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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 16:59

 

 

Pourquoiles créationnistes ou partisans du "dessein intelligent » le sont-ils ?

Ont-ils vraiment choisi de l’être ?

Pourquoi sont-ils manifestement imperméables à toute argumentation rationnelle et scientifique et ne changent-ils jamais d’avis ?

Pourquoi des scientifiques croyants, ne pouvant plus contester le fait de l’Evolution, tentent-ils de faire du « dessein intelligent » une « théorie scientifique" digne d'être enseignée au même titre que la théorie (et même le fait d'observation) de l’Evolution, alors qu’il s’agit d’une croyance ?

Pourquoi veulent-ils à tout prix, souvent jusqu'à la « mauvaise foi », tenter de concilier la foi et la raison, le subjectif et l'objectif, la religion et la science ?

 

Je propose quelques hypothèses explicatives. Notamment :

- parce que la plupart des humains supportent mal les incertitudes métaphysiques imaginaires et qu’ils ont besoin d’explications immédiates et sécurisantes.

- parce que la notion de commencement, et donc de création, est anthropomorphique et sécurisante.

- parce qu’il est difficile, à notre échelle moins que centenaire, de se représenter l'influence que des centaines de millions d'années d'environnements différents a eue sur l' Evolution, ce qui explique pourtant la complexification aléatoire du vivant et la variétés des espèces.

- parce que, comme l’a dit le Pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF :

« S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! » … ( donc aussi Dieu, etc. !).

- mais sans doute aussi et surtout à cause des influences éducatives inconscientes, même chez des scientifiques par ailleurs éminents.

 

En effet, par orgueil et méconnaissance des « mécanismes » cérébraux, ils ne semblent pas avoir envisagé un seul instant – orgueil oblige - que leur éducation religieuse et leur milieu croyant unilatéral aient pu laisser des traces indélébiles dans leur cerveau émotionnel, au point d’influencer leur cerveau rationnel et d’anesthésier leur esprit critique, indépendamment de leur intelligence et de leur intellect, dès qu’il est question de religion.

 

Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT : " (...) Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté ! ».

 

C'est, me semble-t-il, un fait d’observation sociologique : statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, puis confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante et qu’il incite, à des degrés divers, à la soumission à une « Vérité » exclusive et dès lors intolérante et communautariste. L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % … La « vérité » ne devrait pourtant être que personnelle, partielle et donc provisoire ...

 

La soumission religieuse s’explique : après Desmond MORRIS qui l’avait pressenti en 1968, dans « Le Singe Nu » (dominant / dominé), Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’Evolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … !).

 

Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend. Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme. Ce nouveau mécanisme de défense, animiste du temps des premiers hominidés, puis polythéiste, n’est apparu que grâce à la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain, hypertrophié, d'imaginer, grâce à la bipédie, au langage et par anthropomorphisme, un « Père protecteur, substitutif et agrandi », fût-il de nos jours qualifié, par rationalisation a posteriori, de « Présence Opérante du Tout-Autre »(A. Vergote).

 

Des neurophysiologistes ont par ailleurs constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire cognitive) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, par la répétition d'expériences religieuses, se renforcent par « plasticité synaptique » et sont indélébiles …

L’ IRM fonctionnelle tend d'ailleurs à confirmer que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

 

On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale.

Pourtant, bien que les religions, et a fortiori leurs dérives (guerres religieuses, inégalité des femmes, excisions et autres indignités, …) soient plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, il va de soi que la croyance en l’existencesubjective de « Dieu », restera toujours un droit légitime, mais d’autant plus respectable qu’elle aura été le fruit de la réflexion et du libre examen, et donc choisie en connaissance d'alternatives laïques, plutôt qu’imposée précocement.

 

Puisse l’avenir favoriser l’avènement d’un système éducatif pluraliste, fondé sur un humanisme, non pas athée mais laïque car non prosélyte, qui permettrait à chacun de choisir aussi librement que possible de croire ou de ne pas croire.

 

Michel THYS à Waterloo. michel_thys@voo.be http://michel.thys.over-blog.org

 

Références bibliographiques.

 

- Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966,

ancien professeur à l’Université catholique de Louvain.1966.

- Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D

« Religion et développement humain »,. 2001.

- - Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.

- Jean-Didier VINCENT « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » O. Jacob 2007.

- V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.

- Jean-Pierre CHANGEUX « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994

- Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».

- Antonio DAMASIO « L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison’.

- Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens »

- Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain »

- Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.

- Paul D. Mac LEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.

- Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994.

- John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.

- Francis CRICK « Une vie à découvrir »

- Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ».

 

Etc.

 

Par mithys - Communauté : Laïcité philosophique
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Commentaires

