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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 13:27

Les brèves de Philosophie Magazine

1 commentaire

Phil'Info

Une enquête intitulée « La querelle de l'inné et de l'acquis » a été publiée dans le no10 de Philosophie magazine (mai 2007). Elle faisait suite aux déclarations du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy concernant son projet de dépistage précoce de la délinquance chez les mineurs. Dans cet article, les généticiens et philosophes interviewés se positionnent contre la thèse naturaliste de l'existence de prédispositions à certains comportements sociaux et sexuels. Interrogé sur le site du journal quant à la part du déterminisme génétique dans les vies humaines, Henri Atlan, directeur du Centre en biologie humaine de l'hôpital Hadassah à Jérusalem et auteur de l'ouvrage Les Étincelles du hasard (Le Seuil, 1999 et 2003), recueil de réflexions philosophiques sur le vivant et la génétique, a rappelé la dépendance des gènes vis-à-vis de l'environnement. Un des internautes a réagi en questionnant le biologiste : ne peut-on pas comprendre les croyances religieuses à partir de causes neuroscientifiques ? Henri Atlan répond ici à cette interrogation, en adoptant un point de vue anthropologique qui comprend la religion comme résultant d'un processus intellectuel plutôt que cérébral.


Cher Docteur Henri Atlan,

J'en suis gêné : je ne vous connaissais que par votre ouvrage «Tout, non peut-être » ... C'est à la suite de l'article de Frédéric Joignot (« Inné et acquis ») que je découvre enfin vos autres livres. Avec le même enthousiasme que celui qui m'animait, adolescent, en découvrant ceux de Jean Rostand, au début des années 50 ... Rares sont en effet les scientifiques qui osent s'éloigner de leur « spécialité » et exprimer une vision holistique de l'être humain, a fortiori dans des domaines aussi délicats et personnels que la religion. À cet égard, j'ai été déçu par l'attitude intellectuelle de certains neurophysiologistes ou neurologues américains ou canadiens, tels que Mario Beauregard ou Michaël Persinger, convaincus d'avoir trouvé dans le lobe pariétal l' « antenne » que « Dieu » y aurait placée pour recevoir sa « révélation » ! Il me paraît flagrant qu'ils ne cherchaient qu'à conforter leur propre croyance ... ! Patrick Jean-Baptiste, dans « La biologie de dieu », est plus discret dans l'expression de ses convictions, plus déistes qu'agnostiques. Ancien croyant (protestant) jusqu'à 24 ans (j'en ai 69), athée et franc-maçon depuis, je m'intéresse d'un point de vue laïque à l'origine de la foi, à sa fréquente persistance, ainsi qu'à la soumission, commune à toutes les religions. A ce sujet, puis-je me permettre de vous demander ce que vous pensez de la thèse de Richard Dawkins ? Selon lui, comme vous le savez, le petit de l'homme est le seul de tous les mammifères qui a absolument besoin de ses parents pour survivre. Il fallait donc que son cerveau tout à fait immature ait été pourvu par l'évolution de gènes qui le rendent soumis à ses parents, et donc plus tard à un « père protecteur substitutif (Antoine Vergote) et anthropomorphique. Dès 1966, dans « Psychologie religieuse », ce jésuite, professeur à l'université catholique de Louvain, a montré - paradoxalement - qu'en l'absence d'éducation religieuse précoce et affective, (puisque fondée sur la confiance et l'exemple des parents, puis confortée par un milieu culturel unilatéral), la foi n'apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l'âge adulte en dépend largement. D'autre part, des neurophysiologistes n'ont-ils pas établi que l'amygdale est capable, dès l'âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients, et donc celui des comportements religieux et des inquiétudes métaphysiques des parents, reproduits via les neurones-miroir du cortex préfrontal (?) ? Enfin, ces chercheurs n'ont-ils pas constaté, par l'IRM fonctionnelle, que le cortex préfrontal et donc l'esprit critique et le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion (ce qui expliquerait la difficulté, voire l'impossibilité, pour bien des croyants, de remettre leur foi en question) ? N'est-il pas logique et légitime dès lors que certains athées, comme Richard Dawkins, ou agnostiques comme Henri Laborit, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ? Loin de vouloir simplifier ou réduire l'infinie complexité du psychisme humain, et en particulier la foi, à un "mécanisme" psycho- neuro-physio-génético-éducatif, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, sociologique) par une approche neuroscientifique, bien qu'encore très encore partielle, afin de mieux comprendre le phénomène religieux et donc de permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ? Votre commentaire me serait précieux.

Je vous en remercie déjà, cordialement,

Michel Thys, à Waterloo.

