laisse cette éducation dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie à des degrés divers le cerveau rationnel et donc l’esprit critique, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.

Le droit fondamental de l’être humain, selon moi, c’est celui de pouvoir s’émanciper des dogmatismes, quels qu’ils soient, et de s’épanouir par l’acceptation des différences, toujours enrichissantes, plutôt que par l’actuel communautarisme. Michel THYS http://michel.thys.over-blog.org

 

Michel Thys

24 juillet, à 11:41

Bonjour Monsieur Kudrat Singh Ménir,
Merci d'avoir réagi, fût-ce brièvement, à mon point de vue concernant le turban sikh. Cela m'a donné l'occasion déjà de découvrir l'un de vos textes dans France démocrate.

Je voudrais dire d'abord que le respect et la promotion de l' Egalité (des droits et des devoirs) vont de pair, à mes yeux, avec ceux de la Liberté et de la Fraternité (ou au moins de la Solidarité).
Je pense, comme Jean MONOD et vous-même, que "l'enjeu de l'existence de l'espèce pourrait bien résider dans l'écart risqué entre ses membres", puisque l'acceptation de la différence est source d'enrichissement mutuel, et, hélas, inversement.

Il faut craindre en effet "l'homogénéisation des modes de vie et de pensée" (même si je ne les place pas sur le même plan) : la pensée tend à devenir "unique", notamment sous l'influence des mediia, de la globalisation tous azimuts, mais aussi je le crains, du fait des interventions des religions dans l'espace public en vue de réimposer leur Vérité excliusive, en réaction à la laïcisation croissante de nos sociétés.

Les " modes de vie" me paraissent, eux, relever de la vie privée, comme toutes les traditions, qu'elles soient ou non religieuses.
Ce qui m'inquiète dans toutes les traditions, c'est que, par définition, elles n'évoluent pas, ne s'adaptent pas, ou quasi pas, alors que nous vivons de plus en plus dans un monde de pluralité des cultures et des convictions. Le cas de l'islam est flagrant : même s'il existe des divergences de vues et des dissensions en son sein : la soumission au coran, à la sunna, etc ... reste irrémédiable avant au moins un siècle ...

Vous en conviendrez sans doute : vouloir, de nos jours, imposer une Vérité absolue et exclusive, est suicidaire : la "vérité" me semble au contraire devoir être personnelle, partielle et donc provisoire.
Ce que j'apprécie dans la franc-maçonnerie adogmatique (GOdF, GOB, DH; GLFF, GLFB surtout), c'est que, précisément, on y privilégie la diversité des opinions, on ne cherche pas à convaincre ou à avoir raison : au contraire, chacun(e), au contact tolérant avec la "vérité" des autres, cherche à se forger la sienne, toujours révisable, comme en sciences.
Je regrette donc que la franc-maçonnerie "régulière", anglo-saxone, impose la croyance en dieu, grand architecte de l'univers, même si "c'est un symbole"...

Entendons-nous bien : je ne conteste évidemment pas le droit, légal, de
porter en public des symboles religieux et culturels, tant qu'ils ne dépassent pas une certaine limite (celle de la liberté des autres d'en être dérangés), mais je crains, bien que vous soyez une exception, que l'attachement à un turban, par exemple, soit, pour la plupart, révélateur d'un respect inconditionnel à des traditions d'un autre âge, et donc difficilement compatibles avec l'actuelle évolution des esprits et des mentalités.

Cordialement,
Michel THYS

 

Kudrat Singh Ménir

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25 juillet, à 22:01

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Cher Monsieur

Me devise est "vivre et laisser vivre".. De mon côté il est trop tard pour y ajouter quelque chose et tenter de revenir dans ce débat. J'ai été privé de parole , plus que vraisemblablement boycotté par les média, et traité comme un dissident durant ces six années. J'attends donc maintenant le décision du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU et me chercherai ensuite si besoin est une société d'accueil plus tolérante.

 

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 10:33


Être opposé à la burka et au niqab, ce n’est pas vouloir libérer un individu contre son gré . A mes yeux, c’est lui permettre, s’il le veut bien, de prendre connaissance d’informations qui lui ont été cachées, relatives aussi bien aux options religieuses qu’aux options laïques et qui sont susceptibles de lui faire prendre conscience de l’aliénation qu’il a subie, et peut-être de s’en libérer, à moins qu’il préfère persister dans la soumission et l’obéissance, ce qui est son droit.