Bonjour,
Le libre arbitre est une croyance, comment voulez-vous que l'univers ait fabriqué une chose aussi magique que le libre arbitre? Nous n'avons besoin pour vivre que de faire des choix pondérés dans le meilleur des cas et éventuellement de faire des choix aléatoires. Et mon ordinateur est capable de faire ces mêmes types de choix...
Commentaire n°1 posté par berlherm le 22/01/2011 à 09h48
Non, le libre-arbitre n'est pas une croyance. Il est l'une des virtualités résultant de l'évolution du cerveau, le néocortex n'étant apparu qu'il y a quelques centaines de milliers d'années. Le choix entre croyance et incroyance n'est pas aléatoire : il dépend de l'orientation de l'éducation.
Commentaire n°2 posté par Michel THYS le 22/01/2011 à 17h29
Je pense qu'il faut distinguer entre les créationnistes purs et durs (type "Genèse") et les partisan du dessein intelligent. Les premiers ne peuvent que refuser les données de la science (par exemple: les fossiles qui prouvent l'évolution ont été inventés par Dieu pour tromper les hommes!). Cette attitude n'est pas à prendre en considération. Même le pape catholique semble y avoir renoncé (mais voit-il toutes les conséquences de ce renoncement?).
Les partisans du dessein intelligent ont en revanche un argument qu'il faut pouvoir critiquer : comment expliquer en effet que l'évolution, partie d'une soupe de particules, ait pu créer, à travers les atomes et des molécules de plus en plus complexes, non seulement les cellules de la vie, mais un être aussi complexe et ordonné que l'être humain? Ils en concluent que le hasard ne suffit pas, car il a plutôt tendance à créer du désordre (loi de l'entropie). En quoi d'ailleurs, ils ont raison : Jacques Monod a bien montré qu'il s'agit de hasard ET de nécessité. Sans les lois physiques, chimiques et biochimiques qui assurent la réduplication, rien n'est possible. Mais il en serait de même sans le hasard qui les transgresse et assure le changement (d'où aussi le libre arbitre chez les vivants pourvus d'un cerveau élaboré). C'est la combinaison du hasard et de la nécessité qui est susceptible d'expliquer l'apparition d'organismes fermés de plus en plus compliqués (à l'intérieur desquels la loi de l'entropie est contredite). Il faut arriver à montrer que cette combinaison suffit (avec l'aide des contraintes d'adaptation), sans faire appel en outre à un dessein intelligent (par lequel tout aurait été programmé d'avance).
Si on peut faire cette démonstration (et je crois que c'est possible, voir le livre de Jacques Monod), on aura beau jeu ensuite d'évoquer tous les ratés de l'évolution, lesquels deviennent des horreurs dans notre monde humain, pour arguer que le dessein intelligent en question manquerait terriblement d'intelligence. Un ouvrier habile qui saurait ce qu'il veut ferait beaucoup moins de gâchis.
Commentaire n°3 posté par Luestan Théel le 03/02/2011 à 10h38
Merci, Luestan Théel, pour cet intéressant commentaire. Je pense aussi que c'est « la combinaison du hasard ET de la nécessité qui est susceptible d'expliquer l'apparition d'organismes fermés de plus en plus compliqués (à l'intérieur desquels la loi de l'entropie est contredite) ».
Comment « arriver à montrer que cette combinaison suffit (avec l'aide des contraintes d'adaptation), sans faire appel en outre à un dessein intelligent (par lequel tout aurait été programmé d'avance) » ?

