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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 13:50
 « Quelle neutralité de l’Etat ? » par Paul LÖWENTHAL, professeur émérite à l’UCL dans lalibre.be du 24 mars 2010. Bonjour Monsieur LÖWENTHAL,
J’ai lu avec intérêt votre article : « Quelle neutralité de l’Etat ? ». Il va de soi que la neutralité s’impose à notre « Etat laïque ( ? ) et à ses représentants ». Mais pourquoi ? Non pas tant pour décider s’il faut ou non interdire, ici et là, l’expression des signes religieux ou philosophiques, mais d’abord, selon moi, parce que, au-delà de la liberté d’expression individuelle de chacun, la laïcité «politique» impose de n’influencer personne, ce qui reste hélas possible actuellement en l’absence d’un apprentissage précoce de l’esprit critique à tous points de vue, et ce dès l’école. J’y reviendrai.

Il y a en effet deux manières de concevoir la neutralité. La première consiste en « une abstention, une absence », à « s’abstenir de parler », comme disait Jules FERRY, pour qui la neutralité absolue n’existe pas. De fait, les mots qu’on utilise, si l’on n’y prend garde, ont déjà inconsciemment une connotation religieuse ou philosophique. Vous avez raison d’écrire : «On veut ainsi que les enseignants masquent leurs convictions personnelles, pour être (ou au moins paraître) également accessibles à tous. Sans égard pour le fait que les adolescents, férus d’authenticité, voudront au contraire que leurs professeurs aient l’honnêteté de dire qui ils sont ! ». A condition que les religions l'acceptent un jour, informer sans influencer, afin que chaque élève puisse se forger sa propre « vérité », partielle et provisoire, et qu’il décide, aussi librement et tardivement que possible, de croire ou de ne pas croire, relève d’un « art pédagogique » difficile, auquel nos enseignants ne sont pas encore préparés. Cela leur est d’ailleurs pratiquement interdit actuellement. Par contre, je ne vous suis pas lorsque vous estimez que « la laïcité philosophique est en effet érigée par ces athées militants en pensée de la laïcité politique, ce qui justifierait une discrimination en sa faveur ».

 A mes yeux l’humanisme, celui de Protagoras, pour qui « l’homme est la mesure de toutes choses », ne requiert théoriquement aucun qualificatif, qu’il soit laïque, athée, chrétien ou musulman. Mais, à mon sens, leurs fondements et leurs objectifs respectifs sont si différents qu’il faut les distinguer : l’humanisme religieux, fondé sur une « Vérité » exclusive, est par nature évangélisateur, tandis que l’humanisme laïque, s’il se passe de toute référence transcendantale, n’est pas pour autant antireligieux, et n’incite pas à l’athéisme. Bien compris, il prône seulement des conditions éducatives permettant le libre choix des convictions philosophiques OU religieuses Mais « donner priorité à la liberté » n’est possible selon moi qu’à la condition d’organiser enfin un système éducatif pluraliste proposant à TOUS les jeunes une information minimale, adaptée à l’entendement de chaque âge, objective et non prosélyte. Cela leur ferait découvrir : d’une part, les différentes options religieuses, mais aussi, ne leur en déplaise, ce que toutes les religions ont un commun, à des degrés divers : la soumission à un dieu et à un livre « sacré », ET d’autre part, les différentes options laïques que sont l’agnosticisme, l’incroyance et l’athéisme, et ce qu’elles ont toutes en commun : le libre examen, l’esprit critique à tous égards, la liberté de pensée, l’autonomie de la conscience, la liberté individuelle, l’acceptation de la différence enrichissante de l’autre, la recherche d’un sens à donner à l’existence, par l’humanisme laïque, la morale laïque, la spiritualité laïque, actuellement occultés dans l’enseignement confessionnel. En bref, une alternative laïque, plus capable à mes yeux que les religions d’assurer l’ « humanisation et la socialisation ».

 Un tel enseignement pluraliste compenserait l’influence affective des parents, certes sincère et légitime, mais unilatérale, qu’ils soient croyants ou non. Il réduirait aussi l’influence des inégalités intellectuelles inhérentes aux différences de niveau socioculturel. L’intérêt supérieur de l’enfant étant selon moi prioritaire par rapport aux droits traditionnels des parents, l’enseignement officiel et l’enseignement confessionnel devraient évidemment fusionner à plus ou moins brève échéance. En effet, malgré la récupération apparente de quelques valeurs laïques, l’enseignement confessionnel reste en effet fidèle à son projet éducatif visant à conserver une mainmise sur les consciences. A mon sens, il reste fondamentalement élitiste, inégalitaire, communautariste, prosélyte, et donc obsolète et inadapté à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions. Afin d’éviter le risque d’un « nivellement par le bas », un accompagnement individuel et gratuit des élèves en difficulté devrait bien sûr être prévu. La formation des enseignants, et un « recyclage » devraient également avoir lieu, afin qu’ils n’influencent pas leurs élèves par leurs propres convictions, mais qu’ils les amènent à choisir les leurs, en connaissance de cause et aussi librement que possible.

Vous souhaitez « donner une conscience à l’Europe ». Certes, mais à condition qu’elle ne soit pas noyautée par les religions, comme on le constate notamment au Parlement européen. Et pour cause : face à la déconfessionnalistion et à la laïcisation croissantes et irréversibles de nos sociétés, sauf rares exceptions telles que l’Irlande ou la Pologne, toutes les religions réagissent par des tentatives de réinvestissement des consciences, de reconfessionnalisation de l’espace public et de néocléricalisme politique, surtout depuis Jean-Paul II, Benoît XVI, le chanoine-président Sarkozy 1er, et autres créationnistes et sectaires. J’ai émis l’hypothèse, audacieuse j’en conviens, que la difficulté de bien des croyants à remettre en question des certitudes qu’ils n’ont pas choisies, pourrait s’expliquer par certaines observations psycho-neuro-physio-génético-cognotivo-éducatives : leur éducation religieuse précoce, forcément affective et leur milieu culturel croyant unilatéral, laissent des traces indélébiles et inconscientes, confirmées par l’IRM fonctionnelle, dans le cerveau émotionnel, ce qui influence, à des degrés divers, le cerveau rationnel, et donc l' esprit critique, indépendamment de l' intelligence et de l'intellect, du moins dès qu’il est question de religion. Votre commentaire m’intéresserait vivement. Je vous en remercie déjà.

