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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 10:14

 

> Signes religieux à l’école : les sikhs en appellent à l’ONU

22 juillet 2009, par Michel THYS   [retour au début des forums]
Au-delà de la question du port du turban sikh ...

La question du port du turban sikh soulève un problème fondamental. Réunir les modérés de tous bords autour d’un idéal de destin commun : tel est l’enjeu de ce 21e siècle. Encore faut-il définir cet idéal ... La laïcité, qu’elle soit politique ou philosophique, n’a pas pour but de créer un communautarisme majoritaire, mais au contraire de faire admettre et respecter des valeurs "universalisables", parce que bénéfiques à tous.

Mais comment concilier les croyances religieuses, fondées à des degrés divers sur la soumission, et l’agnosticisme ou l’athéisme, qui, loin d’être antireligieux, n’imposent rien et prônent seulement l’autonomie ? Le "Sacré" religieux, fondé sur la "Révélation", est-il conciliable avec ce qui, pour un laïque, est "sacré", dans le sens d’inviolable, c’est-à-dire d’abord le respect de la dignité de l’homme de la femme et de l’enfant, de leurs droits et de leurs libertés ?

La laïcité n’est pas devenue une croyance en l’absence de croyance, et pour cause : l’athée ne "croit" pas que "Dieu" n’existe pas. Il "pense", il estime, il conclut qu’il n’existe pas, ou qu’il n’existe que dans l’imagination des croyants. Un débat exempt de passions sur cette question, implique à mes yeux un préalable : que chacun ait le droit de choisir, aussi librement que possible, de croire ou de ne pas croire, ce qui remet évidemment en question le droit des parents, certes légitime mais unilatéral, à imposer leur religion à leurs enfants.

Un tel projet éducatif n’est concevable qu’en instaurant un système éducatif pluraliste qui offrirait à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte, à la fois sur les différentes options religieuse ET sur les différentes options laïques.

C’est ma conception d’une saine neutralité : non plus passive, laxiste et hypocrite, mais active, par simple honnêteté intellectuelle. Mais l’opposition des religions est prévisible puisque les options laïques seront probablement privilégiées ...

Venons-en au turban des Sikhs. Le respect de la différentiation, le droit à la différence ont des limites : celles de valeurs inconciliables avec l’humanisme et donc constitutives des "discriminations" et du "choc des civilisations" qu’elles ne peuvent qu’accroître.

Les "traditions spiritualistes" sont certes respectables, dans la mesure où elles respectent les droits humains fondamentaux, mais elles ne peuvent avoir la prétention de s’imposer à la vue de ceux qui ne les partagent pas, en dehors donc de leur vie privée. En effet, les laïques sont en droit de se demander si ceux qui portent le turban, inféodés à des traditions d’un autre temps, sont susceptibles de s’adapter à la modernité et à notre conception de la citoyenneté. Les trois religions monothéistes et les sectes me paraissent bien plus intolérantes et génératrices de violence et de racisme que les rares "bouffeurs de curés" actuels ...

La véritable violation des droits de l’homme, me semble-t-il, c’est que notre Constitution ne garantit PAS la liberté de conscience et de religion, qui est plus symbolique qu’effective, puisqu’elle ne permet pas son émergence. De fait, il y a une corrélation évidente entre l’éducation religieuse, confortée par une milieu croyant excluant toute alternative, et la persistance de la foi : l’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % ...

Les neurosciences l’expliquent par les traces neuronales que laisse cette éducation dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie à des degrés divers le cerveau rationnel et donc l’esprit critique, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.

Le droit fondamental de l’être humain, selon moi, c’est celui de pouvoir s’émanciper des dogmatismes, quels qu’ils soient, et de s’épanouir par l’acceptation des différences, toujours enrichissantes, plutôt que par l’actuel communautarisme. Michel THYS http://michel.thys.over-blog.org

 

Michel Thys

24 juillet, à 11:41

Bonjour Monsieur Kudrat Singh Ménir,
Merci d'avoir réagi, fût-ce brièvement, à mon point de vue concernant le turban sikh. Cela m'a donné l'occasion déjà de découvrir l'un de vos textes dans France démocrate.

Je voudrais dire d'abord que le respect et la promotion de l' Egalité (des droits et des devoirs) vont de pair, à mes yeux, avec ceux de la Liberté et de la Fraternité (ou au moins de la Solidarité).
Je pense, comme Jean MONOD et vous-même, que "l'enjeu de l'existence de l'espèce pourrait bien résider dans l'écart risqué entre ses membres", puisque l'acceptation de la différence est source d'enrichissement mutuel, et, hélas, inversement.