Je propose trois réponses, qui sont complémentaires :
la science, dans l'état actuel de ses découvertes, commence à peine de comprendre les processus biochimiques (déjà cohérents et convergents) qui sont à l'origine de la vie et de son évolution. Comment les moins que centenaires que nous sommes, même avec notre néocortex hypertrophié (surtout celui des spécialistes !), pourraient-ils comprendre, en une ou deux générations, l' inimaginable complexification du vivant, depuis plus de 3 milliards d'années, lorsque des météorites ont déposé sur Terre les « éléments primordiaux » ?
le recours à un dieu créateur ou organisateur, tout comme la notion de « progrès », sont évidemment sécurisantes mais anthropomorphiques.
Le cerveau humain, comme celui de tous les mammifères, s'est adapté pour trouver des solutions en réponse aux dangers, pour préserver l'espèce. Mais c'est le seul qui soit devenu capable d'imaginer un dieu protecteur en réponse aux incertitudes. Hélas, cette faculté imaginative a aussi conduit à des « gâchis » tels que la bombe atomique et les armes chimiques ou bactériologiques susceptibles de détruire toute trace de vie sur Terre, ce qui démontre par l'absurde l'absence d'un plan élaboré par un « grand architecte », ou alors cela prouverait sa perversité (mais c'est de nouveau une notion anthropomorphique !).
Bien à vous,
Michel THYS
Commentaire n°4 posté par Michel THYS le 03/02/2011 à 19h04
Je vous remercie de vos réponses, et de vos divers articles, auxquels j'adhère en général. J'ai cependant un problème avec la notion de "progrès" que vous dites sécurisante et anthropomorphique.
J'observe en effet que la combinaison du hasard et de la nécessité a produit cet organisme d'une complexité inimaginable qu'est un être humain. Si on appelle progrès cette complexification progressive, ce n'est pas une notion anthropomorphique, pourvu qu'on admette que l'évolution n'est pas finie et que cet être sera remplacé par un être encore plus complexe et encore mieux adapté (avec cette nouveauté que l'être humain est devenu plus ou moins maître de son évolution, donc avec l'introduction du libre arbitre et du progrès moral).
Donc je ne crois pas à un anéantissement total, même si on peut craindre de très grandes catastrophes (je pense d'ailleurs que ni le zéro absolu ni l'infini mathématique ne sont des notions physiques). Je crois que le simple jeu du hasard et de la nécessité, quoique aveugle et zigzaguant (d'où le gâchis), conduit immanquablement vers des organismes plus complexes et mieux adaptés. Une meilleure adaptation pourrait être par exemple l'abandon de l'idée anthropomorphique de Dieu au profit de celle de progrès, qui est aussi sécurisante (donc favorable à l'adaptation), mais bien moins invalidante.
J'ai donc tendance à me définir comme un athée croyant.
Commentaire n°5 posté par Luestan Théel le 04/02/2011 à 10h10
En effet, l'évolution de l'être humain, dont le néo-cortex est devenu capable notamment de libre arbitre et de progrès moral, se poursuit lentement. Cette complexification croissante des cellules nerveuses, en vue d'une adaptation croissante au milieu, est un fait d'observation qui a eu lieu et qui se poursuit indépendamment de toute explication anthropomorphique faisant appel à la notion de progrès.
Ce qui me dérange dans cette notion, c'est qu'elle implique une finalité, éminemment anthropomorphique, que ce progrès soit le fait d'un dieu ou d'un grand architecte de l'univers qui orienterait l'évolution dans ce sens, plutôt que de manière aléatoire, et donc peu sécurisante pour les éternels inquiets que sont les humains.
Les religions en sont responsables, la plupart des inquiétudes métaphysiques étant imaginaires et d'ailleurs devenues sans objet au fur et à mesure des découvertes scientifiques (plutôt que des « progrès » scientifiques).
Mon athéisme est, à mes yeux, une opinion rationnelle, aussi objective que possible, et donc inconciliable avec toute croyance, par définition subjective, même si elle est ensuite rationalisée.
Un heureuse évolution, plutôt qu'un « progrès », aura donc lieu, en effet, lorsque la majorité des humains pendra conscience du caractère suspect, et même illusoire, de toute explication anthropomorphique.
Mais il va de soi que je ne cherche pas à avoir raison : je comprends et respecte votre point de vue d' « athée-croyant ».
Michel THYS
Commentaire n°6 posté par Michel THYS le 04/02/2011 à 20h38
Je ne sais pas pourquoi la notion de progrès, qui est une notion moderne et nullement théologique, est aujourd'hui ainsi disqualifiée. Quand vous dites "une heureuse évolution, plutôt qu'un "progrès", aura donc lieu", vous m'indiquez que pour vous un "progrès", ce n'est pas une "heureuse évolution". Or cette formule est pour moi la définition même du progrès.
Nous sommes comme des explorateurs dans une forêt. Il n'y a pas de sentier autre que celui que nous fabriquons en "progressant". Nous ignorons tout d'une éventuelle lisière qui pourrait nous servir de but. La seule question pour nous est de savoir si notre "progression" nous fera pénétrer ou non dans des régions de la forêt plus habitables que les précédentes, en nous aguerrissant. Si vous répondez "oui", vous "croyez" en ce que j'appelle "progrès" (car l'observation du passé ne garantit pas l'avenir). Si vous répondez "non", vous appartenez à ce que j'appelle la philosophie de l'absurde. Car à quoi bon "progresser", si c'est pour aller au pire? Mais je ne le crois pas, car vous ne me semblez pas être suicidaire. Le simple fait d'accepter de vivre est une adhésion, une "croyance".
Commentaire n°7 posté par Luestan Théel le 05/02/2011 à 09h17
Tout dépend du sens que l'on donne aux mots : dans le langage courant, il est évident que le terme de « progrès » est synonyme d' « heureuse évolution ». Mais il me semble que la notion de progrès implique aussi, pour certains, selon leur passé et leur cheminement, une connotation philosophique, voire théologique.
Lorsqu'on s'engage dans une réflexion philosophique, ce n'est pas « à l'aveugle », de manière « absurde », sans avoir une certaine idée préconçue de son aboutissement. Certes, on sait qu'il existe d'autres chemins, parallèles ou divergents, mais on cherche à bâtir un système de pensée cohérent avec les valeurs que l'on respecte a priori, dans lesquelles on a « foi », dans le sens de « confiance », par exemple en l'Homme. Je reste résolument optimiste à propos de l'évolution humaine et sociétale, ne fût-ce qu'à cause de l'instinct de conservation de l'individu et de l'espèce (même si le fanatisme religieux incite une rare minorité à se faire exploser pour gagner le paradis d'Allah ...).
Oui, « Le simple fait d'accepter de vivre est une adhésion, une « croyance » », du moins dans le sens d'une « confiance » dans la perfectibilité de être humain, lorsqu'il bénéficie d'un contexte éducatif et culturel favorable.
Cette confiance se fonde, à mes yeux, sur une réflexion rationnelle et sur l'observation globale de la réalité sociologique, et non sur une « croyance » de type religieux.
Mais ce ne sont finalement là que des subtilités sémantiques !
Michel THYS
Commentaire n°8 posté par Michel THYS le 05/02/2011 à 11h14
Il me semble que nous sommes d'accord. mais j'ai peur qu'il y ait eu encore un petit malentendu.
Quand je parle de philosophie de l'absurde, je n'entends pas une philosophie irraisonnée, absurde, mais une philosophie, du type de celle d'Albert Camus, qui se fonde sur l'observation du monde et de la vie pour dire que le monde est absurde, que la vie n'a pas de sens (mais Albert Camus réagit par une attitude de protestation, ce qui montre qu'il croit au moins en l'homme et en ses valeurs).
J'admets qu'une philosophie raisonnable se fonde sur l'observation du monde. L'observation du monde sur une courte échelle donne souvent une impression d'incohérence, d'où la philosophie de l'absurde, le nihilisme. L'observation du monde à grande échelle peut rendre plus optimiste (l'évolution allant dans le sens d'une meilleure adaptation). Mais y a-t-il quelque chose qui garantit que l'espèce humaine saura toujours s'adapter? Il y a eu tant d'espèces qui ont disparu faute d'adaptation. C'est pourquoi, le croire constitue à mes yeux un acte de foi, mais un acte de foi raisonnable (contrairement à ceux des religions).
Commentaire n°9 posté par Luestan Théel le 05/02/2011 à 14h51
En effet, la vie en soi n'a pas de sens. Elle n'a que celui que nous lui donnons.
Certes, le monde paraît absurde : en témoignent les guerres, les violences, le réchauffement de la planète, la volonté de la majorité des politiciens de dominer économiquement, celle des religieux de restreindre le peu de « liberté » que laissent à l'être humain les déterminismes de toute nature, etc.

Mais, selon moi, la protestation et la révolte prônées par Camus, loin d'aboutir logiquement au suicide, ou à un sentiment d'absurde et de néant imaginaires, doivent plutôt consister à faire évoluer les mentalités, lentement et partout, par l'éducation, par l'action individuelle et collective des partisans d'un humanisme laïque qui reste à promouvoir, afin d'infléchir à la longue l'actuelle évolution du monde et de la société. L'émancipation de l'être humain et le progrès de l'humanité font partie des idéaux des francs-maçons adogmatiques, dans la faible mesure de leurs moyens. Même si la tâche doit être recommencée à chaque génération à cause de l'intolérance religieuse, et semble vaine et inutile. Comme disait Edmond Rostand, à travers Cyrano de Bergerac : « Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c'est inutile ! ».
Nous sommes d'accord : si l'on a « confiance » en l'Homme, « croire » qu'à long terme, « l'espèce humaine saura toujours s'adapter » est « un acte de foi raisonnable », différent de l'acte de foi irrationnel.