Cordialement, Michel THYS à Waterloo. http://michel.thys.over-blog.org

Réponse de Paul LOWENTHAL
Cher Monsieur,
Merci pour votre réaction systématique à mon « Opinion » dans La Libre. Puisque vous voulez bien me demander de réagir à mon tour, voici les quelques points que je discuterais dans votre message et dans votre article sur une « nouvelle approche du religieux ». - « L’humanisme laïque, s’il se passe de toute référence transcendantale, n’est pas pour autant antireligieux, et n’incite pas à l’athéisme » : pas nécessairement, non – j’ai des dialogues passionnants avec des incroyants – mais bien dans le chef des plus militants, qui traînent une haine du religieux qui ne le cède en rien à la hargne « bien-pensante » ou fanatisée de croyants bornés. Soit dit en passant, ce que vous reprenez d’Henri Laborit est un sophisme : vous n’êtes pas tout à fait libre, donc vous n’êtes pas libre…

- Ce que vous dites des conditionnements mentaux du religieux est juste mais, primo ne vaut pas pour les fois les plus mûries : je connais des théologiens et des prêtres qui sont aussi pétris que moi de doutes et qui sont constamment « en recherche » – et en porte-à-faux avec leurs autorités ; secundo, cela vaut tout autant pour bien des athées militants. Je concède que proportionnellement moins, parce qu’on ne peut se réfugier dans l’humanisme comme on peut le faire dans une religion : l’humaniste s’expose pleinement. Mais la lecture des journaux – et pas seulement des courriers de lecteurs et des forums – n’est pas moins affligeante d’un côté que de l’autre… En corollaire, les ouvertures que vous dites communes aux diverses options laïques est aussi commune avec les fois religieuses : « le libre examen (oui, même lui : les questions sont là, avant les réponses !), l’esprit critique à tous égards, la liberté de pensée, l’autonomie de la conscience, la liberté individuelle, l’acceptation de la différence enrichissante de l’autre, la recherche d’un sens à donner à l’existence » – que nous trouvons ailleurs que l’humaniste athée, bien sûr. On trouve certes des réfractaires, mais dans les deux « camps ».

- Il est vrai que l’humanisme athée n’est pas examiné dans l’enseignement confessionnel – pas plus que les autres religions. Mais savez-vous que Laurette Onkelinx a interdit aux écoles confessionnelles d’enseigner une autre religion que la leur propre ? C’est qu’il fallait protéger l’enseignement officiel contre la tentation des musulmans d’envoyer leurs enfants dans les écoles catholiques où « il y a au moins une religion »… La même Mme Onkelinx ne verrait sûrement pas d’inconvénient à ce qu’on y enseigne l’humanisme – mais toutes les convictions devant être mises sur le même pied, neutralité oblige, cela serait jugé discriminatoire : beaucoup de laïques peinent à accepter cette égalité de traitement. - Cela repose donc, comme vous le faites, la question d’un enseignement de religions et philosophies comparées. J’y suis tout à fait favorable, dans tous les réseaux scolaires – et pour les mêmes raisons que vous : éduquer à l’intelligence critique et conduire à des choix adultes. A quoi s’ajoute l’utilité d’une connaissance des diverses composantes de notre culture. Mais je ne vais pas jusqu’à envisager que cet enseignement se substitue aux religions et morale laïque actuelles. Hervé Hasquin l’avait proposé dans les deux dernières années du secondaire : cela veut dire que les courants religieux ou philosophiques (le bouddhisme en est désormais) perdraient leur capacité d’enseignement propre à l’âge où les jeunes commencent à comprendre ce qui est en jeu et à pouvoir réfléchir. Autant proclamer que la religion est pour les gosses…

 Indépendamment de cet argument « politique », vous serez d’accord que l’objectif serait de mettre les diverses convictions en perspective et d’apprendre l’esprit (auto)critique, et pas de supprimer l’éducation religieuse ou humaniste dans un « marché » de convictions interchangeables qui ne recouvriraient donc plus de véritables convictions. Ajouter un enseignement comparatif poserait de gros problèmes pratiques mais, surtout, celui des enseignants. Vous dites qu’il faudra les former : il faudra d’abord former leurs formateurs et il y faudra (ou faudrait) deux générations… Ce serait de toute façon une fin à poursuivre, mais il faudra trouver autre chose à court terme : des sessions communes entre les divers cours, par exemple – mais cela sera déjà difficile parce que cela suppose des enseignants à la fois bien disposés et disponibles en même temps… - Vous reprochez aux religions de réinvestir les consciences et l’espace public. Bien sûr qu’elles le font – et elles en ont pleinement le droit, pour autant qu’elles respectent les fondements de nos sociétés et, notamment, renoncent à imposer leurs vues. A la RTBF, Philippe Walkowiak vient d’accuser Mgr Léonard de ne pas respecter la démocratie parce qu’il demande à voir rediscuter la législation sur l’avortement : mais tout citoyen a le droit de critiquer les lois existantes, et cela se fait constamment : comment sinon les législations évolueraient-elles ?! Refuser ce droit de critique, c’est tout bonnement refuser l’accès au débat citoyen, donc à la démocratie ! Je ne suis pas d’accord avec Mgr Léonard, mais il a le droit de dire ce qu’il pense : il jouit lui aussi de la liberté d’expression, et l’État laïque a le devoir, non seulement de la respecter mais de la protéger ! Voilà : j’ai été plus long que je ne pensais au départ…
Encore merci et bien à vous, Paul LOWENTHAL Beau-Frene 4 B - 1315 Pietrebais 010 84 50 17 http://lowenthal.webnode.com
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 13:51
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Un des pilers du Darwinisme est que le hasard est a l’oeuvre, et seulement le hasard. Admettre qu’il y ait quelque autre influence externe serait ouvrir la porte a l’eventualite d’une intervention surnaturelle. Les forces a l’oeuvre ne doivent etre donc que purs mecanismes, forces physiques aveugles, conformes aux lois de la Nature. Par chance, par hasard, c’est ainsi que notre monde serait venu a exister, et que notre espece apparut sur Terre. Hasard et Naturalisme sont les supremes et inalterables artIcles de Foi des theories evolutionnistes. Quiconque tente de demontrer le contraire est aussitot accuse d’etre non-scientifique et dogmatique. Le hasard et le naturalisme sont defendus becs et ongles avec la ferveur d’un fanatisme religieux par les apotres de l’evolution contre ceux qui s’y opposent.

-L’abiogenese

L’abiogenese est le developpement spontane d’une cellule a partir de la matiere inerte. C’est ce que l’on peut nommer le Mt Everest de la theorie de l’evolution. Si ce sommet peut etre conquis alors cela est vrai pour tous les autres sommets a conquerir.

