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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 15:55

Suite à son article "Dieu est-il incompréhensible ?" j'ai demandé à Franz-Olivier GIESBERT, Rédacteur en chef de "Le Point" de lui transmettre mon commentaire  ci-dessous. Pour la forme évidemment, car je n'en espère pas de réponse ...


Bonjour Monsieur Jean-Luc MARION,

 

J'ai lu avec attention et intérêt votre article dans LE POINT (que je remercie !) : « Dieu est-il incompréhensible ? », et me permets d'exprimer un point de vue différent, celui d'un Belge, ancien croyant protestant « libéral », jusqu'à 21 ans, athée à 24 - j'en ai 73 -.

 

Je serais sans doute resté croyant si je n'avais pas eu la chance de découvrir avant l'âge de 25 ans, non seulement les alternatives laïques qui m'avaient été occultées jusqu'en 1960, mais surtout les premières études relatives à l'origine psychologique, éducative et culturelle de la foi, paradoxalement via le chanoine Antoine VERGOTE, toujours vivant, professeur émérite à l'Université catholique de Louvain (« Psychologie religieuse, 1964 »), ainsi que par la lecture des ouvrages de feu le docteur Paul CHAUCHARD, neurophysiologiste catholique, avec qui j'ai correspondu, et de ceux du psychiatre juif Henri BARUK, notamment.

Nos parcours intellectuels et spirituels sont totalement différents mais il me semble instructif et donc enrichissant de les comparer point par point.

 

Revenons à votre article, et aux commentaires qu'il me suggère :

« L'homme est-il un animal religieux ? ».

Les références de la Grèce antique ne sont plus d'actualité. Je pense que nous naissons tous « a-thées» : avez-vous remarqué, ce qui n'avait pas échappé à Antoine VERGOTE, sans doute à son grand dam, que chez les enfants de parents athées, la foi n'apparaît pas spontanément (sauf influences extérieures prosélytes) ? Les références abondent : je les tiens à votre disposition.

 

Les athées ouverts aux apports des neurosciences, dont je suis, ne se définissent plus « par la référence négative envers la possibilité que Dieu existe ». Il est entendu qu'aucune inexistence n'est démontrable, sauf en mathématiques, mais compte tenu que « Dieu » n'a jamais donné le moindre indice concret de son existence réelle et incontestable, et des observations neuroscientifiques, ces athées lui accordent cependant une existence subjective, imaginaire et donc illusoire. J'y reviens dans un article de mon blog, mentionné in fine, si du moins vous êtes curieux d'en prendre connaissance, sans chercher à vous convaincre que je puisse avoir « raison », cela va sans dire.

 

« L'analogie du rapport amoureux » avec la sensibilité religieuse est pertinente, du moins sous l'angle de leur « localisation » voisine dans le cerveau émotionnel.

« Notre rapport avec Dieu » ne relève pas d'une « connaissance par incompréhension », mais des traces indélébiles que laissent, fût-ce à des degrés divers et inconsciemment, dans le cerveau émotionnel puis rationnel, une éducation religieuse unilatérale, voire communautariste, confortée par un milieu croyant occultant les alternatives, surtout non confessionnelles.

 

Les athées ne veulent pas « vérifier, prouver, constituer, démontrer », mais seulement essayer de comprendre les processus évolutifs qui ont permis aux premiers hominidés de compenser leur faiblesse corporelle, en développant la bipédie, l'hypertrophie du néocortex et l'acquisition du langage, les rendant alors capables d'imaginer un nouveau mécanisme de défense : le recours à des dieux, puis à un seul, dont ils tentaient d’apaiser la colère, ou de gagner les faveurs, par des sacrifices.

Ne pas « faire de Dieu un objet d'étude comme un autre», « accepter les paradoxes inévitables (...) : connaître sans comprendre, aimer avant et pour connaître », ce serait à mes yeux le considérer comme « inconcevable, incompréhensible », définitivement mystérieux, et donc renoncer à utiliser notre intelligence. «Vraiment rien à voir avec la « pornographie » !

 

« Penser Dieu » me semble antinomique : la pensée relève du cerveau rationnel, tandis que la croyance en un dieu, quel que soit son nom, procède d'abord et surtout du cerveau émotionnel, fût-elle rationalisée a posteriori.