Le rôle de l’Etat, dans une conception non hypocrite de la neutralité, devrait à mon sens se limiter à cette information et à inciter les parents croyants à prendre conscience de leur responsabilité morale lorsqu’ils imposent à leurs enfants, bien que très légitimement, une éducation religieuse unilatérale, confortée par un milieu culturel exclusif.
Dans cette optique, soit dit en passant, il faut évidemment empêcher le port de la burka, et faire savoir aux musulmans fondamentalistes qui, à la suite d’une interdiction légale, cloîtreraient leurs femme chez eux, qu’ils sont passibles de poursuites pour séquestration.

Actuellement, selon moi, la Constitution, tant française que belge, ne garantit PAS la liberté de conscience et de religion : ces textes ne font qu’exprimer symboliquement une intention, un idéal, un voeu pieu ... En effet, rien n’est fait pour rendre les libertés effectives.

Le  respect de la dignité humaine, et, a contrario de son non-respect, c’est-à-dire de la violence, pourraient aboutir à la  revendication (violente ?) des droits particuliers pour les minorités qui se sentent humiliées. Cela  nécessite de  s’attaquer aux causes profondes.
Je vous soumets mon point de vue :

1. génétiquement, et dans un certain contexte culturel et affectif, tout animal humain, du fait de son cerveau reptilien, est virtuellement capable de haine et de violence, à des degrés divers selon l’inné et l’acquis de chacun. Le fait est que cette violence est de moins en moins contenue par les interdictions religieuses d’antan (« Tu ne tueras point... ».Hélas, le déclin de la religiosité n’a pas été compensé par une éducation « humanisante » d’inspiration laïque : la conscience morale, le sens des valeurs, le respect de l’autre et de sa différence, ..., loin d’apparaître spontanément, ne s’acquièrent que par une éducation fondée sur l’autonomie, la responsabilité individuelle, l’esprit critique, sur l’apprentissage des limites et du respect, sur l’exemple des éducateurs, sur des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc ... Cette morale laïque reste cependant rétive, on la comprend, à tout prosélytisme, et les autorités religieuses et politiques qui leur sont inféodées (cf Sarkozy ...) se gardent bien de laisser pénétrer plus encore un vent libertaire dans les établissements confessionnels ...

2. La question fondamentale sous-jacente à la burka, me paraît être celle de la perception que se font ces minorités de la liberté individuelle.

Je ne voudrais choquer aucun croyant, en particulier les musulmans, mais lorsque j’entends des musulmanes voilées revendiquer leur « liberté de choix et d’expression », je voudrais leur poser deux questions (mais je m'en abstiens verbalement ...) :

 a/ Avez-vous eu l’occasion de choisir, à temps, en connaissance de cause, sur base d’alternatives non aliénantes, et donc en toute liberté, soit la soumission à un texte « sacré » mais intolérant et à des traditions aussi inégalitaires qu’inadaptées à notre époque, soit l’autonomie, la responsabilité individuelle, la liberté de pensée, etc … que propose   l’humanisme laïque ?

b/ Savez-vous que ls neurosciences relativisent de plus en plus le libre arbitre ? En effet :
- des psychologues, même religieux,ont constaté qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas , quelle que soit la religion.
- des neurophysiologistes ont observé, par IRM fonctionnelle, que l’éducation religieuse, forcément affective, confortée par un milieu croyant unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et donc le libre arbitre et l’esprit critique ultérieurs, dès qu’il est question de religion, donc indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.
- des généticiens ont émis l’hypothèse que, du temps des premiers hominidés, les enfants n’auraient jamais pu survivre si leur cerveau totalement immature n’avait pas été pourvu par l’évolution de gènes les rendant tout à fait soumis à leurs parents, et plus tard à un dieu.

Il en résulte à mon sens que chacun devrait pouvoir réellement choisir de croire OU de ne pas croire. L’école devrait donc compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle, mais unilatérale, par une information minimale, objective et non prosélyte, à la fois sur les options religieuses ET sur les options laïques. Cette saine conception de la neutralité est à la base de « laïcité philosophique », inconnue en France et occultée en Belgique. Elle devrait renforcer la « laïcité politique » française et la « neutralité » belge, toutes deux incapables d’assurer une « vivre ensemble » harmonieux et une citoyenneté responsable, puisqu’elles maintiennent le statu quo, et favorisent l’incompréhension, le communautarisme, le repli sur soi, l’indifférence, et même l’intolérance.


Michel THYS à Waterloo. http://michel.thys.over-blog.org

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 10:27

 

A la limite de l’objectif et du subjectif, une telle approche peut paraître délicate.

Elle ne vise pourtant pas à prouver quoi que ce soit, mais à inciter à la réflexion.