Cher Monsieur,

Merci pour votre message. Je ne trouve pas très sérieuse cette analyse neurophysiologique de la foi en Dieu, tout simplement parce que celle-ci est limitée à un modèle monothéiste lui-même le plus souvent réduit aux catéchismes chrétiens. Les thèses évolutionnistes de Dawkins en général ne me semblent pas très sérieuses non plus, et celle-ci pas plus que les autres : tout ce qui existe est supposé avoir été fabriqué par l'Évolution dans des processus adaptatifs. Il est alors facile d'imaginer après coup des scénarios nous disant "pourquoi votre fille est muette".En outre les idées de "gènes égoïstes" de Dawkins ne sont plus défendables même si on a pu croire un jour qu'elles l'étaient (ce qui n'était pas mon cas!). A mon avis c'est à l'anthropologie qu'il faut faire appel plutôt qu'à la neurobiologie car celle-ci ne peut pas rendre compte de la qualité des activités intellectuelles ou affectives : on peut identifier des régions cérébrales sensibles à la musique mais pas distinguer l'activité cérébrale correspondant à un concerto de Mozart de celle stimulée par la musique de Brahms. Il en est de même des contenus spécifiques de croyances, que celles-ci soient rationnelles ou pas. Étant moi-même spinoziste je ne pense pas que les activités de l'esprit soient dissociées de celles du corps mais nous ne disposons pas d'un même vocabulaire unique pour les décrire. D'un point de vue philosophique le livre de Wittgenstein « De la Certitude » est assez éclairant. Du point de vue anthropologique, je défends avec d'autres la thèse des "ethnobotanistes" qui situe l'origine des expériences du sacré comme "autre réalité" dans les expériences d'hallucinations induites par des plantes ou encore celles des rêves particuliers comme chez les Aborigènes d'Australie avec leur "dreamland". Ensuite ces expériences se sont diversifiées suivant les histoires et géographies différentes et leur rationalisation après coup a donné lieu aux enseignements dits religieux, eux aussi diversifiés. J'ai essayé de présenter cette thèse dans mon livre "A tort et à raison. Inter critique de la science et du mythe", et l'ai en partie reprise dans "Les étincelles de hasard" tomes 1 et 2, plus explicitement spinoziste. Je ne crois pas que les enseignements religieux soient tous nécessairement de mauvaise foi dans la mesure où certains peuvent s'exercer de façon critique et avoir un effet moralisateur, même si parfois d'autres le sont et conduisent en plus aux catastrophes du fanatisme religieux.Il existe en outre aussi des mythes rationnels à l'origine de croyances tout aussi dangereuses génératrices d'idéologies meurtrières au nom de la science comme celles que nous avons connues au siècle dernier.

Cordialement,

Henri Atlan

 

 

Par mithys
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Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /Août /2009 14:11

La burka, le niqab, le voile islamique, la kippa, le turban, … sont-ils prosélytes ?

 

La question fondamentale n’est pas de savoir s’il faut ou non légiférer sur le port de la burqa et du niqab, mais bien, à mon avis : quelle est la place des musulmanes dans notre société ?

Question délicate, parce qu’elle touche à la subjectivité et à l’intimité, et qu’elle peut même être perçue comme dévalorisante, voire insultante, lorsqu’on se demande si c’est « en toute liberté » que les musulmanes portent ces symboles de soumission et d’obéissance : nous sommes toutes et tous persuadés d’être « libres » … !

 

Sans porter de jugement, la question me paraît pourtant ne pas pouvoir être éludée : les musulmanes, même de chez nous, ont-elles pu vraiment « choisir » de croire ou de ne pas croire, en connaissance de cause, c’est-à-dire en étant informées aussi bien des alternatives proposées par d’autres religions que par celles de la laïcité philosophique ?

Ont-elles eu la  possibilité de changer de religion ou, au contraire, de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...)".

Il est évident que non, d’autant moins que l’apostasie est théoriquement punie de mort par le coran pris à la lettre et par la charia … Ce « droit » me paraît donc plus symbolique qu’effectif.

 

C’est que, dans toutes les religions (mais plus encore dans l’islam), l’éducation religieuse familiale, certes légitime mais affective et unilatérale, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, confirmées par IRM fonctionnelle, et anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et donc l’esprit crique et le libre arbitre ultérieurs, dès qu’il est question de religion, donc indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.

 

L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % ... : même universitaires, la quasi-totalité  des musulmanes portant le voile (j’aimerais me tromper !) sont  sincèrement convaincues d’avoir librement choisi cette soumission. Elles semblent imperméables à toute argumentation rationnelle ou scientifique, par exemple à propos du créationnisme.