Pour en revenir au créationnisme ou au « dessein intelligent », je pense, depuis 1964, que l'anthropomorphisme inhérent à ces conceptions simplistes reculera au fur et à mesure de la diffusion des découvertes scientifiques, de la prise de conscience par les croyants de l'origine psychologique et éducative de la foi et de sa fréquente persistance neuronale et affective, surtout si elle est confortée par un milieu culturel excluant toute alternative non aliénante, et enfin du fait de l'aspiration générale de l'être humain intellectualisé à plus d'autonomie et de responsabilité individuelle. Même si cela prendra plusieurs générations ...
Cordialement,
Michel THYS
Commentaire n°10 posté par Michel THYS le 07/02/2011 à 09h56
"C'est bien plus beau lorsque c'est inutile".
Bel énoncé, mais certains pourront se demander si c'est vraiment inutile lorsque c'est plus beau. Cela dépend de notre conception de l'utile.Peut-être est-il bon de compléter cette phrase d'Edmond Rostand par le vers d'Antonio Machado :
"Caminante, no hay camino, se hace camino al andar (Marcheur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant)".
Vous avez bien raison d'attirer l'attention sur les dangers de l'éducation confessionnelle qui donne des œillères (prison mentale). Mais vous me semblez être un exemple de ce qu'elle peut manquer son but, donc être finalement bénéfique...
Cordialement.
Commentaire n°11 posté par Luestan Théel le 08/02/2011 à 09h25
Merci pour cette citation qui complète celle de Rostand.
Plusieurs raisons m'ont permis d'échapper à l'influence religieuse unilatérale :
- J'étais en effet protestant, ce qui impliquait l'autorisation d'une certaine interprétation de la bible, et donc d'un certain libre-examen : je me croyais donc du "bon côté de la barrière dogmatique" catholique.
- Mes parents (l'un "catholique", l'autre "protestant") n'ont jamais pratiqué, se contentant de faire baptiser leurs six enfants : moité catholiques, moitié protestants",par tradition familiale", avec quand même '"école du dimanche" pour les uns, communion et confirmation pour les autres. Résultat : je me suis quand même marié au Temple protestant, à 21 ans ...
- Dix mois plus tard, au moment de faire baptiser mon premier-né, mon beau-père m'a heureusement fait découvrir tous les aspects de la laïcité qui m'avaient été cachés, notamment à l'athénée, par les trois pasteurs que j'ai connus. J'ai suivi son conseil de ne pas le faire baptiser, et l'en ai remercié plus tard.
- Les medias ne permettaient pas d'élargir son horizon philosophique, comme aujourd'hui, et, la soumission aidant, on était peu interpellé par l'absence du moindre indice quant à l'existence réelle de "Dieu".
- Enfin, mon athéisme a été confirmé en 1964 par les travaux du psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, à propos de l'origine psychologique et éducative de la foi, ainsi que par ceux, notamment, du neurophysiologiste catholique Paul CHAUCHARD, à propos des traces qu'elle laisse dans le cerveau émotionnel, puis rationnel. Il m'a écrit que, pour lui, nous divergions évidemment par l'interprétation de ces observations ...
Depuis cette époque, notamment jadis dans le Journal "La Pensée", je milite, dans la faible mesure de mes moyens, en faveur d'un système éducatif pluraliste qui augmenterait les chances de chacun de choisir entre croyance et incroyance.
Commentaire n°12 posté par Michel THYS le 08/02/2011 à 11h34
A mon sens, la science n'explique rien... elle tente d' expliquer à travers quelques constat et crée de nouveaux assemblages techniques qui reposent sur des morceaux de lois (constats) physiques... Pas plus, bien évidemment que les religions. Mais s'il n'y a pas une forme d'intelligence supérieur à notre petite perception ( expliquez donc pourquoi la nature à ne pas confondre avec le cahot, est capable de se reproduire, les arbres etc?), faudrait-il encore se mettre d'accord sur le mot intelligence... Chez l'homme on ne peut toujours en déterminer le siège aujourd'hui... voir pour cela les recherche en psychiatrie.

Mon blog: http://esprit-i-monde.over-blog.com/

Nocif
Commentaire n°13 posté par Nocif le 13/02/2011 à 22h03
Quant à recevoir un indice de l'existence de dieu, un poisson connaît-il l'eau avant de l'avoir quittée. Dieu imprégnant toutes choses (par son côté élémentaire et indispensable) , il serait bien mal aisé d'apporter plus encore de signes. l'homme étant déjà une forme de miroir relativement évolué dans sa capacité a en prendre conscience. Dieu serait a mon sens le lien du tout et de ses parties, l'équation divine, ce déséquilibre constructif.

Nocif
Commentaire n°14 posté par Nocif le 13/02/2011 à 22h13
Lire: chaos

nocif
Commentaire n°15 posté par Nocif le 13/02/2011 à 22h20
l'homme peut-il se passer de la science? a mon sens oui.
de l'eau?
de nourriture?
du milieu?
Vous essayez d'imposer à l'homme le dogmatisme scientifique...
La science de la guerre?
Du gsm?
L'homme libre le peut. L'homme empli de prothèses scientifique, ne le peut plus.


Nocif
Commentaire n°16 posté par Nocif le 13/02/2011 à 22h38
des scientifiques de haut niveau sont en train de découvrir l'effet de la mémoire de l'eau, concept tant décrié... Ils en font le constat, mais ne peuvent toujours l'expliquer scientifiquement.
Votre espoir est fondé sur la science, c'est un dogme... la science ne sera pas le passage ultime... La foire est constituée d'appareils scientifique... très amusant, qui n'empêcheront pas de payer d'un cancer ou autre réponse à nos excès scientifique.

Nocif
Commentaire n°17 posté par Nocif le 13/02/2011 à 22h44
Pour vivre "une heureuse évolution", il faut s'inscrire dans la nature du milieu et non la bousculer... Le progrès, lui, est une bousculade produisant à tous les coups des effets pervers, perçus avec retard. Car le progrès communs dont vous parlez, est lié à la notion de pouvoir, le contrôle de l'homme.
Votre dogmatisme est d'un tel abandon, lié à l'espoir de jours meilleurs, que je vous qualifie, sans méchanceté, au contraire, de scientifiques naïfs.