 

Les « valeurs » morales, que vous mettez de manière surprenante sur le même plan que les valeurs financières, ont soit un fondement religieux, fondé sur la soumission à des commandements et à des interdictions, soit sur un fondement laïque, fondé sur l'autonomie de la conscience et sur la responsabilité individuelle.

 

« La question de Dieu ne met pas (...) en crise celui qui pose la question ».

«Reconnaître Dieu », fût-ce par une « expérience « s'attestant elle-même dans la rencontre d'un interlocuteur, non compréhensible comme objet, mais qui ne cesse de déployer sa cohérence », aussi bénéfique soit-elle, ne prouve que son existence subjective. La « vérité » n'est jamais que personnelle, partielle et donc provisoire.

 

Il est vrai qu' « une recherche scientifique porte sur des objets », et que « Dieu n'appartient pas à l'objectivité ». En revanche, sont de plus en plus observables scientifiquement non seulement le fonctionnement neuronal d'un cerveau en prière ou en méditation, mais aussi, sociologiquement, la corrélation flagrante entre un milieu religieux exclusif et la persistance de la foi.

 

« La croyance en Dieu n'ouvre-t-elle pas la porte par définition à l'irrationnel » ?

Je pense que toute croyance est irrationnelle, parce que l'irrationalité est un mode de fonctionnement cérébral atavique et élémentaire, répondant aux incertitudes, quelles qu'elles soient.

Michel de PRACONTAL écrit dans « L'imposture scientifique en dix leçons » (2005), page 141 : « La pensée magique n'a jamais disparu de nos cultures supposées modernes et rationnelles, probablement parce qu'il s'agit d'un mode de raisonnement inhérent à la condition humaine. La pensée dite rationnelle n'a rien de naturel, c'est une construction, une ascèse, un exercice qui demande un travail continuel. L'éternel « retour de l'irrationnel » n'est en fait que la manifestation récurrente d'une forme de pensée qui ne nous a jamais quittés ». Sauf que, comme le constate la psychosociologie, cette prédisposition religieuse ne s'actualise qu'au sein d'un environnement croyant unilatéral, à la fois éducatif et culturel.

 

« La foi n'exclut-elle pas la raison » ?

« L'élargissement de la rationalité depuis un siècle » n'avait évidemment pas pour but de permettre « une meilleure approche de la Révélation » !

La raison, qui se veut objective, est-elle conciliable avec la foi, qui est subjective ? La science, qui se veut rationnelle et qui se fonde sur l’observation des faits et sur l’expérimentation, est-elle compatible avec la religion, qui se fonde sur la foi en un « dieu révélé » ? Une croyance telle que le créationnisme (ou sa variante, le

« dessein intelligent »), est-elle conciliable avec l’évolutionnisme, qui n’est même plus une théorie mais un fait d’observation flagrant ?

A mes yeux d’athée, les arguments des croyants, par exemple le recours à un dieu, ou à un grand architecte ou à un grand horloger pour les déistes, ou encore l’harmonie apparente du monde, etc., sont anthropomorphiques. Ce sont des pétitions de principe, tout comme l'argument ontologique de Saint Anselme pour prouver l'existence de Dieu.

 

L’ « argument » le plus subtil et le plus fréquemment évoqué par les croyants, c’est que la science et la raison s’occupent du « comment », tandis que la religion et la foi s’occupent du « pourquoi ». Et comme les unes et les autres se situent à des niveaux différents, elles seraient complémentaires et donc conciliables. Mais j'y vois une pirouette jésuitique, parce que cela voudrait dire qu'il suffirait de changer de point de vue, ou de lunettes, pour que deux hypothèses contradictoires puissent être vraies en même temps, alors que logiquement, l’une d’elles doit être vraie, et l’autre fausse.

 

Les dogmes fondamentalistes de « l'eucharistie , de la Résurrection , de l''Immaculée conception, de la Création, d'une « re-Création », etc.» défient la raison et accélèrent la chute vertigineuse de la religiosité, du moins dans la majorité des pays intellectualisés. Etant contre-productifs, je m'étonne donc que vous les évoquiez encore, et que vous tentiez même de les rationaliser.