Une cellule, meme la plus simple comme l’organisme unicellulaire d’une bacterie est en fait une structure extraordinairement complexe. Les plus petites de ces cellules pesent moins de 10¯¹² grammes mais chacune d’elles est en fait une veritable micro-usine contenant des milliers de pieces de machinerie moleculaire exquisitement agencees, faites d’une centaine de milliers d’atomes, bien plus complexe que toute machine creee par l’homme et sans egal dans le monde du non-vivant.

Quelles sont les probabilites pour la vie d’apparaitre par hasard et sans l’intervention et l’influence d’une intelligence externe?

  1. Les elements chimiques necessaires pour produire la vie sur Terre etaient disponibles et en grande quantite dans une sorte de “soupe prebiotique”. L’atmosphere devait etre sans oxygene pour que les acides amines et les nucleotides se forment- peut-etre par l’intervention de l’eclair.
  2. Les acides amines devaient etre purifies dans la forme “gauchere”
  3. Les acides amines devaient etre lies entre eux en chaine dans la sequence necessaire pour former une proteine actice
  4. Un  gene ADN correspondant devait etre synthetise avec le code necessaire pour produire la proteine
  5. Le processus de fabrication de la proteine devait etre mis en place avec tRNA, mRNA et les ribosomes pour que la proteine soit produite en quantite
  6. L’ADN polymerase, un enzyme aurait du etre disponible pour que le’ADN se forme
  7. Au moins 200 enzymes avec leur ADN correspondant et leur ARN correspondant et les systemes de fabrication auraient ete requis, tous fonctionnant ensemble

PROBABILITES :

selon les experts, elles vont de une sur 10²9+++ a une chance sur 10¹ººº ººº ººº ººº, ce qui revient a dire que les chances sont nulles.

On pourrait aisement s’arreter la, sachant que sans l’abiogenese, c’est tout l’edifice de la theorie evolutionniste qui s’ecroule. Que le processus s’opere en vingt-mille millions d’annees ou en vingt millions millions d’annees, cela revient au meme, les probabilites sont nulles. Il n’a simplement pas de possibilte qu’une matiere inerte devienne une cellule vivante. Et nous ne parlons ici que du commencement, de la cellule la plus primitive!

 

  1. Creation Vs Evolution, article écrit en réponse à Michel Thys
  2. Les preuves scientifiques confirment la théorie créationniste du Déluge
  3. Pourquoi je suis créationniste
  4. “Le grand mensonge” ou l’évolutionnisme dans tous ses états
  5. Apologétique et pré-évangélisation, comprendre notre époque

14 Responses to “La theorie de l’evolution ne repose sur aucun fait”

  1. Et si c’était réellement le hasard…la vie ne demande qu’à apparaître.

  2. Michel THYS says:

    L’Evolution est un fait flagrant pour celui qui n’est pas influencé par une croyance religieuse. Même Jean-Paul II a admis qu’elle était plus qu’une théorie. Mais il sera toujours impossible de démontrer scientifiquement sa réalité, à cause de sa complexité inimaginable et des bouleversements climatiques et géologiques qui ont eu lieu pendant des milliards d’années.
    Par contre, d’innombrables observations, toujours convergentes, confirment sa réalité, à commencer par le fait que tous les embryons des vertébrés se ressemblent au début de leur développement (présence d’une queue ou de branchies, par exemple, mais sans qu’il y ait pour autant « récapitulation ancestrale ».

    La probabilité que la vie ait pu apparaître “par hasard” n’apparaît comme étant très faible que parce qu’elle est estimée sur base de nos infinitésimales connaissances actuelles et de l’impossibilité d’imaginer le nombre infini d’adaptations et de mutations qui se sont succédées depuis l’apparition du premier organisme vivant.

  3. Finalement pouvez-vous m’en dire davantage pour me permettre de comprendre que la vie soit apparue autrement que par hasard. À vrai dire, il n’y a pas d’autre façon de l’expliquer que d’admettre que l’évolution s’est faite parce que des conditions favorables se sont présentées.

  4. Michel THYS says:

    @ Denis LAFORME.
    Nous sommes d’accord. Je pense aussi que “la vie ne demande qu’à apparaître” : du moins ses “précurseurs” que sont les différents acides aminés obtenus en fonction des matériaux en présence, lors des tentatives de reproduire en laboratoire les conditions initiales d’apparition de la vie.
    Il est hélas utopique d’espérer reproduire, en quelques décennies,et même siècles, les processus éminemment complexes qui se sont déroulés en des millions d’années.
    Mais ce n’est pas une raison, me semble-t-il, de préférer la solution simpliste de l’ intervention d’un dieu imaginaire, puisqu’aucun indice objectif ne la confirme par ailleurs.

  5. A. d'Orgel says:

    Certes le hasard est l’un des piliers de l’évolution mais si vous ne mentionnez que celui-là, l’édifice ne tient évidemment pas debout ! Il lui faut un deuxième pilier qui retient les combinaisons gagnantes et les reproduit. C’est ce qu’on appelle la sélection naturelle. Suspendez un sac de sable et percez-le d’un petit trou. Le sable va s’écouler au sol de façon aléatoire. Au bout d’un temps, pourtant, une structure conique parfaite va se former. Le hasard ne fait donc pas n’importe quoi comme vous semblez le croire.
    La complexité d’une simple bactérie vous fait affirmer qu’elle ne peut s’expliquer par l’évolution. En revanche la complexité pourtant bien plus improbable d’un créateur issu de rien ne semble pas vous dissuader d’y croire. Avouez que c’est curieux. Vous sortez une probabilité de l’ordre de 1/10^29 sans citer vos sources. Soit. Vous en concluez que “les chances sont nulles”, ce qui est faux. Il suffit d’un nombre de tirages suffisamment grand pour que cette possibilité devienne très probable. Par ailleurs, il serait intéressant d’interroger vos experts pour évaluer, avec les mêmes méthodes, la probabilité d’un être parfait qui éprouve en même temps le besoin de créer. D’un être infiniment bon qui laisse en même temps ses enfants se brûler à tous les feux de l’ignorance. D’un être éternel et omniscient qui se livre à l’expérience du temps.
    Ceci dit, je comprends que vous soyez créationniste. En reconnaissant que l’évolution est plus qu’une hypothèse, Jean-Paul II admet implicitement que la Genèse est une fable. Or l’échafaudage biblique, par son origine divine, ne peut-être faux, même partiellement, sans discréditer l’idée de Dieu même.
    Cordialement,
    A. d’Orgel