Il faut craindre en effet "l'homogénéisation des modes de vie et de pensée" (même si je ne les place pas sur le même plan) : la pensée tend à devenir "unique", notamment sous l'influence des mediia, de la globalisation tous azimuts, mais aussi je le crains, du fait des interventions des religions dans l'espace public en vue de réimposer leur Vérité excliusive, en réaction à la laïcisation croissante de nos sociétés.

Les " modes de vie" me paraissent, eux, relever de la vie privée, comme toutes les traditions, qu'elles soient ou non religieuses.
Ce qui m'inquiète dans toutes les traditions, c'est que, par définition, elles n'évoluent pas, ne s'adaptent pas, ou quasi pas, alors que nous vivons de plus en plus dans un monde de pluralité des cultures et des convictions. Le cas de l'islam est flagrant : même s'il existe des divergences de vues et des dissensions en son sein : la soumission au coran, à la sunna, etc ... reste irrémédiable avant au moins un siècle ...

Vous en conviendrez sans doute : vouloir, de nos jours, imposer une Vérité absolue et exclusive, est suicidaire : la "vérité" me semble au contraire devoir être personnelle, partielle et donc provisoire.
Ce que j'apprécie dans la franc-maçonnerie adogmatique (GOdF, GOB, DH; GLFF, GLFB surtout), c'est que, précisément, on y privilégie la diversité des opinions, on ne cherche pas à convaincre ou à avoir raison : au contraire, chacun(e), au contact tolérant avec la "vérité" des autres, cherche à se forger la sienne, toujours révisable, comme en sciences.
Je regrette donc que la franc-maçonnerie "régulière", anglo-saxone, impose la croyance en dieu, grand architecte de l'univers, même si "c'est un symbole"...

Entendons-nous bien : je ne conteste évidemment pas le droit, légal, de
porter en public des symboles religieux et culturels, tant qu'ils ne dépassent pas une certaine limite (celle de la liberté des autres d'en être dérangés), mais je crains, bien que vous soyez une exception, que l'attachement à un turban, par exemple, soit, pour la plupart, révélateur d'un respect inconditionnel à des traditions d'un autre âge, et donc difficilement compatibles avec l'actuelle évolution des esprits et des mentalités.

Cordialement,
Michel THYS

 

Kudrat Singh Ménir

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25 juillet, à 22:01

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Cher Monsieur

Me devise est "vivre et laisser vivre".. De mon côté il est trop tard pour y ajouter quelque chose et tenter de revenir dans ce débat. J'ai été privé de parole , plus que vraisemblablement boycotté par les média, et traité comme un dissident durant ces six années. J'attends donc maintenant le décision du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU et me chercherai ensuite si besoin est une société d'accueil plus tolérante.

 

Par mithys
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 10:33


Être opposé à la burka et au niqab, ce n’est pas vouloir libérer un individu contre son gré . A mes yeux, c’est lui permettre, s’il le veut bien, de prendre connaissance d’informations qui lui ont été cachées, relatives aussi bien aux options religieuses qu’aux options laïques et qui sont susceptibles de lui faire prendre conscience de l’aliénation qu’il a subie, et peut-être de s’en libérer, à moins qu’il préfère persister dans la soumission et l’obéissance, ce qui est son droit.

Le rôle de l’Etat, dans une conception non hypocrite de la neutralité, devrait à mon sens se limiter à cette information et à inciter les parents croyants à prendre conscience de leur responsabilité morale lorsqu’ils imposent à leurs enfants, bien que très légitimement, une éducation religieuse unilatérale, confortée par un milieu culturel exclusif.
Dans cette optique, soit dit en passant, il faut évidemment empêcher le port de la burka, et faire savoir aux musulmans fondamentalistes qui, à la suite d’une interdiction légale, cloîtreraient leurs femme chez eux, qu’ils sont passibles de poursuites pour séquestration.

Actuellement, selon moi, la Constitution, tant française que belge, ne garantit PAS la liberté de conscience et de religion : ces textes ne font qu’exprimer symboliquement une intention, un idéal, un voeu pieu ... En effet, rien n’est fait pour rendre les libertés effectives.