Nocif
Commentaire n°18 posté par Nocif le 13/02/2011 à 22h55
Bonjour Nocif,

Merci pour vos brefs commentaires, mais ma réponse nécessite de plus longs développements, étant entendu que je ne cherche pas à concilier nos points de vue, définitivement incompatibles.
La science, en effet, n'explique qu'une infime partie de ce qu'il reste à connaître. Mais ses découvertes, tout en étant réfutables, partielles et provisoires, sont cohérentes et convergentes.
Contrairement aux sciences, qui se basent sur l'observation et l'expérimentation et qui ne proposent que des hypothèses explicatives, les religions imposent des « explications-certitudes » fondées sur la croyance, à mes yeux imaginaire et illusoire, en un dieu anthropomorphe (du moins par ses attributs humains, tels que la volonté, l'amour, ...), et donc père substitutif, sécurisant et consolateur.
Sciences et religions ne sont donc pas comparables.

Mais je comprends et admets que la relative ignorance scientifique rende légitime votre croyance en une « forme d'intelligence supérieure ». D'autant que, du fait de cette ignorance, on est encore très loin d'expliquer les processus biochimiques extraordinairement complexes qui ont rendu la matière vivante capable de se reproduire.
Dois-je vous rappeler que les premières cellules vivantes sont apparues à partir des « éléments primordiaux » (C, Fe, H²o, ...) apportés il y 3,8 milliards d'années sur Terre par des météorites ?
Je ne suis pas biologiste, mais il me semble logique de penser, de manière certes simpliste, que cela a dû commencer par la division de la première bactérie en deux autres, etc., lorsque, ayant absorbé par osmose les éléments nutritifs et énergétiques nécessaires à sa croissance et à l'adaptation au milieu, la première bactérie est devenue trop volumineuse, et qu'elle s'est divisée en plusieurs, par l'effet de forces telles que la simple pesanteur ou la cohésion moléculaire. Ces cellules procaryotes (les virus, ne possédant qu'un seul acide nucléique : ADN ou ARN, et les bactéries qui possèdent les deux) se reproduisent de manière asexuée, et elles n'ont pratiquement pas eu « besoin » d'évoluer.

Les cellules à noyaux (eucaryotes), par contre, n'ont commencé à évoluer qu'il y a 2 milliards d'années environ, en milieu aqueux, la pesanteur y étant moindre et la diffusion meilleure.
Ces cellules se sont constituées à partir des molécules fournies par le milieu extérieur, formant les enzymes nécessaires à la synthèse de mille fois plus d'ADN que les bactéries et contenant les bases puriques et pyrimidiques des chromosomes.
On en sait évidemment beaucoup plus actuellement, et je pourrais me mettre à jour, mais tant de découvertes restent à faire que j'en attends les résultats raisonnablement prévisibles ...

Par son apparente capacité à « orienter » l'Evolution dans le sens d'un « progrès », la nature « semble » en effet faire preuve d' « intelligence ». Je n'y vois pourtant que le résultat anthropomorphique de la succession d'adaptations et de mutations, au cours de milliards d'années, les espèces inadaptées ayant disparu sans avoir pu se reproduire.
L'intelligence humaine est le produit évolutif de l'activité neuronale et synaptique de son cortex préfrontal. Elle constitue une potentialité dépendante des gènes transmis par hérédité, pour autant cependant que leur fonctionnalité ait été développée par la plasticité neuronale et synaptique, sous l'influence de l'éducation et de l'environnement culturel. La neurophysiologie actuelle est déjà très avancée dans ce domaine, bien qu'il soit le plus complexe de tous les phénomènes adaptatifs des êtres vivants.

En effet, lorsque je nourris mes poissons rouges, je dois être perçu comme leur « dieu » ...(si du moins l'Evolution avait rendu leur cerveau capable d'imagination).
Je pense que si « Dieu », infiniment bon, etc., avait une existence autre que subjective et imaginaire, il n'imposerait pas à l'humanité toutes les souffrances résultant notamment des conflits entre religions concurrentes, et il n'infligerait pas à des parents (innocents du prétendu « péché originel ») le drame de perdre un enfant encore plus innocent, etc.
Preuves par l'absurde, à mes yeux, qu'il n'existe pas réellement.
Ou alors il est sadique ... Désolé ! Et s'il était prouvé un jour qu'il existe vraiment, j'aurais « un oeuf à peler », avec lui, faute de pouvoir le traîner en justice !

Le fait est que jamais, au cours de l'histoire humaine, aucun dieu ne s'est manifesté concrètement : seulement lors d'hallucinations visuelles ou auditives explicables par la psychoneurophysiologie et la psychiatrie actuelles, ou par autosuggestion, lorsqu'on l'a mis au préalable dans le cerveau d'un enfant.
A mon sens, « Dieu » n'est pas « le lien du tout et de ses parties », mais le « bouche-trou » comblant notre ignorance actuelle, ou répondant au refus des croyants d'accepter les arguments rationnels et scientifiques.

Oui, l'homme peut théoriquement se passer de la science, à condition d'accepter de vivre dans le monde de nos ancêtres d'il y a des milliers d'années. Tant mieux pour lui s'il y trouve son bonheur.
Il existe quelques « scientifiques » dogmatiques : ceux qui cherchent à faire coïncider leur croyance religieuse avec la science, ou parfois aussi des « scientifiques » indignes qui n'ont rien compris aux exigences de la méthode scientifique décrite notamment par Claude BERNARD et Karl POPPER.
Mais, par définition, il n'y a aucun « dogmatisme scientifique ».

La « polémologie » n'a rien à voir avec la science. Ce n'est qu'une tentative de rendre plus efficaces actuellement les pratiques guerrières d'antan.
Je vous concède que l'actuel individualisme forcené, dû aux carences éducatives, notamment dans l'acquisition de l'esprit critique et des valeurs humanistes, telles que le respect de soi-même et des autres, est responsable de toutes les dépendances (gsm, adsl, jeux vidéos, télé, alcool, drogues, etc.).
Personne n'est totalement libre : nous ne povons que tendre à nous libérer partiellement de nos déterminismes innés et acquis, sans jamais y parvenir totalement.

Si « des scientifiques de haut niveau sont en train de découvrir l'effet de la mémoire de l'eau, concept tant décrié... », ils ne peuvent à mon avis qu'être croyants, puisque capables d'accepter une « théorie » aussi inexplicable que l'homéopathie, si ce n'est par la vertu de leur imagination.
Je n'espère rien : j'attends. Si les appareils scientifiques (médicaux) n'existaient pas, nous ne serions peut-être déjà plus là ... Un scientifique n'est jamais « naïf » : il teste intellectuellement et expérimentalement la validité d'hypothèses ou d'intuitions, mais comme il n'y « croit » pas a priori, il ne saurait être « naïf ». Pas même déçu !