  6. Michel THYS says:

    Bonjour Monsieur d’Orgel,
    Bien que votre commentaire s’adresse à l’auteur de l’article, je me permets d’y répondre.
    L’Evolution n’est en effet pas comparable à un sac de sable troué ni à un édifice dont la stabilité exige au moins trois piliers.
    Je ne vois pas la nécessité de faire intervenir une “volonté” qui orienterait l’Evolution dans le sens d’un “progrès”, notion d’ailleurs anthropomorphique et donc suspecte d’être illusoire.
    En simplifiant énormément, vu la complexité des processus évolutifs, ne serait-ce pas la peur, ou plutôt le besoin de protection et de sécurisation qui a poussé les mammifères, dont les primates, à choisir le partenaire le plus fort, le mieux adapté à l’environnement ? N’avons-nous pas d’ailleurs appliqué, dans un autre but il est vrai, cette sélection, non plus naturelle mais volontaire, aux races canines et chevalines ? L’eugénisme humain d’Alexis CARREL et du nazisme ont, je l’espère, fait la preuve de leur aberration.

    En complément de ce que j’ai écrit à propos des embryons des vertébrés, je voudrais évoquer les “organes vestigiaux” devenus inutiles : les dents de sagesse, l’appendice pour la digestion de la cellulose, le coccyx et ses petits muscles pour l”équilibre dans les arbres, les poils en l’absence de vêtement, la caroncule lacrymale, vestige de la 3e paupière des chats par exemple. Il faut être croyant et créationniste, comme SCADDING, pour estimer que “ces organes vestigiaux ne sont pas une preuve de l’Evolution”, sous prétexte “qu’ il est impossible d’identifier sans ambiguïté les structures inutiles et que la structure de l’argumentation utilisée n’est pas valable scientifiquement”. L’utilité très partielle de certains de ces organes, qui sert d’argument aux créationnistes, (par exemple quelques immunoglobines secrétées par l’appendice) résulte a priori d’une adaptation dans le sens d’une nouvelle fonction partielle, ce qui n’est pas étonnant en quelques centaines de millions d’années.

    Le hasard n’est pas totalement aléatoire. Ilme semble d’abord dépendant de l’environnement et des changements de comportement qui en résultent. Si l’environnement ne change pas, (cf les tortues, les crocodiles, ….), il n’y a pas d’évolution.
    Cordialement,
    Michel THYS
    Michel THYS´s last blog ..L’étude du CNRS sur l’évolutionnisme et le créationnisme. My ComLuv Profile

  7. avraidire says:

    http://www.avraidire.eu/2010/01/quel-age-a-vraiment-la-terre/

    Un début de réponse. Le sujet est si vaste qu’il nous faudra de nombreux articles pour le couvrir.

  8. Roouul says:

    S’il n’y avait que le hasard pour motiver le darwinisme, celui-ci permettrait de prédire l’apparition ET LA SURVIE d’espèces inadaptées à leur environnement.

  9. curebien says:

    La probabilité qu’un boeing se forme sans défaut dans mon salon après le passage d’un ouragan est identique à la réalité de la théorie de l’évolution de Darwin.

  10. stephanzr says:

    Michel Thys a écrit:

    “il sera toujours impossible de démontrer scientifiquement sa réalité…
    Par contre, d’innombrables observations, toujours convergentes, confirment sa réalité…”

    Stupéfiant:

    tu confesses que la théorie de l’évolution sort du cadre scientifique (puisque celui-ci c’est quand même de démontrer par la science ce qu’on avance”).

    Et pire tu essaies d’occulter le fait que ta croyance est une croyance! Lorsque tu dis que “sa réalité est confirmée par d’innombrables observations” il faut comprendre:

    “les observations me poussent à croire en la théorie de l’évolution.”

    ————
    Une autre question M. Thys: tu fais le tour des blogs pour faire du prosélytisme évolutionniste ou c’est anecdotique?

    Je me le demande car j’ai déjà pu te lire sur http://actu-chretienne.blogdirigeant.com/ à propos du même sujet…
    stephanzr´s last blog ..Les Chrétiens D\’Aujourd\’hui My ComLuv Profile

  11. Michel THYS says:

    Bonjour Stéphanezr,

    La théorie de l’Evolution sort en effet du cadre des sciences EXACTES, où l’on peut renouveler les observations et reproduire les expériences. C’est impossible dans le cas, par exemple des sciences humaines ou de la paléontologie ou de la paléoembryologie où les observations seront toujours partielles et impossibles à reproduire.

    La science n’a pas pour but de “démontrer” une thèse, mais de rassembler des faits d’observation qui visent au contraire à réfuter les hypothèses précédentes. Un élément nouveau pouvant théoriquement toujours survenir, même s’il est très improbable, il n’y a pas de “vérité” ni de “certitude’ en sciences.

    Dans le cas de l’Evolution, j’attends vainement un tel élément, concret et non imaginaire, s’entend.
    J’exclus en effet des “arguments” créationnistes basés sur des notions anthropomorphiques et subjectives telles que celles de progrès, d’harmonie de la nature ou de l’univers.

    Ayant eu jadis une expérience religieuse (protestante), j’estime que mon apostasie vers l’athéisme a été le fruit d’une réflexion rationnelle,lorsqu’ayant pris connaissance des observations relatives à l’origine psychologique de la foi et à sa persistance neuronale, j’en ai conclu qu’elle était subjective et donc illusoire. Une croyance implique au contraire un assentiment affectif.

    Je vous “confesse” cependant qu’il faut passer par une “catharsis”, une libération affective par rapport au respect de “Dieu” inculqué dès l’enfance (“Dieu sait tout, voit tout, entend tout”). Il faut oser pouvoir lui dire ” Dieu, si tu existes, j’ai “un oeuf à peler avec toi”, qui permets la mort d’enfants et tant d’atrocités !”.

    Si j’ai écrit “Les observations me poussent à “croire” à la théorie de l’évolution”, j’ai utilisé ce verbe dans le sens courant de “estimer que”.
    Je reçois en effet, via Google Alert, beaucoup d’articles sur les sujets qui m’intéressent, dont celui-ci. Non pas pour faire du “prosélytisme évolutionniste”, mais parce que j’estime devoir réagir à des “arguments” créationnistes qui me paraissent inspirés par la croyance religieuse plutôt que par la raison ou la science.

    Une autre raison de mes commentaires sur divers blogs, c’est que l’absence des medias vers 1960 permettait aux religieux et aux enseignants d’occulter totalement l’existence de la libre pensée, du rationalisme, de la franc-maçonnerie adogmatique, etc …, et donc des options non aliénantes telles que l’agnosticisme, l’incroyance ou l’athéisme.