 

Il va de soi que je ne cherche pas à vous convaincre que mon point de vue soit plus pertinent que le vôtre (je le respecte, tout en le critiquant), mais je serais heureux de lire votre commentaire, et vous en remercie déjà.

Cordialement,

 

Michel THYS

à Ittre (Belgique).

 

http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by mithys
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commentaires

Michel THYS 17/09/2012 13:54

Bonjour Totem,
Je ne conteste évidemment pas la terreur qui s'empare des animaux que l'on va abattre : "l'instinct de conservation de l'individu" existe chez eux aussi, soumis qu'ils sont comme nous à la première
loi naturelle selon laquelle tout être vivant fuit ce qui lui est nuisible et recherche ce qui lui est favorable, comme déjà la fleur qui se tourne vers le soleil. Mais les animaux qui vont être
abattus sont-ils pour autant conscients qu'ils vont mourir ? Je pense que leur cerveau ne leur permet pas nécessairement d'imaginer et d'anticiper la mort. Seul leur cerveau reptilien les fait
réagir, tout comme nous d'ailleurs en présence d'un danger, mais notre espèce est en principe capable d'atténuer son influence grâce à notre cerveau émotionnel et rationnel.
Vous avez raison : j'ai souvent le tort de "tout ramener aux religions et aux sectes". C'est mon dada, mais vous m'y avez un peu incité en évoquant "l'existence de l'âme", dont la connotation
religieuse est évidente, croyance que partagent même les francs-maçons "réguliers", théistes, et qui en font un "critère d'initiabilité", après la croyance en Dieu, fût-il déguisé symboliquement en
"grand architecte de l'univers". C'est une conséquence logique et intolérante de l'imprégnation religieuse (unilatérale) des Américains ...
Vous serez heureux d'apprendre, si vous l'ignoriez, que l'éminent neurobiologiste Jean-Didier VINCENT (dont j'apprécie l'humour et qui reconnaît que son protestantisme initial "le pèse") ne
conteste pas l'existence de l'âme. Dans son introduction à "Voyage extraordinaire au centre du cerveau", il écrit dès la 5e ligne : "où placer le siège de 'l'âme ?".
Après avoir écrit: "Quant aux techniciens de l'imagerie cérébrale, je rappellerai qu'une carte n'est pas un territoire et qu'une image n'est pas un esprit", il poursuit : "Le grand psychiatre
suisse Auguste FOREL dans "L'âme et le système nerveux", affirmait que "l'âme et l'activité du cerveau vivant sont une seule et même chose".
C'est, dit VINCENT, le point de vue que j'adopterai jusqu'à preuve du contraire, c'est-à-dire tant que l'on n"aura pas prouvé qu'il existe des âmes sans cerveau et des cerveaux vivants sans âme.
C'est un cerveau tout d'action que je veux vous faire découvrir". J'observe que J-D VINCENT, contrairement à des neurophysiologistes croyants canadiens comme Mario BEAUREGARD, financés par la
Fondation Templeton pour prouver scientifiquement l'existence de Dieu (!), n'aborde nulle part, ni dans ses livres, ni dans ses vidéos, l'influence de la croyance religieuse sur le cerveau
émotionnel puis rationnel. Je le regrette, mais c'est défendable scientifiquement : la science n'a pas à s'occuper de métaphysique. Les neurosciences sont néanmoins susceptibles, à mon avis, de
faire comprendre l'origine éducative et culturelle de la foi, et sa persistance neuronale.
Qui suis-je, si je n'ai pas d'âme ? Personnellement, en effet, je n'ai pas d'âme, mais seulement un esprit, une conscience, un ensemble de caractéristiques, intellectuelles, émotionnelles,
culturelles, qui fondent ma personnalité, mon individualité, ma spécificité.
D'accord avec vous pour constater que le risque de destruction de la planète, déjà en cours à cause de la pollution et du réchauffement qu'elle provoque, est plus importance et mortifère pour
toutes les espèces vivantes que les violences d'origine religieuse. Mais ce n'est pas une raison pour minimiser, par "tolérance", les tensions et les violences croissantes entre les trois
monothéismes. Ce n'est pas "jeter de l'huile sur le feu"que de dénoncer l'islamisation croissante. Je crains que la haine entre fondamentalistes de tout poils persistera pendant quelques
générations encore (si du moins l'humanité survit jusque là) et qu'elle ne soit irrémédiable, tant que la majorité des humains n'aura pas compris, avec l'aide des découvertes
psychoneurophysiologiques, que les dieux ne sont que des créations de l'esprit qui ne valent pas que l'on s'entre-tue en leur nom.
Je prends note qu'à vos yeux, du moins si je vous ai bien compris, les mutations de l'humanité n'ont rien à voir avec la régression de l'autonomie vers la soumission, à la suite notamment du retour
du religieux (depuis Reagan, G-W Busc, Jean-Paul II, ...) mais avec une évolution des esprits vers ce que J-D VINCENT appelle le "post-humanisme", plus humain et donc plus solidaire.
Je pense enfin que l'on élargit son esprit en échangeant des idées et des points de vue, sans chercher à se convaincre mutuellement de leur éventuelle pertinence.
Bon après-midi.
Michel THYS