Le  respect de la dignité humaine, et, a contrario de son non-respect, c’est-à-dire de la violence, pourraient aboutir à la  revendication (violente ?) des droits particuliers pour les minorités qui se sentent humiliées. Cela  nécessite de  s’attaquer aux causes profondes.
Je vous soumets mon point de vue :

1. génétiquement, et dans un certain contexte culturel et affectif, tout animal humain, du fait de son cerveau reptilien, est virtuellement capable de haine et de violence, à des degrés divers selon l’inné et l’acquis de chacun. Le fait est que cette violence est de moins en moins contenue par les interdictions religieuses d’antan (« Tu ne tueras point... ».Hélas, le déclin de la religiosité n’a pas été compensé par une éducation « humanisante » d’inspiration laïque : la conscience morale, le sens des valeurs, le respect de l’autre et de sa différence, ..., loin d’apparaître spontanément, ne s’acquièrent que par une éducation fondée sur l’autonomie, la responsabilité individuelle, l’esprit critique, sur l’apprentissage des limites et du respect, sur l’exemple des éducateurs, sur des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc ... Cette morale laïque reste cependant rétive, on la comprend, à tout prosélytisme, et les autorités religieuses et politiques qui leur sont inféodées (cf Sarkozy ...) se gardent bien de laisser pénétrer plus encore un vent libertaire dans les établissements confessionnels ...

2. La question fondamentale sous-jacente à la burka, me paraît être celle de la perception que se font ces minorités de la liberté individuelle.

Je ne voudrais choquer aucun croyant, en particulier les musulmans, mais lorsque j’entends des musulmanes voilées revendiquer leur « liberté de choix et d’expression », je voudrais leur poser deux questions (mais je m'en abstiens verbalement ...) :

 a/ Avez-vous eu l’occasion de choisir, à temps, en connaissance de cause, sur base d’alternatives non aliénantes, et donc en toute liberté, soit la soumission à un texte « sacré » mais intolérant et à des traditions aussi inégalitaires qu’inadaptées à notre époque, soit l’autonomie, la responsabilité individuelle, la liberté de pensée, etc … que propose   l’humanisme laïque ?

b/ Savez-vous que ls neurosciences relativisent de plus en plus le libre arbitre ? En effet :
- des psychologues, même religieux,ont constaté qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas , quelle que soit la religion.
- des neurophysiologistes ont observé, par IRM fonctionnelle, que l’éducation religieuse, forcément affective, confortée par un milieu croyant unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et donc le libre arbitre et l’esprit critique ultérieurs, dès qu’il est question de religion, donc indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.
- des généticiens ont émis l’hypothèse que, du temps des premiers hominidés, les enfants n’auraient jamais pu survivre si leur cerveau totalement immature n’avait pas été pourvu par l’évolution de gènes les rendant tout à fait soumis à leurs parents, et plus tard à un dieu.

Il en résulte à mon sens que chacun devrait pouvoir réellement choisir de croire OU de ne pas croire. L’école devrait donc compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle, mais unilatérale, par une information minimale, objective et non prosélyte, à la fois sur les options religieuses ET sur les options laïques. Cette saine conception de la neutralité est à la base de « laïcité philosophique », inconnue en France et occultée en Belgique. Elle devrait renforcer la « laïcité politique » française et la « neutralité » belge, toutes deux incapables d’assurer une « vivre ensemble » harmonieux et une citoyenneté responsable, puisqu’elles maintiennent le statu quo, et favorisent l’incompréhension, le communautarisme, le repli sur soi, l’indifférence, et même l’intolérance.


Michel THYS à Waterloo. http://michel.thys.over-blog.org

 

Par 30.06.2009 - Communauté : Laïcité philosophique
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Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 10:27

 

A la limite de l’objectif et du subjectif, une telle approche peut paraître délicate.

Elle ne vise pourtant pas à prouver quoi que ce soit, mais à inciter à la réflexion.

Il n’est pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-éducatifs. Pas plus que de chercher à minimiser la part de liberté individuelle. N’est-il pas légitime cependant de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, sociologique, etc…) par une approche neuroscientifique, bien qu’encore très partielle, afin de mieux comprendre l’origine et la fréquente persistance de la foi ?

 

Actuellement, n’est-il pas évident que le respect des libertés constitutionnelles de conscience, de pensée et de religion est en fait plus symbolique qu’effectif ?

La liberté d’exprimer sa religion, ou d’en changer, ne devrait-elle pas être précédée par celle d’en avoir une OU de ne pas en avoir ?

 

J’observe que, statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante.