    Bien à vous.
    Michel THYSC’est en souvenir de cette malhonnêteté intellectuelle que je souhaite contribuer modestement à faire découvrir de nouveaux horizons à des croyants qui cherchent à s’affranchir d’une foi qui leur fait plus de tort que de bien. Je ne cherche pas à avoir raison ou à convaincre : on ne peut se convaincre que soi-même, le cas échéant. Et tant mieux si un croyant est heureux de l’être. Je suppose que s’il accepte de lire la prose d’un athée, c’est parce que sa foi ne risque pas d’être ébranlée par des arguments rationnels ou scientifiques. Et pour cause : la foi se vit et ne se démnontre pas. Elle émane du cerveau émotionnel et non du cerveau rationnel, même si elle est souvent rationalisée a posteriori, pour être “intellectuellement acceptable”.
    Il y a sans doute aussi le besoin des chrétiens, notamment, de vouloir “répandre la bonne nouvelle”. C’est leur droit, bien que je réprouve tout prosélytisme, étant partisan d’une information pluraliste.

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 21:24

Pour une neutralité  EFFECTIVE.

 

En Belgique, où le principe de la laïcité politique séparant les religions de l’Etat n’est toujours pas inscrit dans la Constitution, la neutralité est plus symbolique qu’effective. Elle est en effet synonyme soit d’indifférence, soit de laxisme électoraliste, soit d’hypocrisie.

Or une saine conception de la neutralité, du moins à mes yeux, devrait consister non seulement à ne favoriser aucune conviction philosophique ou religieuse, mais à permettre aux jeunes de choisir l’une d’elles, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible.

 

Ce n’est évidemment possible qu’à la condition d’organiser enfin un système éducatif pluraliste proposant à tous les jeunes une information minimale, adaptée à l’entendement de chaque âge, objective et non prosélyte. Cela leur ferait découvrir :

d’une part, les différentes options religieuses, et ce que toutes les religions ont un commun, à des degrés divers : la soumission à un dieu et à un livre « sacré »,

ET d’autre part, les différentes options laïques que sont l’agnosticisme, l’incroyance et l’athéisme, et ce qu’elles ont toutes en commun : le libre examen, l’esprit critique à tous égards, la liberté de pensée, l’autonomie de la conscience, la liberté individuelle, l’acceptation de la différence enrichissante de l’autre, en bref, l’humanisme laïque, la morale laïque, la spiritualité laïque, évidemment occultés dans l’enseignement confessionnel.

 

Un tel enseignement pluraliste compenserait l’influence affective des parents, certes sincère et légitime, mais unilatérale, qu’ils soient croyants ou non. Il réduirait aussi l’influence des inégalités intellectuelles inhérentes aux différences de niveau socioculturel.

 

L’intérêt supérieur de l’enfant étant prioritaire par rapport aux droits traditionnels des parents, l’enseignement officiel et l’enseignement confessionnel devraient évidemment fusionner à plus ou moins brève échéance. En effet, malgré la récupération apparente de quelques valeurs laïques, ce dernier reste en effet fidèle à son projet éducatif visant à conserver une mainmise sur les consciences. Il reste fondamentalement élitiste, inégalitaire, communautariste, prosélyte, et donc obsolète et inadapté à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions.

 

Afin d’éviter le risque d’un « nivellement par le bas », un accompagnement individuel et gratuit des élèves en difficulté devrait être prévu.

La formation des enseignants, et un « recyclage » devraient également être prévus, afin qu’ils n’influencent pas leurs élèves par leurs propres convictions, mais qu’ils les amènent à choisir les leurs, en connaissance de cause et aussi librement que possible.

 

Michel THYS

http://michel.thys.over-blog.org

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 21:17
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Samizdat

Échanges sur la question des origines:
l'athée et l'anthropologue.





Il s'agit d'un échange de courriels au sujet de la question des origines, le débat Création - Évolution qui a commencé en déc 2009. Ils ont pris des tangentes intéressantes et ont touché des questions aussi diverses que l'influence des Lumières, les conséquences sociales de l'évolution au 20e siècle, la définition de la religion, le développement d'un système éthique cohérent dans un contexte matérialiste et la montée de l'islam dans l'Europe laïque. Au cinquième échange, les deux parties ont abordé le cours d'Éthique et culture religieuse ainsi que le rôle des parents et de l'État dans l'éducation des enfants. Est-ce que l'avis d'un franc-maçon sur cette question diffère de celui du gouvernement?

À la 6e round, il est question du déterminisme idéologique des croyances. M. Thys affirme que les croyances religieuses sont déterminées par le milieu familial et des trucs neuronaux. Mais est-ce cohérent? Est-ce que les croyances des athées sont également déterminées par le milieu familial et des trucs neuronaux?

Ces échanges ont eu lieu entre m. Michel Thys, athée et "franc-maçon adogmatique" selon ses propres propos, et Paul Gosselin, anthropologue, auteur et créationniste impénitent. Le premier contact est l'initiative de m. Thys. Tandis que progresse l'échange, il faut prendre conscience que chaque partie cite et re-cite les commentaires précédents de l'autre partie. Les courriels deviennent plus longs et il faut lire avec un peu d'attention. On a tenté de rendre les choses aussi claires que possible, mais comme on le constatera, le formatage des messages n'est pas toujours uniforme tout au long de l'échange. Les échanges sont présentés dans l'ordre chronologique.

 


Premier contact: Michel Thys (12/12/2009)

Première réponse: Paul Gosselin (14/12/09)


Deuxième contact
: Michel Thys (15/12/2009)

Deuxième réponse: Paul Gosselin (14/12/09)


Troisième contact: Michel Thys (15/12/2009)

Troisième réponse: Paul Gosselin (8/1/2010)


Quatrième contact: Michel Thys (11/01/2010)

Quatrième réponse: Paul Gosselin (15/1/2010)


Cinquième contact: Michel Thys (16/01/2010)

Cinquième réponse: Paul Gosselin (20/1/2010)


Sixième contact: Michel Thys (21/01/2010)

Sixième réponse: Paul Gosselin (27/1/2010)


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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:41

Références bibliographiques.

 

Mes hypothèses explicatives quant à l’origine psychologique et éducative de la foi, ainsi que sa fréquente persistance neuronale sont le résultat de nombreuses lectures. Notamment :

 

Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966.

      ancien professeur à l’Université catholique de Louvain.1966.

Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D

            « Religion et développement humain »,. 2001.

- Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003  Agnès Viénot 2003.

Jean-Didier VINCENT : « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » Odile Jacob 2007.

V.S. RAMACHANDRAN «  Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.

Jean-Pierre CHANGEUX  « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994

Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».

Antonio DAMASIO «  L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison’.

Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens »

Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain »

Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.

Paul d. Mac LEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.

Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994.

John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.

Francis CRICK « Une vie à découvrir »

Via internet : « Le cerveau à tous les niveaux ».

 

Etc …

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 11:28

Je ne puis m’empêcher de commenter le sondage du journal LE SOIR de ce 23 janvier sur la chute libre de la pratique religieuse : « 12 % seulement des 60 % des Belges qui se disent catholiques (de naissance) sont pratiquants ».(…) Un phénomène de laïcisation qui traverse les trois régions du pays, mais qui se manifeste davantage à Bruxelles et en Flandre qu’en Wallonie, ces cinq dernières années. Fait nouveau et sans précédent, en région bruxelloise : ceux qui ne se considèrent « d’aucune religion » (38 %) y sont à présent presque aussi nombreux que les catholiques déclarés  ».Selon l’abbé Eric de BEUKELAERE, il n’y a plus qu’ «  1 % des sondés qui affirment toujours suivre les recommandations du Pape ».

 

Le jésuite (assez ouvert et progressiste) Charles DELHEZ écrit que «14 % de catholiques pratiquants, ce n’est pas banal » et que «  la liberté de conscience a non seulement été reconnue par le Concile Vatican II, mais elle est aussi entrée dans les mœurs, et heureusement ». Certes, l’Eglise a récupéré certaines valeurs laïques incontournables, telles que l’ouverture à la différence de l’autre, mais en fait, depuis Jean-Paul II superstar et le dogmatissime Benoît XVI, on assiste, en réaction à la laïcisation croissante, à des tentatives hypocrites ou flagrantes de réinvestissement des consciences, de reconfessionnalisation de l’espace public et de recléricalisation politique.

 

Pour Liliane VOYE, sociologue des religions, le catholicisme fait quasiment figure de religion d’Etat. Au vu de ce sondage, il serait grand temps de réduire drastiquement les subsides exorbitants du culte catholique !

 

Philippe GROLLET, ancien président du Centre d’Action Laïque écrit :« Les croyants deviennent de plus en plus critiques, (…) l’offre religieuse est multiple. Ce qui induit l’essor d’un grand relativisme ».

Au-delà des raisons qu’il cite (refus d’un Dieu créateur et protecteur, du rejet des femmes et des homosexuels, du pouvoir papal, …), il y a surtout l’incitation à la SOUMISSION à un dieu et à un texte « sacré », quels qu’ils soient d’ailleurs. A mon sens, c’est une insulte à l’intelligence, puisqu’à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, du moins sous nos latitudes, on évolue irrémédiablement vers l’autonomie, la responsabilité individuelle, la liberté de pensée, …

 

L’abbé Eric de BEUKELAERE relève qu’ « un sondé « sans religion » sur trois croit en un certain Dieu  et en une forme de « vie après la mort » ».(…) La soif de spiritualité est grande ». Mais la religion n’a pas l’exclusivité de la spiritualité ! Philippe GROLLET a donc raison d’insister sur l’essor d’une « spiritualité sans dieu(x), une spiritualité matérialiste …Le simple fait de considérer qu’il y a quelque chose de plus important, dans ce monde,  que sa petite personne  relève déjà d’une transcendance. Une transcendance « horizontale », comme le désignent certains philosophes, c’est-à-dire la conviction selon laquelle ce qui est « au-dessus » de l’homme n’est pas au-dessus de l’humanité, mais est en fait cette humanité. C’est pour moi un constat bouleversant : pour la première fois dans l’histoire, nos sociétés sont gagnées par cet agnosticisme de masse ».

J’ajouterais cependant qu’il y a des agnostiques à tendance athée, mais d’autres à tendance déiste ou théiste.

Quoi qu’il en soit, il fallait rappeler la nécessité de prôner la découverte et la promotion de la spiritualité laïque, actuellement occultée, en vue de donner un sens moins individualiste à l’existence, comme alternative à la spiritualité religieuse. J’ajouterais aussi la promotion de l’humanisme laïque, qui n’est pas antireligieux mais favorable, idéalement, à un système éducatif pluraliste qui proposerait une information minimale, intellectuelle, progressive, objective et non prosélyte, à la fois sur le fait religieux ET sur le fait laïque.

La liberté constitutionnelle de conscience et de religion deviendrait alors plus effective que symbolique.

 

« Plus d’1/3 des 31 % d’incroyants croient en l’être supérieur ».

A mes yeux, ils sont donc déistes, puisqu’ils refusent seulement de nommer cet « être supérieur ».

 

En 2010, il n’y a plus que 53 % de parents (contre 66 % en 2005) qui ont, ou vont, éduquer leurs enfants dans leur religion. Leurs raisons (notamment l’éventuelle différence de niveau culturel moyen des parents) ne sont pas évoquées pour tenter d’expliquer que 40 % des enfants dans le primaire et 60 % dans le secondaire, sont encore inscrits dans l’enseignement confessionnel !

Le fait qu’il y ait de plus en plus de « catholiques sociologiques » qui doutent au point de renoncer à transmettre leur foi, (…) de ne plus vouloir imposer leur foi à leurs enfants » témoigne à mes yeux qu’ils prennent de plus en plus conscience, leur expérience aidant, que l’éducation religieuse laisse des traces souvent indélébiles dans le cerveau émotionnel des enfants, ce qui risque d’hypothéquer leur esprit critique et leur libre arbitre ultérieurs.

 

Le prochain sondage du SOIR devrait d’ailleurs, selon moi, mesurer l’impact qu’aurait sur la croyance le fait de prendre conscience de l’origine psychologique de la foi, et des observations neuro-physio-génético-éducatives qui tendent à expliquer sa fréquente persistance neuronale. Certes, les neurosciences ne visent pas à démontrer l’inexistence de Dieu, mais elles me paraissent susceptibles de relativiser la part de liberté individuelle au point d’inciter à conclure à son existence subjective, imaginaire et illusoire. Ce qui n’enlèvera évidemment rien au droit élémentaire de croire, d’autant plus légitime et respectable que cette option aura été choisie en connaissance de cause plutôt qu’imposée.

 

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 21:25
La remarquable étude du CNRS à propos de l'évolutionnisme et du créationnisme

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap1/lecointreInter.html, aussi complète soit-elle, n’aborde pas la question de savoir pourquoi les créationnistes sont manifestement imperméables à toute argumentation rationnelle et scientifique.