Totem 17/09/2012 00:16

Bonsoir Mr. THYS

Comment savez vous qu'un animal ne sais pas qu'il va mourir? vous n'êtes pas à sa place pour le savoir, vous devriez aller faire un tour dans un abattoir ou assister dans une ferme à l'abattage des
animaux et vous verrez qu'ils savent qu'ils vont mourrir. Croyez vous que les animaux n'ont pas cet instinct de la mort quand ils se sauvent devant un danger?
Vous savez je ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit, je vous ai dit ce qui EST mais c'est pas grave si vous n'y croyez pas mais de grâce ne ramenez pas tous à la religion ou aux
sectes comme vous le faites quand quelqu'un qui n'a rien à voir avec tout ça vous dis ce qu'il a appris par expérience et non en lisant ou écoutant le quidam du coin.
Quand aux sciences humaines comme vous le dites elles sont loin de connaître ce que l'homme est véritablement même si elles s'en préocupe depuis un siècle., elles ne feront un bond en avant que
lorsqu'elle seront en mesure de prouver l'existence de l'âme que vous décriez tant. Si vous n'en avez pas, qui êtes vous donc, qu'avez vous à la place? Qui est celui qui pense ? si c'est le
cerveau, c'est bien maigre comme réponse.
Autre chose, ce n'est pas l'islamisation ni les monothéismes qui s'affronteront et pas non plus contre les athées comme vous le pensez, car il y a des problèmes bien plus graves que l'humanité va
vivre, on en a déjà un aperçu. avec la mondialisation, le capitalisme sauvage, la destruction de la planète et les guerre qui éclatent partout, et jeter l'huile sur le feu comme le font beaucoup en
ce moment, (il n'y a qu'à survoler le NET pour s'en rendre compte) n'est pas une bonne chose, on sent la haine se développer même pour des riens.
L'humanité en mutation dont je parle n'a rien à voir avec tout ce tintamare et toute violence, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire dans l'esprit des hommes pour y parvenir, mais c'est en
cours croyez le ou pas mais c'est un fait que vous ne pouvez voir.
Encore une fois que vous soyez convaincu ou pas sur ce que je vous ai dit n'a aucune importance, il s'agit seulement d'élargir son horizon en s'ouvrant sur l'inconnu et je pense que pour l'instant
vous n'êtes pas prêt.

