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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 10:33


Être opposé à la burka et au niqab, ce n’est pas vouloir libérer un individu contre son gré . A mes yeux, c’est lui permettre, s’il le veut bien, de prendre connaissance d’informations qui lui ont été cachées, relatives aussi bien aux options religieuses qu’aux options laïques et qui sont susceptibles de lui faire prendre conscience de l’aliénation qu’il a subie, et peut-être de s’en libérer, à moins qu’il préfère persister dans la soumission et l’obéissance, ce qui est son droit.

Le rôle de l’Etat, dans une conception non hypocrite de la neutralité, devrait à mon sens se limiter à cette information et à inciter les parents croyants à prendre conscience de leur responsabilité morale lorsqu’ils imposent à leurs enfants, bien que très légitimement, une éducation religieuse unilatérale, confortée par un milieu culturel exclusif.
Dans cette optique, soit dit en passant, il faut évidemment empêcher le port de la burka, et faire savoir aux musulmans fondamentalistes qui, à la suite d’une interdiction légale, cloîtreraient leurs femme chez eux, qu’ils sont passibles de poursuites pour séquestration.

Actuellement, selon moi, la Constitution, tant française que belge, ne garantit PAS la liberté de conscience et de religion : ces textes ne font qu’exprimer symboliquement une intention, un idéal, un voeu pieu ... En effet, rien n’est fait pour rendre les libertés effectives.

Le  respect de la dignité humaine, et, a contrario de son non-respect, c’est-à-dire de la violence, pourraient aboutir à la  revendication (violente ?) des droits particuliers pour les minorités qui se sentent humiliées. Cela  nécessite de  s’attaquer aux causes profondes.
Je vous soumets mon point de vue :

1. génétiquement, et dans un certain contexte culturel et affectif, tout animal humain, du fait de son cerveau reptilien, est virtuellement capable de haine et de violence, à des degrés divers selon l’inné et l’acquis de chacun. Le fait est que cette violence est de moins en moins contenue par les interdictions religieuses d’antan (« Tu ne tueras point... ».Hélas, le déclin de la religiosité n’a pas été compensé par une éducation « humanisante » d’inspiration laïque : la conscience morale, le sens des valeurs, le respect de l’autre et de sa différence, ..., loin d’apparaître spontanément, ne s’acquièrent que par une éducation fondée sur l’autonomie, la responsabilité individuelle, l’esprit critique, sur l’apprentissage des limites et du respect, sur l’exemple des éducateurs, sur des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc ... Cette morale laïque reste cependant rétive, on la comprend, à tout prosélytisme, et les autorités religieuses et politiques qui leur sont inféodées (cf Sarkozy ...) se gardent bien de laisser pénétrer plus encore un vent libertaire dans les établissements confessionnels ...

2. La question fondamentale sous-jacente à la burka, me paraît être celle de la perception que se font ces minorités de la liberté individuelle.

Je ne voudrais choquer aucun croyant, en particulier les musulmans, mais lorsque j’entends des musulmanes voilées revendiquer leur « liberté de choix et d’expression », je voudrais leur poser deux questions (mais je m'en abstiens verbalement ...) :

 a/ Avez-vous eu l’occasion de choisir, à temps, en connaissance de cause, sur base d’alternatives non aliénantes, et donc en toute liberté, soit la soumission à un texte « sacré » mais intolérant et à des traditions aussi inégalitaires qu’inadaptées à notre époque, soit l’autonomie, la responsabilité individuelle, la liberté de pensée, etc … que propose   l’humanisme laïque ?

b/ Savez-vous que ls neurosciences relativisent de plus en plus le libre arbitre ? En effet :
- des psychologues, même religieux,ont constaté qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas , quelle que soit la religion.
- des neurophysiologistes ont observé, par IRM fonctionnelle, que l’éducation religieuse, forcément affective, confortée par un milieu croyant unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et donc le libre arbitre et l’esprit critique ultérieurs, dès qu’il est question de religion, donc indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.
- des généticiens ont émis l’hypothèse que, du temps des premiers hominidés, les enfants n’auraient jamais pu survivre si leur cerveau totalement immature n’avait pas été pourvu par l’évolution de gènes les rendant tout à fait soumis à leurs parents, et plus tard à un dieu.

Il en résulte à mon sens que chacun devrait pouvoir réellement choisir de croire OU de ne pas croire. L’école devrait donc compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle, mais unilatérale, par une information minimale, objective et non prosélyte, à la fois sur les options religieuses ET sur les options laïques. Cette saine conception de la neutralité est à la base de « laïcité philosophique », inconnue en France et occultée en Belgique. Elle devrait renforcer la « laïcité politique » française et la « neutralité » belge, toutes deux incapables d’assurer une « vivre ensemble » harmonieux et une citoyenneté responsable, puisqu’elles maintiennent le statu quo, et favorisent l’incompréhension, le communautarisme, le repli sur soi, l’indifférence, et même l’intolérance.


Michel THYS à Waterloo. http://michel.thys.over-blog.org

 

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Published by 30.06.2009
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