Il est vrai qu’à notre échelle moins que centenaire, il est difficile, et même quasi impossible, de se représenter une durée aussi longue que des millions d’années et donc le temps qu’il a fallu pour que la vie apparaisse à la suite de la chute d’un météorite, qu’elle se diversifie et quelle évolue, par adaptations et mutations successives et aléatoires jusqu’à l’être humain.

A fortiori, on peut comprendre que les prodigieuses capacités du cerveau humain paraissent inconcevables à certains sans l’intervention (ex nihilo , ? !) d’un « grand architecte » anthropomorphique et « créateur de l’homme à « Son » image ».

 

La croyance créationniste, comme réponse immédiate et sécurisante à l’incertitude et aux lacunes actuelles des sciences, est d’autant plus compréhensible que, comme l’a dit avec raison, le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF, :

« S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! ». En effet, après l’âge d’environ 25 ans environ, il devient rare, voire impossible, d’encore parvenir à remettre en question ses options fondamentales, sans doute pour ne pas se déstabiliser, ou alors par orgueil. Certes « la science est tout simplement non intentionnée. Pour autant, elle n’est peut-être pas dénuée de conséquences vis-à-vis de la philosophie ».

En effet, les observations des neurosciences, en particulier, loin de chercher à prouver l’inexistence de dieu, tendent néanmoins, me semble-t-il, à prouver son existence imaginaire et illusoire.

 

Il ne faut évidemment rien attendre, si ce n’est a contrario, de certains pseudo scientifiques canadiens, largement financés par la Fondation Templeton, pour qu’ils parviennent à prouver scientifiquement l’existence de dieu !. C’est ainsi que, pour conforter sa propre croyance, Mario BEAUREGARD notamment, a sérieusement cherché dans le lobe temporal droit  l’antenne, le récepteur que dieu y aurait placé pour recevoir sa « Révélation »   . !  Non seulement il a dû reconnaître qu'il n'y en a pas, puisque tout le cerveau est concerné par l’attitude religieuse, mais il occulte totalement l'influence éducative et culturelle de l’éducation religieuse. Et pour cause puisqu’ il en a lui-même été une victime (inconsciente) ...

 

Est-il possible d’émettre des hypothèses explicatives, fussent-elles définitivement très partielles, sur l’origine et la fréquente persistance de la foi, même chez des scientifiques, par ailleurs souvent éminents ? Il n’est bien sûr pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs. Mais cette nouvelle approche permet déjà, à mes yeux, de relativiser la part de  liberté individuelle.

Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT : " (...) Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté  !  ». Finalement, ce qui importe, ce n’est pas tant CE que l’on pense, mais POURQUOI on le pense.

 

C'est un fait d’observation sociologique : statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel, unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante et qu’il incite, à des degrés divers, à la soumission à une Vérité exclusive et dès lors intolérante.  L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 %.

 

La soumission religieuse s’explique : comme l’avait déjà compris Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si  l’évolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … !).

 

Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend. Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme. Ce nouveau mécanisme de défense, animiste du temps des premiers hominidés, n’est apparu que grâce à la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain, à imaginer , grâce au langage et par anthropomorphisme, un « Père protecteur, substitutif et agrandi » , fût-il de nos jours qualifié rationnellement de « Présence Opérante du Tout-Autre »,(A. Vergote).

 

Comme on pouvait le prévoir, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …

L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

 

On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Bien que les religions, et a fortiori leurs dérives (guerres religieuses, inégalité des femmes, excisions, …) soient plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, il va de soi que la foi restera toujours un droit élémentaire, mais d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée.

 

Michel THYS à Waterloo.  michelthys@base.be     http://michel.thys.over-blog.org

 

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:45
J'ai omis d'écrire que j'ai évidemment envoyé ce courriel "pro forma" à la Ministre SIMONET !
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:31
Bien que socialiste, j'ai envoyé le 22.09.09 un mail à Antoinnette SPAAK pour la féliciter de son intervention à la télé, ainsi qu'un autre à Elio DI RUPO et à quatre autres responsables politiques.

Evidemment sans espoir de réponse et donc pour la forme ...


Lors de la manif. de samedi, j'ai causé avec Chemsi Chereff Khan, mais apparemment, je n'y ai vu aucun autre membre du C.A.L. (qui a quand même le mérite d'avoir reconnu s'être trompé, même si ce revirement ne fait pas l'unanimité en son sein).

 

A la suite de l'installation des "Assises de l'Interculturalité" le 21 septembre, voici ce que j'ai écrit à Elio DI RUPO, Joëlle MILQUET, Jean-Michel JAVAUX et Edouard DELRUELLE.

 

 

Puis-je modestement vous suggérer quelques pistes de réflexion ?

 

1. Les rencontres interculturelles, les bonnes intentions, comme il y a cinq ans et le 21 septembre, mêmes répétées, sont symboliques et ne feront pas disparaître le communautarisme. Je crains qu’un vrai dialogue interculturel ne soit pas possible avant au moins une ou deux générations, et encore, à condition qu’il soit initié dès le plus jeune âge, lorsque les enfants n’attachent aucune importance aux différences, quelles qu’elles soient.

 

2. Hélas, à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, notre système éducatif continue à subsidier deux réseaux, favorise le communautarisme et est donc devenu obsolète. Certes, il s’appuie sur la liberté constitutionnelle d’enseignement, mais en fait, le respect des libertés constitutionnelles de conscience, de pensée et de religion est plus symbolique qu’effectif …

L’éducation coranique en témoigne hélas plus que toute autre : la Déclaration des Droits Humains de 1948 est bafouée («  Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (…) » !

 

3. Les exigences inspirées par la charia se multiplient du fait que l'Etat et certains politiciens opportunistes témoignent d'une conception laxiste de la neutralité et de la "tolérance", ce qui favorise indirectement les religions et le communautarisme. Le principe de laïcité politique, condition sine qua non de la coexistence pacifique entre les religions, ainsi qu’entre croyants et incroyants, n’est toujours pas inscrit dans la Constitution !

 

 4. Même si l’enseignement confessionnel, majoritaire à 60 % dans le secondaire, a récupéré certaines valeurs laïques, il maintient son projet éducatif unilatéral, il reste élitiste et inégalitaire, il favorise le repli identitaire, le communautarisme, et il est donc obsolète. Dans un souci de neutralité et de qualité, après cinquante ans de « pacte » scolaire », n’est-il pas grand temps qu’il fusionne avec l’enseignement officiel, à tous les niveaux (et d’ailleurs pour d’évidentes raisons économiques) ?