Bonne nuit

Michel THYS 16/09/2012 20:36

Bonsoir Totem,
Je respecte évidemment votre expérience spirituelle, mais en ajoutant que le fait d'être partagée par des milliers d'êtres humains, et même par des milliards dans le cas des croyances religieuses,
ne constitue pas à mes yeux un argument péremptoire acceptable par tous.
Il n'y a pas selon moi une "ignorance totale de l'être humain de ce qu'il est véritablement", parce que les sciences humaines s'en préoccupent depuis plus d'un siècle, ce qui a fait prendre
conscience de l'infinie complexité des phénomènes humains.
Quelles sont, selon vous, les mutations déjà en cours dans la société actuelle (occidentale, orientale et autres ) ? Pour ma part, je vois surtout celle d'une islamisation croissante, partout dans
le monde, avec comme corollaire prévisible un affrontement encore plus virulent qu'actuellement entre les trois monothéismes et surtout contre les athées, les pires "mécréants" à exterminer si le
coran est pris à la lettre.
Lorsque vous écrivez que "l'humanité n'est pas encore prête à intégrer ce qui l'attend", cela me fait penser aux discours des croyants (qui eux aussi croient qu'il y a une "âme") et qui me
répondent en espérant que je retrouverai un jour la foi (protestante) de mes 20 premières années, âge auquel il est encore possible de remettre en question les certitudes imposées, à condition
d'avoir pu découvrir les options non confessionnelles occultées par toutes les religions. Ce fut mon cas c'est ainsi que je suis devenu athée depuis un demi siècle.
Je cherche à vous comprendre : la partie de l'humanité qui "s'éveille" ne serait-elle pas celle qui est croyante ?
Contrairement à vous, je pense que l'immense majorité de ceux qui peuplent la planète (sauf ceux de quelques pays européens) reste inféodée par une religion, une idéologie ou une secte.
Rien n'indique que les animaux posséderaient une âme (sauf pour les bouddhistes), et encore moins un esprit. Ils n'ont même pas conscience d'exister et ils ignorent qu'ils vont mourir, même en
voyant leurs congénères morts. Au mieux, dit-on, les éléphants se retirent vers leur cimetière pour y mourir.
Le néocortex des primates non humains leur permet certains comportements qui préfigurent les nôtres, tels que la vie en société, une certaine empathie, etc., mais on ne connaîtra sans doute jamais
les circonstances précises qui, il y a quelque six millions d'années, ont conduit certains d'entre-eux à se séparer des arboricoles et à quitter l'Afrique pour émigrer dans le monde entier, ce qui
a favorisé la station bipède (3,5 millions d'années), accessoirement l'atrophie des orteils devenus inutiles, et surtout l'hypertrophie de leur cerveau permettant le langage articulé,et plus tard
la pensée, mais aussi hélas, il y a quelque 20.000 ans, les croyances animistes, chamaniques, puis les religions ...
Il ne faut évidemment pas "s'arrêter aux connaissances acquises, mais élargir son horizon". C'est ce que je tente de faire depuis des années, pour moi-même et en proposant à celles et ceux qui ont
une autre perception que moi de "ce qui EST", et notamment aux croyants à qui la foi fait plus tort que de bien et qui cherchent à s'en affranchir.
A bientôt.
Michel THYS

Totem 16/09/2012 17:06

Re bonjour Mr. THYS

En fait vous voyez les choses à partir de vos connaissances et moi à partir d'expériences qui sont le fait de milliers d'êtres humains sur la planète et à l'heure actuelle cette expérience est
pleine évolution, il suffit de s'intéresser de prè à la chose pour s'en rendre compte. Vous parler d'obscurantisme religieux, hors il n'y a pas d'obscurantisme du tout, il y a une ignorance totale
de l'être humain de ce qu'il est véritablement alors il cherche par tous les moyens, dont la religion, ou autre, même l'athéisme ou l'agnosticisme. Il cherche et il ne trouve pas, tout simplement
parce que ce qu'il cherche est à l 'intérieur de lui même il n'y a pas accès par ignorance, scepticisme et aussi par tous les conditionnements dus à la civilisation. En tous les cas l'humanité est
entrain de muter et une partie à commencé, c'est pour le moment imperceptible aux yeux de beaucoup dont les vôtres, mais le fait est là et quelque soit les débats de toutes sortes ça ne changera
rien. Il m'a fallu un bout de temps pour l'admettre et je n'ai pas eu le choix de faire autrement sauf de faire comme les autruches, à savoir me plonger la tête dans le sable pour ne pas voir et je
pense que c'est ce que font beaucoup de gens, même certains confrontés à ce changement qui demandent comment arrêter le processus qui s'est mis en route, et malheureusement on ne peut pas le faire
à moins de se tirer une balle dans la tête. Voyez vous, c'est quelque chose qui pour l'instant ne vous parle pas, mais ça viendra en son temps et je crois d'ailleurs que certains scientifiques sont
au courant mais ce sont des choses dont on ne parle pas car l'humanité n'est pas encore prête à intégrer ce qui l'attend à l'heure actuelle.
L'humanité ne régrograde pas, du moins pas toute l'humanité, car une partie s'éveille et voit ce qu'il faut changer et plus il y aura de personnes s'éveillant, plus le changement sera évident.
Si l'homme met autant de tant à évoluer c'est parce qu'il est endormi depuis très longtemps, il possède en lui tout un matériel en sommeil qui ne demande qu'une étincelle pour se réveiller et
certains scientifiques le savent mais c'est le comment éveiller ce matériel qui pose problème et le comment est l'avènement de l'âme car tout ce qui n'a pas d'âme ne peut être qu'un robot, même les
animaux ont en une.
Voyez vous, passer derrière le voile fait voir le monde en mode panoramique où l'on voit tout ce qui est mauvais, comme tout ce qui est bon.
POur ce qui est des expériences que vous nommez d'individuelles, c'est normal qu'elles le soient car l'évolution de l'être humain vers une conscience plus élevée est d'abord individuelle, mais le
fait que l'expérience ait lieu en grand nombre aujourd'hui est le présage d'une évolution plus collective et plus rapide, c'est un peu comme l'histoire du 100è singe. Vous êtes un chercheur et en
véritable chercheur il faut creuser plus profond, ne pas s'arrêter aux connaissances acquises, mais élargir son horizon, ça ne veut pas dire pour autant adhérer, mais au moins savoir ce qui
EST.