Il n’est pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-éducatifs. Pas plus que de chercher à minimiser la part de liberté individuelle. N’est-il pas légitime cependant de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, sociologique, etc…) par une approche neuroscientifique, bien qu’encore très partielle, afin de mieux comprendre l’origine et la fréquente persistance de la foi ?

 

Actuellement, n’est-il pas évident que le respect des libertés constitutionnelles de conscience, de pensée et de religion est en fait plus symbolique qu’effectif ?

La liberté d’exprimer sa religion, ou d’en changer, ne devrait-elle pas être précédée par celle d’en avoir une OU de ne pas en avoir ?

 

J’observe que, statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.

L’éducation coranique (c’est un fait sociologique) en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Comme l’avait déjà compris  Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’a pu survivre que parce que l’évolution animale avait pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et  totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu …).

Cela expliquerait que toutes les religions aient réussi aussi longtemps (mais de moins en moins sous nos latitudes) à imposer la soumission à un dieu et à des textes « sacrés », et que les sectes réussissent à exploiter la « quête de sens »...

 

Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc aussi, depuis toujours comme mécanisme de défense, la capacité évolutive du seul néocortex humain à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il rationnellement qualifié d’ « authentique, épuré, présence Opérante du Tout-Autre », etc …

 

Par ailleurs, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (centres de la peur, et donc pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …

 

Des neurophysiologistes ont d’ailleurs observé - l’ IRM fonctionnelle le confirme - que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

 

Cela expliquerait la difficulté, voire l’impossibilité, pour bien des croyants de plus de 25 ans environ, sans doute par autodéfense, de remettre leur foi en question, même si elle leur fait plus de tort que de bien, et de s’ouvrir à la différence enrichissante de l’autre. On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. A mes yeux, critiquer les religions et leurs dérives (inégalité des femmes, excisions, …) est, et doit rester, un droit fondamental (comme bien sûr la croyance en un dieu, mais elle est d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie plutôt qu'imposée …).

 

Même si, pour s’adapter à l’évolution des mentalités, l’enseignement confessionnel

a récupéré certaines valeurs laïques, il  n’a pas renoncé à maintenir sa mainmise sur les consciences ... Son « projet éducatif » en témoigne. Il reste élitiste et inégalitaire, il favorise le repli identitaire, le communautarisme, et est donc obsolète. Dans un souci de neutralité et de qualité, après cinquante ans de « pacte » scolaire » belge , n’est-il pas grand temps qu’il fusionne avec l’enseignement officiel, à tous les niveaux (et d’ailleurs pour d’évidentes raisons économiques) ?

 

Mieux : dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école - enfin devenue pluraliste - devrait compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, - ne leur en déplaise ! - par une double information minimale, objective et non prosélyte :  d’une part, au cours d'histoire, sur le « fait religieux » (certes « l’amour du prochain », mais aussi, hélas, la soumission inhérente à toutes les religions, la part de responsabilité des trois religions monothéistes dans l’origine de l’intolérance, de la violence et des guerres, …), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs universalisables - puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité humaine -, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, …, actuellement occultés).

 

Cela permettrait enfin à chacun de choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses, d’améliorer l’adaptation des jeunes à l’actuelle pluralité des cultures et des convictions et de tendre ainsi vers un meilleur « vivre ensemble » et une réelle citoyenneté.

Vivement, partout, un débat tous azimuts à ce sujet !

 

Michel THYS, à  Waterloo. 
http://michel.thys.over-blog.org

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 17:33

Face à la laïcisation croissante de la société, du moins sous nos latitudes, et bien que la foi relève de la sphère privée, toutes les religions réagissent par des tentatives de réinvestissement des consciences, de re-confessionnalisation de l'espace public et de néo-cléricalisme politique, surtout depuis Jean-Paul II, Benoît XVI, le "chanoine-président" Sarkozy 1er et autres évangélistes ou créationnistes...
 Il n'est évidemment pas acceptable que certains prescrits religieux prévalent parfois sur la loi.

L' Etat, qu'il soit français ou belge (quand inscrira-t-il enfin  la laïcité dans sa Constitution ? ! ), a une obligation de neutralité, et est censé "garantir" la liberté de conscience et de religion. Mais avant de prétendre garantir (théoriquement) la liberté d’exprimer sa religion, ne faudrait-il pas d'abord garantir (pratiquement) la liberté d'en avoir une ou de ne pas en avoir , afin d'être en mesure de choisir de croire ou de ne pas croire ?

