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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:25

 

Bonjour Madame Le Bars,

 

Merci de permettre à des non abonnés au Monde de faire un commentaire.

C’est rare !

La mission d’information d’André GERIN sera, je l’espère le catalyseur qui fera progresser les rapports tendus entre la laïcité et les religions.

Je pense que les islamistes ont une stratégie bien réfléchie : par des provocations telles que la burka, et du fait que l’on interdit le voile à l’école, ils veulent amener les pays démocratiques à autoriser la création de plus en plus d' écoles coraniques subsidiées ...

 

L’apparition de la burka chez nous est une conséquence logique des nombreuses concessions au respect de prescrits religieux (piscines et menus séparés, refus d’un médecin masculin, etc ..), et donc d’une conception laxiste de la tolérance, souvent par opportunisme électoral. Les fondamentalistes profitent de la « tolérance » laïque…Toutes les religions, en perte de vitesse, réagissent d’ailleurs par des tentatives de reconfessionnalisation des consciences et de recléricalisme de l’espace public.

 

Vous écrivez in fine : « Les discussions en cours montrent qu'un amalgame se dessine entre la burqa et le foulard islamique ».

Plutôt que d’un amalgame, c’est d’un point commun que je parlerais : ils ne diffèrent, à mes yeux, que par une différence de degré dans la soumission.

Les musulmanes de chez nous, quoi qu’elles en disent, portent-elles la burqa (et même le voile islamique) "en toute liberté" ou sont-elles contraintes de se soumettre au coran, aux traditions et au pouvoir patriarcal, tous deux fondamentalistes ?

Ont-elles eu la possibilité de changer de religion, ou de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ’(...)". Il est évident que non …

Préférer la soumission à l’émancipation est évidemment un droit, mais il ne me paraît acceptable que si cette option a été prise en connaissance de cause, et librement.

 

La soumission, en particulier celle des musulman(e)s s’explique.

Les observations psycho-neuro-physio-génético-éducatives  confirment que la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, puis confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral, puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.

 

C’est un fait d’observation sociologique : en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas, et la religiosité à l’âge adulte en dépend  … L’IRM fonctionnelle tend à confirmer que cette éducation laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, puis dans le cerveau rationnel. L’esprit critique et le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Les musulman(e)s , en France, ne connaissent que la laïcité « politique » exprimée par la loi de 1905 : la séparation de l’Etat et des religions, condition sine qua non de la coexistence pacifique entre les religions, et entre croyants et incroyants.

Hélas, ils n’ont pas compris que la laïcité (philosophique), ce n'est pas seulement "la liberté absolue offerte à toutes les religions ou philosophies de s'exprimer". C'est aussi offrir à tous la possibilité de faire un choix entre ces diverses options.

Car, à mes yeux, la liberté n'a pas de sens en l'absence d'alternatives.

La libre expression a d’ailleurs des limites : ne sont pas acceptables des idéologies qui ne respectent pas les valeurs universelles, ou plutôt universalisables, puisque bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant, ou encore la liberté de pensée.

 

Or la burka symbolise l’asservissement de la femme. Elle doit donc être légalement interdite, de même que le voile à l’école en Belgique francophone, car c’est un symbole de soumission religieuse. Or la religion n’a (plus) rien faire à l’école, dont le but est d’émanciper par l’instruction et de préparer à une citoyenneté responsable.

 

Certes, interdire n’est jamais la meilleure solution. Mais face aux exigences croissantes inspirées par la charia, et à la soumission qu’elle impose, les beaux principes et la « vigilance » laïques ne suffisent plus : il devient nécessaire de légiférer, et surtout de repenser notre système éducatif, tant en Belgique qu’en France.

 

Hélas, à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, le système éducatif à deux réseaux favorise le communautarisme. Certes, il s’appuie sur la liberté constitutionnelle d’enseignement, mais en amont, le respect des libertés constitutionnelles de conscience, de pensée et de religion est à mon avis plus symbolique qu’effectif …

 

Certes, pour s’adapter à l’évolution des mentalités, l’enseignement confessionnel

a mis un bémol à son dogmatisme, et il a récupéré certaines valeurs laïques, mais il  n’a pas renoncé pour autant à maintenir sa mainmise sur les consciences ... Son « projet éducatif » est toujours actuel : il reste élitiste et inégalitaire, il favorise le repli identitaire, le communautarisme, et il est donc obsolète à mes yeux.

Dès lors, dans un souci de neutralité bien comprise, en France comme en Belgique après cinquante ans de « pacte » scolaire », il serait grand temps que l’enseignement confessionnel fusionne avec l’enseignement officiel, à tous les niveaux (et d’ailleurs pour d’évidentes raisons économiques).

 

Dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école - enfin devenue pluraliste – compenserait alors l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, par une DOUBLE  information minimale, progressive, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d'histoire ou de philosophie, sur le « fait religieux » (les différentes religions et ce qu’elles ont en commun), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, la franc-maçonnerie adogmatique, etc …, actuellement occultés).

 

Afin d’éviter tout « nivellement par le bas », il va de soi que, dans cette optique, une aide spécifique devrait être apportée aussi bien aux élèves non favorisés qu’aux surdoués. Cela permettrait enfin à chacun de choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses, d’améliorer l’adaptation des jeunes à la modernité et de tendre ainsi vers un meilleur « vivre ensemble » et vers une citoyenneté responsable.

Vivement un débat tous azimuts à ce sujet, et enfin des ACTES !

Mais en France, il faudra attendre l’après SARKOZY …

 

Michel THYS à Waterloo.

michelthys@base.be

http://michel.thys.over-blog.org

 

 

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Published by mithys
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