Bien à vous

Michel THYS 16/09/2012 15:05

Re-bonjour Totem,
Merci pour votre commentaire. Je n'ai pas été plongé dans votre "face du monde", mais cela ne m'empêche pas d'au moins tenter de l'imaginer. La simple dénomination d'"états de conscience" est sans
rapport avec le niveau de compréhension ou d'ignorance des "mécanismes neurophysiologiques" qui les régissent, et cela n'exclut pas ce qui n'est pas encore connu.
Il est difficile , voire impossible, de "prouver" la réalité et encore moins la pertinence d'expériences subjectives, parce qu'elles sont individuelles et qu'elles échappent donc à l'observation et
à l'expérimentation scientifiques.
A mes yeux l''humanité n'est pas "en train de muter", mais seulement de rétrograder, de régresser vers des mécanismes religieux ou sectaires sécurisants qui semblaient révolus, les religions
monothéistes confirmant l'origine de l'intolérance et des violences qu'elles provoquent et leur volonté de dominer, à terme, le monde entier.
Dire que "la substance de vie"" est "indépendante de la matière" me semble déjà contradictoire. La vie me paraît au contraire "consubstantielle" de la matière, dont elle est la forme la plus
complexifiée après des centaines de millions d'années d'évolution. Ajouter que cette substance est "intelligente" me paraît une projection anthropomorphique, tout comme la notion de "progrès". Il
me semble au contraire que la pire conséquence de l'évolution animale fut de développer le cerveau des seuls primates humains au point de le rendre capable d'imaginer un nouveau mécanisme de
défense face aux dangers ou aux forces de la nature en imaginant des dieux protecteurs, puis un seul. Les autres mammifères n'ont d'autre exutoire que l'attaque, la fuite, l'inhibition (cf Henri
LABORIT) ou la diarrhée ...
La mort, définie par un EEG plat, est pourtant un processus assez lent (la barbe et les cheveux continuent à pousser un certain temps, dit-on).
Je pense qu'il n'y a pas de "fonctions endormies chez l'être humain", mais seulement des fonctions et des virtualités dont il n'a pas encore pris conscience et qui sont susceptibles
d'apprentissage, à moins d'avoir été aliéné par une religion.Cela ne prouve évidemment pas l'existence de "l'âme".
A propos de la "vraie nature de l'homme", l'être humain actuel a hérité de l' irrationalité atavique l'incitant aux croyances religieuses et aux superstitions, ce dont les religions ont profité
depuis toujours pour maintenir, avec la complicité du pouvoir politique, la soumission et leur mise sur les consciences.
Le présocratique Héraclite disait déjà "Panta rhei", tout coule, tout change, tout se transforme, ce que Lavoisier a redécouvert, mais l'évolution met des millions d'années avant que ses effets
soient perceptibles. Ce n'est pas une raison pour "suivre le mouvement malgré nous" : ce serait incompatible avec la volonté des humanistes laïques de faire "progresser" les mentalités vers une
société plus respectueuse de la différence des autres, et surtout du droit de tout être humain de s'affranchir des obscurantismes religieux ou idéologiques.
Bien à vous,
Michel THYS