 Hélas, aussi bien en France qu'en Belgique, malgré la différence de conception de la laïcité, les laïques ne se préoccupent "que" de la défense du principe de séparation des Eglises et de l'Etat.
Rien n'est fait nulle part pour que chacun soit informé des diverses options philosophiques autres que la croyance : le déisme, l'agnosticisme, l'incroyance, l'athéisme, la libre pensée, la franc-maçonnerie adogmatique, ...
On craint sans doute d'être taxé de prosélytisme laïque ou d'intolérance.
Personne n'ose rappeler que, le plus souvent, la liberté de croire ou de ne pas croire est compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ainsi que par l'influence d'un milieu culturel excluant toute alternative humaniste non aliénante, et n'est-elle donc pas plus symbolique qu'effective. 
 L'éducation coranique (c'est un fait sociologique) en témoigne à 99,99 % ...
 
N'est-il pas temps de tenir compte d'approches inhabituelles ?
Ainsi, Richard DAWKINS a  expliqué que jadis, du fait de son cerveau tout à fait immature, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution ne l'avait pas pourvu de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu ).
Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a montré qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ? (et donc l'aptitude à imaginer un "père" protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il "Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

D'autre part, des neurophysiologistes ont établi (je simplifie à outrance ...) qu'avant les hippocampes (centres de la mémoire explicite), les amygdales (pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel ! ) sont déjà capables, dès l'âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.

Ces chercheurs ont constaté, par l'IRM fonctionnelle, que le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion (ce qui expliquerait la difficulté, voire l'impossibilité, pour bien des croyants, de remettre leur foi en question et leur fréquent besoin de prosélytisme).

N'est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ?

Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle par une approche neuroscientifique, bien qu' encore très partielle, afin de mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc de permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

N’est-il pas grand temps dès lors de repenser le rôle de l' Etat, mais aussi celui des parents et des enseignants croyants qui devraient se demander si, de nos jours, ils ont encore moralement le droit, fût-il constitutionnel, de transmettre la même éducation que celle qu'ils ont reçue, de plus en plus inadaptée à la modernité ?

Sans se départir de sa neutralité, et au-delà du cours d'histoire, l’école ne devrait-elle pas compenser l'influence unilatérale de la famille et celle d'un milieu religieux exclusif, par une information minimale, objective et non prosélyte, non seulement sur le « fait religieux »,  mais AUSSI, et pour réduire les inégalités socioculturelles, sur le « fait laïque », ce qui ferait découvrir aux jeunes qu'avant toute rationalisation (
a posteriori), les religions incitent toutes à la soumission, tandis que la laïcité prône au contraire l'autonomie et la responsabilité individuelle ?

N'est-il pas important  que les parents croyants sachent que la laïcité philosophique, bien qu'elle refuse toute référence divine et qu'elle conteste le droit d''imposer la croyance, n'est pas pour autant antireligieuse, et qu'elle vise seulement à faire connaître l'alternative de l'humanisme laïque, ses principes, ses valeurs, ses fondements, ses options et ses objectifs, actuellement occultés ?

N'est-il pas indispensable de découvrir que, loin de se fonder sur la soumission à des "Commandements"  et à des "textes sacrés", la morale laïque s'appuie sur le libre examen, l'esprit critique à tous points de vue, développe une conscience morale autonome, et incite à  une spiritualité laïque dans le but de donner un sens à l'existence, autrement que par la spiritualité religieuse ?

Ne faudrait-il pas dès lors, organiser tant en France qu'en Belgique, un véritable débat national et oser repenser, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, certaines notions fondamentales telles que la neutralité de l' Etat, la liberté constitutionnelle d'enseignement, la transmission des valeurs et les limites de la tolérance vis-à-vis des prétentions des religions à imposer leurs vérités exclusives, aussi bien celles du catholicisme, du judaïsme, du christianisme évangélique, de l'islamisme et des sectes que celles inspirées par d' éventuels relents d'athéisme idéologique et dogmatique ?

Quant à l'enseignement confessionnel, survivance obsolète, inégalitaire et élitiste du Moyen Âge, ne devrait-il pas faire place (après 50 ans de "pacte scolaire" en Belgique) à " l'école pluraliste", mise au frigo depuis 34 ans et, sans crainte d' encore introduire le loup dans la bergerie, à la fusion des réseaux officiel et privé, du primaire à l'universitaire, ne fût-ce que pour des raisons économiques ?

N'est-il donc pas légitime que la laïcité, tant politique que philosophique, bien qu'elle soit rétive à tout prosélytisme, se montre à présent non pas plus combattante mais plus fermement attachée à ses principes et à ses valeurs, plutôt que conciliante, frileuse, voire laxiste, afin de promouvoir enfin un meilleur  "vivre ensemble" au sein d'une société interculturelle et ouverte à une réelle citoyenneté ?

 

Michel THYS, à Waterloo. michelthys@tele2allin.be

 

 

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Published by Michel THYS
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