L’éducation coranique (c’est un fait sociologique) en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Comme l’avait déjà compris  Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’a pu survivre que parce que l’évolution animale avait pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et  totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu …).

Cela expliquerait que toutes les religions aient réussi aussi longtemps (mais de moins en moins sous nos latitudes) à imposer la soumission à un dieu et à des textes « sacrés », et que les sectes réussissent à exploiter la « quête de sens »...

 

Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc aussi, depuis toujours comme mécanisme de défense, la capacité évolutive du seul néocortex humain à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il rationnellement qualifié d’ « authentique, épuré, présence Opérante du Tout-Autre », etc …

 

Par ailleurs, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (centres de la peur, et donc pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …

 

Des neurophysiologistes ont d’ailleurs observé - l’ IRM fonctionnelle le confirme - que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.

 

Cela expliquerait la difficulté, voire l’impossibilité, pour bien des croyants de plus de 25 ans environ, sans doute par autodéfense, de remettre leur foi en question, même si elle leur fait plus de tort que de bien, et de s’ouvrir à la différence enrichissante de l’autre. On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. A mes yeux, critiquer les religions et leurs dérives (inégalité des femmes, excisions, …) est, et doit rester, un droit fondamental (comme bien sûr la croyance en un dieu, mais elle est d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie plutôt qu'imposée …).

 

Même si, pour s’adapter à l’évolution des mentalités, l’enseignement confessionnel

a récupéré certaines valeurs laïques, il  n’a pas renoncé à maintenir sa mainmise sur les consciences ... Son « projet éducatif » en témoigne. Il reste élitiste et inégalitaire, il favorise le repli identitaire, le communautarisme, et est donc obsolète. Dans un souci de neutralité et de qualité, après cinquante ans de « pacte » scolaire » belge , n’est-il pas grand temps qu’il fusionne avec l’enseignement officiel, à tous les niveaux (et d’ailleurs pour d’évidentes raisons économiques) ?

 

Mieux : dans un souci de réduire les inégalités socioculturelles, l’école - enfin devenue pluraliste - devrait compenser l’influence des parents, certes légitime et constitutionnelle mais unilatérale, - ne leur en déplaise ! - par une double information minimale, objective et non prosélyte :  d’une part, au cours d'histoire, sur le « fait religieux » (certes « l’amour du prochain », mais aussi, hélas, la soumission inhérente à toutes les religions, la part de responsabilité des trois religions monothéistes dans l’origine de l’intolérance, de la violence et des guerres, …), ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs universalisables - puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité humaine -, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, …, actuellement occultés).

 

Cela permettrait enfin à chacun de choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses, d’améliorer l’adaptation des jeunes à l’actuelle pluralité des cultures et des convictions et de tendre ainsi vers un meilleur « vivre ensemble » et une réelle citoyenneté.

Vivement, partout, un débat tous azimuts à ce sujet !

 

Michel THYS, à  Waterloo. 
http://michel.thys.over-blog.org

Par mithys
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 17:33

Face à la laïcisation croissante de la société, du moins sous nos latitudes, et bien que la foi relève de la sphère privée, toutes les religions réagissent par des tentatives de réinvestissement des consciences, de re-confessionnalisation de l'espace public et de néo-cléricalisme politique, surtout depuis Jean-Paul II, Benoît XVI, le "chanoine-président" Sarkozy 1er et autres évangélistes ou créationnistes...
 Il n'est évidemment pas acceptable que certains prescrits religieux prévalent parfois sur la loi.

L' Etat, qu'il soit français ou belge (quand inscrira-t-il enfin  la laïcité dans sa Constitution ? ! ), a une obligation de neutralité, et est censé "garantir" la liberté de conscience et de religion. Mais avant de prétendre garantir (théoriquement) la liberté d’exprimer sa religion, ne faudrait-il pas d'abord garantir (pratiquement) la liberté d'en avoir une ou de ne pas en avoir , afin d'être en mesure de choisir de croire ou de ne pas croire ?

 Hélas, aussi bien en France qu'en Belgique, malgré la différence de conception de la laïcité, les laïques ne se préoccupent "que" de la défense du principe de séparation des Eglises et de l'Etat.
Rien n'est fait nulle part pour que chacun soit informé des diverses options philosophiques autres que la croyance : le déisme, l'agnosticisme, l'incroyance, l'athéisme, la libre pensée, la franc-maçonnerie adogmatique, ...
On craint sans doute d'être taxé de prosélytisme laïque ou d'intolérance.
Personne n'ose rappeler que, le plus souvent, la liberté de croire ou de ne pas croire est compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ainsi que par l'influence d'un milieu culturel excluant toute alternative humaniste non aliénante, et n'est-elle donc pas plus symbolique qu'effective. 
 L'éducation coranique (c'est un fait sociologique) en témoigne à 99,99 % ...
 