 

En bref, le « respect d’autrui » devrait  impliquer celui de la liberté de conscience et de religion. Certes, la laïcité « politique », en France, vise à séparer les religions et l’Etat, et théoriquement, la Constitution est censée "garantir" la liberté de conscience et de religion.

Mais en pratique, rien n'est fait pour favoriser l'émergence de cette liberté, dès l'enfance.

 

On n'enlèvera sans doute jamais aux parents le droit légitime, mais unilatéral, d'imposer leur religion à leurs enfants. Par simple honnêteté intellectuelle, l'école devrait donc compenser cette influence affective en proposant une information minimale, objective et non prosélyte à la fois sur les différentes options religieuses ET laïques, à la fois sur le "fait religieux" (dont l’incitation à la soumission que toutes les religions ont en commun), ET sur le "fait laïque" (l’humanisme laïque, les options laïques, la morale laïque, la spiritualité laïque, …).

Mais les religions, du fait de leur prétention à détenir chacune LA Vérité, s'y opposent, de même que les politiciens, par crainte de perdre des électeurs ...

 

Par conséquent, à mes yeux, tout prosélytisme est condamnable parce que, par définition, il est unilatéral. Il exclut en effet toute alternative qui permettrait de choisir aussi librement que possible, par exemple, de croire OU de ne pas croire.

Parfois par manipulation mentale ou endoctrinement sectaire ou religieux, le prosélytisme cherche à convaincre, à imposer dogmatiquement « LA Vérité absolue », en occultant les éléments d’appréciation en sens contraire, alors que la « vérité » n’est jamais que personnelle, partielle et donc relative et provisoire.

Le prosélytisme, quel qu’il soit, est donc une malhonnêteté intellectuelle et morale.

 

Certes, le port de signes religieux n’est pas en soi prosélyte, mais leur multiplication  insidieuse exprime une volonté de les banaliser et ainsi de réinvestir hypocritement l’espace public afin que les prescrits religieux soient de plus en plus pris en compte chez nous.

Les religions profitent évidemment de notre conception laxiste et électoraliste de la « tolérance » et de la « neutralité »…

La seule parade au prosélytisme (aussi bien intellectuel que publicitaire notamment), c’est de développer l’esprit critique, le doute systématique, à tous égards, dès l’école primaire.

 

Mais vous écrivez : « La religion est une affaire privée, en ce sens qu’elle relève d’un choix privé, personnel, et que les autres (…) ne doivent pas intervenir dans ce choix ».

Vous semblez perdre de vue une évidence : un choix ne peut se faire qu’entre plusieurs alternatives ! On ne peut choisir que si l’on a connaissance d’options différentes.

L’islam, surtout, en témoigne hélas a contrario : plus que toute autre religion, il impose la soumission à un dieu unique et à une texte « sacré ». Si les musulmans étaient libres de choisir de croire ou de ne pas croire, on rencontrerait évidemment des agnostiques, des incroyants et des athées en terre d’islam …

 

Puisse la question du port de la burqa, du niqab, mieux que celle du voile islamique, devenir le catalyseur d’une réflexion approfondie, afin que les différentes communautés recherchent enfin des valeurs communes et universalisables, parce que bénéfiques à tous, ce qui aboutirait à un meilleur « vivre ensemble » et à une citoyenneté responsable ! 

 

Dans mon blog michel.thys.over-blog.org, j’exprime une approche inhabituelle du phénomène religieux (psycho-neuro-physio-génético-éducative).

Je ne prétends évidemment pas avoir raison : je n’exprime qu’un point de vue différent.

Cordialement,

Michel THYS, à Waterloo.

 

Par mithys
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Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /Août /2009 11:35

Emprise du religieux « par en-haut » et « par en-bas ». Quelle laïcité ? par mithys

« Quelle laïcité ? » : telle est la question, parce que la laïcité, du moins dans son acception philosophique, implique la liberté de conscience et de religion ...
« Certaines portent librement le voile » ... Il faut nuancer :

 

En effet, certaines musulmanes ne portent pas le voile, soit parce que leur entourage masculin est tolérant et leur permet de s’adapter à nos coutumes vestimentaires, soit, s’il ne l’est pas, parce qu’elles ont le courage de refuser cette obligation. Mais rares sont celles qui ont osé s’affranchir du voile autant que Chahdortt Djavann (« Le voile doit être considéré comme un acte de maltraitance physique, psychique, social et sexuel ») ...