 

5. Dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école - enfin devenue pluraliste - devrait compenser l’influence affective et marquante des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, et confortée par celle d’un milieu croyant exclusif, en proposant à tous une double information minimale, progressive, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d'histoire ou de philosophie, sur le « fait religieux » (les différentes religions, ce qu’elles ont en commun), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (la laïcité philosophique -qui n’est pas antireligieuse-, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs universalisables puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité humaine, l’ouverture et l’acceptation de la différence enrichissante de l’autre,.etc …

 

6. Cela permettrait enfin à chacun de choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses, d’améliorer l’adaptation des jeunes à la modernité et de tendre ainsi vers un meilleur « vivre ensemble » et vers une citoyenneté responsable.

 

Vivement un débat tous azimuts à ce sujet, et enfin des ACTES !

 

Michel THYS à Waterloo.


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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:25

 

Bonjour Madame Le Bars,

 

Merci de permettre à des non abonnés au Monde de faire un commentaire.

C’est rare !

La mission d’information d’André GERIN sera, je l’espère le catalyseur qui fera progresser les rapports tendus entre la laïcité et les religions.

Je pense que les islamistes ont une stratégie bien réfléchie : par des provocations telles que la burka, et du fait que l’on interdit le voile à l’école, ils veulent amener les pays démocratiques à autoriser la création de plus en plus d' écoles coraniques subsidiées ...

 

L’apparition de la burka chez nous est une conséquence logique des nombreuses concessions au respect de prescrits religieux (piscines et menus séparés, refus d’un médecin masculin, etc ..), et donc d’une conception laxiste de la tolérance, souvent par opportunisme électoral. Les fondamentalistes profitent de la « tolérance » laïque…Toutes les religions, en perte de vitesse, réagissent d’ailleurs par des tentatives de reconfessionnalisation des consciences et de recléricalisme de l’espace public.

 

Vous écrivez in fine : « Les discussions en cours montrent qu'un amalgame se dessine entre la burqa et le foulard islamique ».

Plutôt que d’un amalgame, c’est d’un point commun que je parlerais : ils ne diffèrent, à mes yeux, que par une différence de degré dans la soumission.

Les musulmanes de chez nous, quoi qu’elles en disent, portent-elles la burqa (et même le voile islamique) "en toute liberté" ou sont-elles contraintes de se soumettre au coran, aux traditions et au pouvoir patriarcal, tous deux fondamentalistes ?

Ont-elles eu la possibilité de changer de religion, ou de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ’(...)". Il est évident que non …

Préférer la soumission à l’émancipation est évidemment un droit, mais il ne me paraît acceptable que si cette option a été prise en connaissance de cause, et librement.

 

La soumission, en particulier celle des musulman(e)s s’explique.

Les observations psycho-neuro-physio-génético-éducatives  confirment que la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, puis confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral, puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.

 

C’est un fait d’observation sociologique : en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas, et la religiosité à l’âge adulte en dépend  … L’IRM fonctionnelle tend à confirmer que cette éducation laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, puis dans le cerveau rationnel. L’esprit critique et le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Les musulman(e)s , en France, ne connaissent que la laïcité « politique » exprimée par la loi de 1905 : la séparation de l’Etat et des religions, condition sine qua non de la coexistence pacifique entre les religions, et entre croyants et incroyants.

Hélas, ils n’ont pas compris que la laïcité (philosophique), ce n'est pas seulement "la liberté absolue offerte à toutes les religions ou philosophies de s'exprimer". C'est aussi offrir à tous la possibilité de faire un choix entre ces diverses options.

Car, à mes yeux, la liberté n'a pas de sens en l'absence d'alternatives.

La libre expression a d’ailleurs des limites : ne sont pas acceptables des idéologies qui ne respectent pas les valeurs universelles, ou plutôt universalisables, puisque bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant, ou encore la liberté de pensée.

 

Or la burka symbolise l’asservissement de la femme. Elle doit donc être légalement interdite, de même que le voile à l’école en Belgique francophone, car c’est un symbole de soumission religieuse. Or la religion n’a (plus) rien faire à l’école, dont le but est d’émanciper par l’instruction et de préparer à une citoyenneté responsable.

 

Certes, interdire n’est jamais la meilleure solution. Mais face aux exigences croissantes inspirées par la charia, et à la soumission qu’elle impose, les beaux principes et la « vigilance » laïques ne suffisent plus : il devient nécessaire de légiférer, et surtout de repenser notre système éducatif, tant en Belgique qu’en France.

 

Hélas, à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, le système éducatif à deux réseaux favorise le communautarisme. Certes, il s’appuie sur la liberté constitutionnelle d’enseignement, mais en amont, le respect des libertés constitutionnelles de conscience, de pensée et de religion est à mon avis plus symbolique qu’effectif …

 

Certes, pour s’adapter à l’évolution des mentalités, l’enseignement confessionnel

a mis un bémol à son dogmatisme, et il a récupéré certaines valeurs laïques, mais il  n’a pas renoncé pour autant à maintenir sa mainmise sur les consciences ... Son « projet éducatif » est toujours actuel : il reste élitiste et inégalitaire, il favorise le repli identitaire, le communautarisme, et il est donc obsolète à mes yeux.

Dès lors, dans un souci de neutralité bien comprise, en France comme en Belgique après cinquante ans de « pacte » scolaire », il serait grand temps que l’enseignement confessionnel fusionne avec l’enseignement officiel, à tous les niveaux (et d’ailleurs pour d’évidentes raisons économiques).

 

Dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école - enfin devenue pluraliste – compenserait alors l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, par une DOUBLE  information minimale, progressive, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d'histoire ou de philosophie, sur le « fait religieux » (les différentes religions et ce qu’elles ont en commun), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, la franc-maçonnerie adogmatique, etc …, actuellement occultés).

 

Afin d’éviter tout « nivellement par le bas », il va de soi que, dans cette optique, une aide spécifique devrait être apportée aussi bien aux élèves non favorisés qu’aux surdoués. Cela permettrait enfin à chacun de choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses, d’améliorer l’adaptation des jeunes à la modernité et de tendre ainsi vers un meilleur « vivre ensemble » et vers une citoyenneté responsable.

Vivement un débat tous azimuts à ce sujet, et enfin des ACTES !

Mais en France, il faudra attendre l’après SARKOZY …

 

Michel THYS à Waterloo.

michelthys@base.be

http://michel.thys.over-blog.org

 

 

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