N'est-il pas temps de tenir compte d'approches inhabituelles ?
Ainsi, Richard DAWKINS a  expliqué que jadis, du fait de son cerveau tout à fait immature, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution ne l'avait pas pourvu de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu ).
Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a montré qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ? (et donc l'aptitude à imaginer un "père" protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il "Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

D'autre part, des neurophysiologistes ont établi (je simplifie à outrance ...) qu'avant les hippocampes (centres de la mémoire explicite), les amygdales (pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel ! ) sont déjà capables, dès l'âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur.

Ces chercheurs ont constaté, par l'IRM fonctionnelle, que le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion (ce qui expliquerait la difficulté, voire l'impossibilité, pour bien des croyants, de remettre leur foi en question et leur fréquent besoin de prosélytisme).

N'est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ?

Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle par une approche neuroscientifique, bien qu' encore très partielle, afin de mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc de permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

N’est-il pas grand temps dès lors de repenser le rôle de l' Etat, mais aussi celui des parents et des enseignants croyants qui devraient se demander si, de nos jours, ils ont encore moralement le droit, fût-il constitutionnel, de transmettre la même éducation que celle qu'ils ont reçue, de plus en plus inadaptée à la modernité ?

Sans se départir de sa neutralité, et au-delà du cours d'histoire, l’école ne devrait-elle pas compenser l'influence unilatérale de la famille et celle d'un milieu religieux exclusif, par une information minimale, objective et non prosélyte, non seulement sur le « fait religieux »,  mais AUSSI, et pour réduire les inégalités socioculturelles, sur le « fait laïque », ce qui ferait découvrir aux jeunes qu'avant toute rationalisation (
a posteriori), les religions incitent toutes à la soumission, tandis que la laïcité prône au contraire l'autonomie et la responsabilité individuelle ?

N'est-il pas important  que les parents croyants sachent que la laïcité philosophique, bien qu'elle refuse toute référence divine et qu'elle conteste le droit d''imposer la croyance, n'est pas pour autant antireligieuse, et qu'elle vise seulement à faire connaître l'alternative de l'humanisme laïque, ses principes, ses valeurs, ses fondements, ses options et ses objectifs, actuellement occultés ?

N'est-il pas indispensable de découvrir que, loin de se fonder sur la soumission à des "Commandements"  et à des "textes sacrés", la morale laïque s'appuie sur le libre examen, l'esprit critique à tous points de vue, développe une conscience morale autonome, et incite à  une spiritualité laïque dans le but de donner un sens à l'existence, autrement que par la spiritualité religieuse ?

Ne faudrait-il pas dès lors, organiser tant en France qu'en Belgique, un véritable débat national et oser repenser, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, certaines notions fondamentales telles que la neutralité de l' Etat, la liberté constitutionnelle d'enseignement, la transmission des valeurs et les limites de la tolérance vis-à-vis des prétentions des religions à imposer leurs vérités exclusives, aussi bien celles du catholicisme, du judaïsme, du christianisme évangélique, de l'islamisme et des sectes que celles inspirées par d' éventuels relents d'athéisme idéologique et dogmatique ?

Quant à l'enseignement confessionnel, survivance obsolète, inégalitaire et élitiste du Moyen Âge, ne devrait-il pas faire place (après 50 ans de "pacte scolaire" en Belgique) à " l'école pluraliste", mise au frigo depuis 34 ans et, sans crainte d' encore introduire le loup dans la bergerie, à la fusion des réseaux officiel et privé, du primaire à l'universitaire, ne fût-ce que pour des raisons économiques ?

N'est-il donc pas légitime que la laïcité, tant politique que philosophique, bien qu'elle soit rétive à tout prosélytisme, se montre à présent non pas plus combattante mais plus fermement attachée à ses principes et à ses valeurs, plutôt que conciliante, frileuse, voire laxiste, afin de promouvoir enfin un meilleur  "vivre ensemble" au sein d'une société interculturelle et ouverte à une réelle citoyenneté ?

 

Michel THYS, à Waterloo. michelthys@tele2allin.be

 

 

Par Michel THYS - Communauté : Laïcité philosophique
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 17:14

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