 

Celles qui au contraire portent le voile, soit ne le souhaitent pas mais sont obligées de se soumettre, soit, le plus souvent à mon avis, ont été conditionnées depuis l’enfance à accepter la soumission au point de s’être persuadées qu’elles ont « librement » choisi de porter ce symbole, non plus de soumission et de phallocratisme, mais « d’identité » ...

 

On peut d’ailleurs légitimement se demander, me semble-t-il, si les musulmans et les musulmanes, plus encore que les croyants des autres religions, ont réellement choisi de croire OU de ne pas croire.

Ont-ils été informés aussi bien des alternatives proposées par d’autres religions que par celles de la laïcité philosophique ? Ont-ils eu réellement la possibilité de changer de religion, ou alors de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme, conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...)". Il est évident que non, d’autant moins que l’apostasie est (théoriquement ) punie de mort par le coran pris à la lettre ... Ce « droit » me paraît donc plus symbolique qu’effectif.

 

 Comment expliquer la corrélation entre une éducation religieuse, surtout musulmane, et la persistance de la foi, si ce n’est par le conditionnement à la soumission, dès la prime enfance ? L’éducation religieuse familiale, certes légitime mais affective et unilatérale, laisse des traces indélébiles, confirmées par IRM fonctionnelle, dans le cerveau émotionnel et anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et donc l’esprit crique et le libre arbitre, dès qu’il est question de religion, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect. L’éducation coranique, plus que toute autre, en témoigne hélas à 99,99 %, même parmi les musulmanes universitaires ...

 

Puisse la question du port de la burqa, du niqab, mieux que celle du voile islamique, devenir le catalyseur d’une réflexion approfondie, afin que les différentes communautés recherchent enfin des valeurs communes et universalisables parce que bénéfiques à tous, ce qui aboutirait à un meilleur « vivre ensemble » et à une citoyenneté responsable ! 

 Michel THYS, libre-penseur, à Waterloo. 

http://michel.thys.over-blog.org

 



 


Par mithys
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 09:52

Réponse à Oumma.com : « Science et religion aujourd’hui : perspectives islamiques ».

 

Présupposer l’existence d’un dieu comme étant un fait, est évidemment dogmatique et fausse le débat. En effet,  « il n’y a pas de double vérité », ni même de vérité unique ou absolue : si l’on privilégie l’autonomie et la liberté de pensée, plutôt que la soumission à un dieu ou à un texte « sacré », la « vérité » n’est que personnelle, partielle et donc provisoire. Comme en sciences, où la « vérité » n’est que l’état actuel des connaissances, toujours réfutables (Karl Popper) si un élément nouveau venait infirmer les observations ou expérimentations précédentes.

 

Henri POINCARE disait : « La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à une dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être ».

 

Je conçois que les penseurs musulmans critiquent le « matérialisme  occidental » et souhaitent  « enraciner la connaissance scientifique et l’activité technologique dans les idées de la tradition islamique et les valeurs de la loi religieuse (shari’a), avec des nuances qui résultent des différences d’interprétation ». Mais il y a une incompatibilité, une contradiction interne dans « science islamique » ou « science sacrée » …  Ainsi, le créationnisme, qui est une croyance, et l’évolutionnisme, qui est « plus qu’une théorie » (Jean-Paul II) parce qu’étayé par des faits, s’excluent mutuellement.

 

« Les derniers développements de la science contemporaine, notamment (…) les interrogations de la biologie sur l’évolution, et des neurosciences sur la conscience, n’ont sans doute pas été assez médités ». En effet, d’autant que, contrairement aux religions, les sciences humaines ne sont pas prosélytes et ne visent pas «  à la propagation des intérêts idéologiques, politiques et économiques », mais bien à l’autonomie, à l’émancipation, et à l’épanouissement de l’être humain. Hélas, les musulmans semblent totalement ignorer, ou rejettent, l’humanisme laïque, la spiritualité laïque, la morale et les options laïques, …

 

Il est exact cependant que les neurosciences, si elles ne prétendent évidemment pas prouver l’inexistence de « Dieu » ou d’ « Allah » (aucune inexistence ne peut être démontrée), tendent de plus en plus à prouver son existence imaginaire et donc illusoire, ce qui explique leur rejet par toutes les religions. L’approche neuroscientifique, holistique, du phénomène religieux (psycho-neuro-physio-génético-éducative), est loin d’être « scientiste ou positiviste : bien qu'encore très partielle, elle vise à mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et donc à permettre à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses.

 

C’est un fait sociologique et statistique : la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers : d’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ensuite par l’influence d'un milieu éducatif croyant, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.