Nous sommes d'accord : notre « civilisation » industrielle, fondée sur l'individualisme, sur l'appât du gain, sur la volonté de puissance politique, sur la concurrence économique, sur l'anéantissement écologique de la planète, sans oublier sur le dogmatisme religieux au niveau mondial, etc., plutôt que sur l'émancipation et le progrès humain, ne constituent vraiment pas une « heureuse évolution » !
Michel THYS
Commentaire n°19 posté par Michel THYS le 14/02/2011 à 15h12
Je relirais tout cela et vous répondrai... mais de prime abord, vous n'êtes pas au fait des dernières découvertes... Je vous expliquerai plus tard... Là, je suis trop fatigué. Mais immédiatement, il n'y a pas besoin de remonter à "des milliers d'années" pour vivre sans la science moderne... Cent cinquante ans devrait suffire.

Nocif
Commentaire n°20 posté par Nocif le 14/02/2011 à 20h18
Les pithécanthropes déjà sans langage et par conséquence sans conceptualisation possible, pratiquaient déjà des rituels funéraires comme néandertal... Choses observées par des scientifiques, qui eux en reviennent.

Nocif
Commentaire n°21 posté par Nocif le 15/02/2011 à 14h49
ce qui veut que la religiosité est inscrite dans nos gènes.

Nocif
Commentaire n°22 posté par Nocif le 15/02/2011 à 14h50
En science les choses les plus simple, les moins couteuses, sont souvent les plus efficaces. C'est sans doute pour cela qu'elles ne sont pas commercialisées... financées.

Nocif
Commentaire n°23 posté par Nocif le 15/02/2011 à 15h12
Les formes prisent par les religions modernes ne sont qu'une projection évolutive de l'homme créature, capable de procréer et non de créer (faut pas confondre), qui contient le sens du divin créateur... je ne parle pas des mots (des sons) multiples avec lequel l'homme tente de le vêtir.

Nocif
Commentaire n°24 posté par Nocif le 15/02/2011 à 15h19
Selon moi, ce qui est inscrit dans nos gènes, ce n'est pas la religiosité, mais la capacité neuronale de réagir à la peur en présence d'un danger. Le réflexe de protection contre les agressions extérieures existe d'ailleurs, à des degrés évolutifs divers, dans toutes les espèces vivantes, aussi bien végétales qu'animales. Mais seul le cerveau humain possède des structures neuronales susceptibles d'imaginer un dieu protecteur, du moins, de nos jours, à la suite d'une éducation en ce sens.

A l'origine de l'espèce humaine, il a sans doute fallu que, pour compenser leur faiblesse corporelle, les premiers hominidés aient acquis un cerveau capable, par l’acquisition de la bipédie et du langage, d’imaginer un nouveau mécanisme de défense évolutif :  le recours à des dieux protecteurs anthropomorphes dont ils tentaient d’apaiser la colère, ou de gagner les faveurs, par des sacrifices.
Mais dans les autres espèces animales, moins évoluées, des formes rudimentaires de langages suffisent apparemment : déjà les loups, les éléphants, etc. témoignent de comportements « rituels » dans certaines circonstances, telles que l'approche de la mort. Personne ne peut affirmer que les pithécanthropes ne possédaient pas un langage rudimentaire.

En fait, des formes de croyances et de superstitions ont existé depuis la nuit des temps, selon les cultures, face aux forces de la nature, à la peur de la mort ou à l’espoir d’une vie éternelle.
Les premiers témoignages d’une forme de croyance et de créativité symbolique sont fournis par les sépultures et les rites funéraires qui apparaissent vers 100.000 ans avant l’ère chrétienne.
C’est sans doute en observant les grands cycles de la nature et en particulier la course du soleil et de la lune que les premiers hominidés ont bâti leurs mythes fondamentaux. Ainsi la grotte de Lascaux, il y a 18.000 ans, est-elle devenue une 
grotte sacrée parce que la lumière du soleil solsticial d’été y pénétrait chaque année. On y trouve même certains signes géométriques,  des triangles, des carrés, et un triple alignement de points qui devaient avoir une signification symbolique. Mais les premières divinités n’apparaissent que bien plus tard, vers moins 10.000, au Proche-Orient.

Vous avez raison : « En science les choses les plus simples, les moins coûteuses, sont souvent les plus efficaces ». C'est le principe du rasoir d'Occam. Il n'est pas seulement applicable en sciences : les religions ont compris depuis toujours tout le profit qu'elles pouvaient tirer de la peur des incertitudes, de celle de la mort, etc.en imposant une solution simpliste : la foi.
Mais il n'est pas légitime de déduire de ce principe que « l'homme (...) contient le sens du divin créateur ». Actuellement, les observations scientifiques à propos de la croyance religieuse se limitent à constater d'une part la corrélation statistique flagrante entre un milieu religieux unilatéral et la persistance de la foi, et d'autre part son imprégnation neuronale dans le cerveau émotionnel, puis dans le cerveau
rationnel, ce qui explique cette corrélation.
Michel THYS
Commentaire n°25 posté par Michel THYS le 15/02/2011 à 18h31
L'homme est quand même a mon sens, une réponse précise a un milieu précis, déterminé... Il fait partie de la grande l'équation. C'est cette équation inaccessible que j'appelle Dieu ou imprononçable,
Que penser de la pragmatique modélisation atomique, chimique, il s'agit là aussi d'une foi dogmatique?.. Que penser d'un nuage électronique. Vous connaissez la théorie des jumeaux en physique?
La science découpe et assemble des parties s'appuyant sur un langage mathématique, mais cela n'explique rien. Il s'agit de simple observation sur les interactions physiques apparentes... Une tentative d'approche de synthèse dans les limites de l'esprit humains emprisonné... comme à une autre échelle les bactéries. La religion moderne est évidemment devenue très conceptuelle, la balle... mais le noyau, c'est autre chose. Une autre dimension, que l'homme moderne est devenu incapable de percevoir... encombré de plus en plus de prothèses compensatrices.

Nocif
Commentaire n°26 posté par Nocif le 16/02/2011 à 02h22
"La pragmatique modélisation atomique, chimique, ..." n'est pas une "foi dogmatique", mais l'état actuel des hypothèses qui TENDENT à expliquer la réalité visible, sans autre prétention.
Vous situez "le noyau" à un autre niveau, à "une autre dimension que l'homme moderne est devenu incapable de percevoir". J'en conclus que vous faites partie des croyants qui cherchent à concilier la raison et la foi, la science et la religion, le créationnisme ou le « dessein intelligent» et l’évolutionnisme, l’objectif et le subjectif. Mais, à mes yeux, leurs arguments, par exemple le recours à un dieu, ou à un grand architecte de l’univers (pour les déistes), ou encore l’harmonie apparente du monde, etc., sont anthropomorphiques, ou des pétitions de principe.
L’ « argument » le plus subtil et le plus fréquemment évoqué par ces croyants, c’est que la science et la raison s’occupent du « comment », tandis que la religion et la foi s’occupent du « pourquoi ». Se situant à des « dimensions », à des « niveaux » différents, elles seraient complémentaires et donc conciliables.
J’y vois une pirouette jésuitique, parce que cela voudrait dire qu’il suffirait de changer de point de vue, ou de lunettes, pour que deux hypothèses contradictoires puissent être vraies en même temps, alors que logiquement l’une d’elles doit être vraie, et l’autre fausse.
Commentaire n°27 posté par Michel THYS le 16/02/2011 à 11h31
Oui, j'estime en effet que le créationnisme et l'évolutionnisme sont intimement liés.
Le véritable hasard n'étant pas formulable mathématiquement et la mémoire étant absolument nécessaire dans toutes transformations ou mutations. Maintenant les forment que donnent les différentes religions pour guider la pensée humaine, les troupeaux, là, n'est pas ma croyance... Je ne me limite pas pas à des concepts limité par le langage (les mots) qui aveugle. Mais, je reconnais le grand intérêt de ces courants dans l'évolution des masses.
Je considère aussi que "les forment" de vie, toutes, jusqu'à l'homme sont les images (liés dans l'équation) des forces qui s'exercent dans ce monde... et là alors on peut parler d'anthropomorphisme (image) utile à la compréhension du plus grand nombre... Je pense que vous n'avez pas saisi les intentions plus profondes et sans secrètes des représentants religieux et surtout liés au Catholicisme.
Commentaire n°28 posté par Nocif le 16/02/2011 à 18h41
A mes yeux, "les formes de vie, toutes jusqu'à l'homme", résultent des seules "forces" de la sélection naturelle et des mutations, en fonction de l'environnement, certes encore très peu comprises parce qu'elles se sont exercées depuis des millions d'années. En effet, pour être "comprises du plus grand nombre", il fallait attribuer ces forces à une volonté anthropomorphique créatrice du vivant ou organisatrice de l'évolution dans le sens d'un "progrès".

Je pense au contraire avoir très bien compris "les intentions les plus profondes et sans secrets des représentants religieux, et surtout liées au catholicisme" : ils ont toujours spéculé notamment sur les inquiétudes métaphysiques et sur la culpabilité (d'ailleurs créées et amplifiées par eux), sur la quête de sens à donner à l'existence, sur l'espoir d'un paradis, et surtout sur la soumission à des dieux et à des textes "sacrés" en compétition, et donc générateurs d'intolérance et de violence.
Commentaire n°29 posté par Michel THYS le 17/02/2011 à 13h01
Peut-être ont-ils, les religieux, placé leur planche de surf sur la vague?.. L'humanité jouant sont rôle innévitable de témoin.
Commentaire n°30 posté par Nocif le 04/08/2011 à 09h11
bonjour
très bien

je viens de lire Richard DAWKINS
"pour en finir avec dieu"
et je le trouve très interessant
Commentaire n°31 posté par jolympe le 11/09/2011 à 03h18
En ayant lu les commentaires en diagonale:
Le libre arbitre ne peut exister que si l'on revit exactement la même situation (saut dans le temps et plus précisément dans le passé)... J'ai vécu à quelques reprises et embarqué quelques sujets pour vérifications scientifiques, qui ont pu le constater...
L'univers est un assembleur mental... L'arbre, l'homme se trouve déjà dans la graine... les mutations apparentes font partie du dessein.
Le mot D.ieu représente simplement ce mécanisme complexe, les religions en sont les approximations mise à disposition des non initiés.
Commentaire n°32 posté par Nocif le 11/09/2011 à 10h52
Je n'ai pas lu Dawkins... Je me méfie des mots tiroirs décisifs... Les êtres vivant sont assemblés à l'image de l'univers... L'homme le voit grâce à cela. L'homme est l'équation de D.ieu la plus aboutie sur cette planète, dans sa capacité à le voir sans pour autant le (comprendre).
Commentaire n°33 posté par Nocif le 11/09/2011 à 11h08
Bonjour Nocif,
Je pense au contraire que le libre arbitre n'existe que s'il a été induit par une éducation laïque, que si l'enfant a été incité à développer son esprit critique à tous points de vue, et donc à mettre en doute les affirmations dogmatiques.
Libre à vous d'estimer (mais c'est anthropomorphique à mes yeux) que "(...) les mutations apparentes font partie du dessein" de Dieu, plutôt que des adaptations soudaines, et non plus lentes, suite à des modifications de l'environnement.
Mais, en effet, "Dieu (et pas seulement le mot; la croyance en son existence aussi !) représente simplement ce mécanisme complexe", dans la mesure où il n'est pas encore expliqué.
Vous auriez intérêt à lire "Pour en finir avec dieu".
Si "l'homme est l'équation de Dieu la plus aboutie sur cette planète", comment justifiez-vous que ce dieu (alors pervers !) permette la mort d'enfants et tant d'atrocités ?
.
Commentaire n°34 posté par Michel THYS le 11/09/2011 à 18h25
D.ieu est un équilibre ds le désordre... Il ne connais ni le bien ni le mal... Le christianisme donne une manière de vivre pour l'homme... et cela est bon, la meilleure des choses que l'homme ait inventé en société.
Avant le verbe... existait l'émotion.
D.ieu (je met un point pour dire qu'il est imprononçable), s'est fait homme par le verbe (le christ)...
Votre réticence est due à une mauvaise interprétation des écritures (cachées)... comme nombre qui ne perçoivent sa subtilité.
Après... il s'agit d'un outil pédagogique, qui rendit des services aux hommes dans leur organisation, bien plus que ne le fait aujourd'hui la laïcité... Il suffit de regarder ce que nos société deviennent quand elles n'ont plus de freins (le capitalisme)...
Je ferais mon possible pour lire ce livre... Mais , je ne crois pas qu'il sera révélateur pour moi.
La science est rassurante pour celui qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, elle allonge le nez.