Les neurosciences tendent à confirmer cette imprégnation :

 

-  Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme n'aurait jamais pu survivre si l'évolution n'avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … ).

 

-  Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme)  qu' en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ( et donc l'aptitude à imaginer un "Père" protecteur, substitutif et anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il "authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

 

-  Des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L'IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion. Ce qui expliquerait l’imperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l'impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf le pasteur évangéliste  Philippe HUBINON à la RTBF  : « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! » … Mais s’il y a eu création, qui a créé « Dieu » ? Lui-même, ex nihilo ?

 

-  La liberté de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire serait plus effectives que symboliques si l’on s’orientait enfin vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées. L’école compenserait ainsi l’influence familiale, certes légitime mais unilatérale et donc communautariste.

 

Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT a écrit : «  Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !".

 

Le droit de croire n’en restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée.

 

  Michel THYS à Waterloo     michelthys@base.be           http://michel.thys.over-blog.org

 

 

 

Par mithys
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 16:53

Pour en finir avec l éducation religieuse

 

La croyance religieuse est évidemment un droit légitime, constitutionnel et respectable.

Je précise : a fortiori si elle a été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée, comme suite logique et traditionnelle du baptême …

Mais il y a un problème : des psychologues religieux ont confirmé, sans doute à leur grand dam, que sans une éducation religieuse, forcément affective, basée sur la confiance et l’exemple des parents, la foi n’apparaît pas spontanément … ! C’était prévisible …

 

L’éducation religieuse, sincère et « de bonne foi »,  est, elle aussi, légitime, mais elle est :

-  dogmatique, puisqu’elle impose la soumission à un dieu et  à un texte « sacré », tous

    différents dans chaque religion, ainsi qu’une « vérité » absolue, à l’origine de

    l’intolérance, de guerres, …, alors qu’elle n’est que personnelle, partielle et provisoire,

-  exclusive, puisqu’elle occulte l’alternative de l’humanisme laïque, de la morale laïque,

   de la spiritualité laïque, …, et qu’elle ne favorise donc pas l’autonomie, le libre examen , la

    liberté de pensée, les options laïques, …

 - communautariste, puisqu’elle n’incite pas à s’ouvrir à la différence enrichissante de

    l’autre et à une citoyenneté responsable.

 

De nos jours, l’approche traditionnelle du phénomène religieux (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, …) doit être complétée par une approche psycho-neuro-physio-génético-éducative. Il apparaît alors que l’éducation religieuse, renforcée par un milieu croyant unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, ce qui anesthésie, à des degrés divers, le cerveau rationnel et l’esprit critique dès qu’il est question de religion, et perturbe donc le libre choix ultérieur des convictions philosophiques ou religieuses.

L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 % …

 

Au-delà de l’origine psychologique de la foi (le besoin d’un  « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique), l’IRM fonctionnelle tend à expliquer la persistance neurophysiologique de la sensibilité religieuse, par plasticité neuronale et synaptique et donc la fréquente imperméabilité de tant de croyants, notamment créationnistes, aux arguments rationnels et scientifiques. On comprend que des athées, comme Richard DAWKINS, ou des agnostiques, comme Henri LABORIT, en aient conclu que l’éducation religieuse est une malhonnêteté intellectuelle et morale … L’honnêteté intellectuelle exigerait au contraire que l’influence des parents, légitime mais unilatérale, soit compensée par l’école, au cours d’histoire ou de philosophie, par une information minimale, progressive, objective et non prosélyte, à la fois sur les options religieuses ET sur les options laïques, même si cela doit amener certains  à conclure à l’existence imaginaire et illusoire de toute divinité ...

 

Dans cette optique, l’enseignement confessionnel, survivance du Moyen Âge, apparaît comme  élitiste, inégalitaire et obsolète. Il devrait donc fusionner avec l’enseignement officiel et devenir pluraliste, mais les religions, déjà en perte de vitesse, y perdraient de leur influence.

Au contraire, en réaction à la laïcisation croissante de nos sociétés, elles s’emploient, certains media aidant, à  reconfessionnaliser  les consciences et à recléricaliser l’espace public (cf Jean-Paul II, Benoît XVI, le chanoine-président SARKOZY qui détricote la loi de 1905, … Par électoralisme, les politiciens inféodés aux  religions refusent de modifier la Constitution belge, et de repenser les notions de neutralité, de (pseudo) liberté de conscience et de religion,  et le " pacte scolaire"  de 1958, inadapté à l’actuelle pluralité des cultures et des convictions.

 

Michel THYS à Waterloo         michelthys@base.be         http://michel.thys.over-blog.org

 

 

 

 

Par mithys
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