Bien à vous.
Commentaire n°35 posté par Nocif le 12/09/2011 à 02h23
Blog(fermaton.over-blog.com)No-24, THÉORÈME DES ATTRIBUTS.- NOS VISAGES ??
Commentaire n°36 posté par clovis simard le 28/10/2011 à 20h23
Bonjour,
Suite au commentaire que vous avez laissé ici :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29233

Je ne sais pas si vous avez lu D. Guillo, mais il partage votre point de vue, ou, du moins, il dénonce l'incompatibilité entre sciences et religion. Cependant, il met en évidence grâce à la méthodologie des sciences sociales qu'une grande partie des français, athée, agnostiques ou croyants, ne pensent pas que le darwinisme est de manière formelle incompatible avec l'idée de force divine.

Sur le sujet : http://www.critiqueslibres.com/i.php/forum/sujet/9460
Peut-être pourriez-vous suggérer des lectures sur le sujet.
Commentaire n°37 posté par elya le 06/12/2011 à 08h15
Bonjour,

suite à votre commentaire sur http://homofabulus.com , je partage certains de vos points de vue mais je dois dire que je connais mal la littérature sur les explications de la religiosité. Si ce n'est, ce livre, que je peux vous recommander :

The Evolutionary Foundations of Religious Belief , par Pascal Boyer, un Français faisant de la psychologie et anthropologie évolutionniste aux USA, un des spécialistes de la question religieuse d'un point de vue évolutif.

A bientôt,
Alexis
Commentaire n°38 posté par Homo Fabulus le 08/06/2012 à 10h16
Il n'y a pas de hasard dans le créationnisme, tout les mondes présentant la situation et les caractéristiques de notre terre... produisent le même vivant, avec les même caractéristiques... L'évolution, elle est fonction des variations des forces originelles... "Dieu" est un des mots qui nomme cette équation nécessaire à toutes vies. Cela laisse supposer que nous sommes en dieu et non comme les religions déviantes nous le présentent à sa recherche.
Commentaire n°39 posté par Nocif le 16/12/2012 à 20h49
D.ieu est un ensemble de force qui manifeste la vie (le libre arbitre justement)... Il n'est pas là pour empêcher l'humanité de délirer et s'entretuer à cause de religions ou de raisons scientifiques... en perdant ses rapports, ses liens avec ses forces divines.
La science est fort intéressante pour construire des ponts, des routes, des suppositions (le boson) , mais certainement pas pour ouvrir les autres moyens de perception de ce monde.
Commentaire n°40 posté par Nocif le 16/12/2012 à 21h00
Bonjour Nocif,
Merci pour vos deux messages. Bien sûr qu' « il n'y a pas de hasard dans le créationnisme » puisque, s'il y a un «Créateur » doué par anthropomorphisme d'une intelligence supérieure à la nôtre, il a forcément déjà tout programmé et déterminé, comme le croient les partisans du « dessein intelligent ».
Les notions de "commencement", de "création" me paraissent donc suspectes ...

Quant à la possibilité d'une vie sur une autre planète, l'univers étant infini, elle est certes statistiquement possible sous des formes très différentes de celles apparues sur Terre, mais il est infiniment peu probable, pour ne pas dire impossible, que d'autres planètes aient reçu de l'espace les mêmes « éléments primordiaux » existants de toute éternité (E=M.C² et « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » : Lavoisier), à la suite d'une infinité de big-bang et de big-crunshes successifs, que ces éléments se soient combinés de la même façon, et qu'ils aient connu les mêmes cataclysmes naturels, la même évolution et les mêmes mutations.

Comme l'a dit Laplace à Napoléon, « Dieu est une hypothèse dont je n'ai pas eu besoin ». Nous ne sommes pas « en Dieu » : ce serait présupposer son existence et donc une pétition de principe ! Par contre, je ne m'étonne pas que des croyants s'imaginent que « Dieu est en nous », puisqu'on l'a mis dès l'enfance dans leur cerveau émotionnel, ce qui influence souvent « ad vitam aeternam» leur cerveau rationnel, et donc leur esprit critique dès qu'il est question de foi, fussent-ils d'éminents intellectuels, même scientifiques (surtout américains et canadiens) qui n'ont pas pu découvrir à temps les options non confessionnelles, évidemment occultées par leur religion.

Normal que des croyants soient « à la recherche de Dieu », puisqu'il n'a jamais donné le moindre indice concret et irréfutable de son existence réelle et objective, ce qui implique à mes yeux qu'il n'a qu'une existence subjective, imaginaire et donc illusoire.
« Dieu » n'est pas « une force qui manifeste la vie « , et encore moins le « libre-arbitre ».
La vie est une « émanation de la matière » dont l'explication biologique infiniment complexe ne progresse que très lentement, du fait que les mécanismes évolutifs se sont étalés sur plus de trois milliard d'années, durée hors de portée de l'entendement des moins que centenaires que nous sommes.
« Les autres moyens de perception de ce monde » me semblent imaginaires, conséquences de l' hypertrophie du néocortex préfrontal de l'animal humain, absente chez les autres mammifères, même chez les autres primates.
Cela dit sans chercher à vous convaincre : je respecte votre point de vue de croyant, mais l'athée que je suis tient à exprimer le sien.

Bien à vous,
Michel THYS
Commentaire n°41 posté par Michel THYS le 17/12/2012 à 13h40

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